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1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Les Lettres d’une Péruvienne dénoncent-elles la civilisation ou seulement ses excès ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

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Analyse des termes

Dénoncer les excès d’une civilisation, c’est en accepter le principe et en corriger les abus ; dénoncer la civilisation elle-même, c’est en contester le fondement. Le sujet oblige à mesurer la radicalité d’une œuvre qui dit pourtant son admiration pour les sciences et les livres.

Problématique

Graffigny réclame-t-elle une réforme des mœurs françaises, ou met-elle en cause l’idée même de peuple policé ?

Le plan en trois parties

I

Une mise en accusation qui atteint le principe

  1. L’Introduction historique montre que la barbarie n’est pas du côté que l’on croit : ce sont les nations policées qui ont massacré un peuple désarmé.« Un Peuple entier, soumis et demandant grâce », Introduction historique, éd. 1752
  2. Le récit de la conquête met en cause l’humanité même des conquérants, qui ont cessé de reconnaître des hommes dans leurs victimes.« en donnant un libre cours à leurs cruautés », Introduction historique, éd. 1752
  3. La propriété, institution fondatrice de la société européenne, est présentée comme une usurpation d’un bien naturellement commun.« cette terre que la nature a donnée à tous les hommes », Lettre XX
TransitionCette radicalité se tempère dès qu’on regarde le détail des observations, qui portent sur des usages corrigibles plus que sur des fondements.
II

Une critique qui vise pourtant des usages et non des principes

  1. Ce que Zilia dénonce, c’est un dérèglement de la mesure : le superflu, devenu norme, rend pauvre celui qui vit honnêtement.« le superflu domine si souverainement en France », Lettre XXIX
  2. Le scandale n’est pas la richesse en soi mais sa distribution aveugle, dont l’image est celle de deux mondes séparés par une cloison.« l’indigence et le superflu ne sont séparés que par un appartement », Lettre XXIX
  3. De même, la critique des égards rendus aux femmes ne demande pas d’abolir les égards mais d’y mettre un sens véritable.« de plus déshonorante pour leur esprit », Lettre XXXIII
TransitionLa mesure du blâme apparaît clairement lorsque Zilia formule enfin ce qu’elle oppose à la France, et qui n’est pas le Pérou d’avant la conquête.
III

Une norme proposée, qui n’est pas un retour à l’état sauvage

  1. La formule de la lettre XXXII n’oppose pas la barbarie à la civilisation, mais la nature, la vérité et la vertu aux mœurs établies.« Heureuse la nation qui n’a que la nature pour guide », Lettre XXXII
  2. Le paragraphe final de 1752 propose une réforme concrète : renoncer au faste, non aux liens ni à la pensée.« Renoncez aux[…] », Lettre XLI
  3. Le bien que Zilia découvre est accessible à tous et ne suppose aucune régression : il consiste à sentir son existence.« Le plaisir d’être », Lettre XLI
Ouverture

Proposer une vie simple et lettrée, n’est-ce pas finalement demander à la civilisation d’être plus fidèle à ce qu’elle prétend être ?

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