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1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Dans quelle mesure le nouvel univers découvert par Zilia est-il un univers de signes ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

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Analyse des termes

Un signe est ce qui tient lieu d’autre chose : les dorures, les lettres, les politesses sont tous des objets qui valent pour ce qu’ils représentent. Le sujet invite à voir dans la France décrite moins un pays qu’un système de représentations.

Problématique

Ce que Zilia découvre en France, est-ce un peuple ou un ensemble de signes dont il faut apprendre le code ?

Le plan en trois parties

I

Un monde où rien n’est ce qu’il paraît

  1. Les meubles dorés apprennent à Zilia la différence entre l’être et le paraître, principe qui organisera toutes ses observations ultérieures.« leur véritable substance est de bois », Lettre XX
  2. Le miroir, objet purement représentatif, offre le premier exemple d’une image prise pour une réalité.« j’ai couru à elle les bras ouverts », Lettre X
  3. Le vaisseau lui-même échappe à la perception directe et n’est saisi que par comparaison, donc déjà par un signe.« cette maison comme suspendue », Lettre III
TransitionCe monde d’apparences n’est pas impénétrable, car il obéit à des conventions que Zilia finit par apprendre comme on apprend une langue.
II

Un monde qui s’apprend comme un code

  1. L’écriture est présentée comme une convention : des figures sans ressemblance avec ce qu’elles désignent, ce qui suppose un apprentissage pur.« des petites figures que l’on appelle Lettres », Lettre XVI
  2. Les livres sont un monde de signes stockés, où l’expérience humaine se conserve indépendamment des hommes qui l’ont vécue.« d’autres ce qu’ils ont pensé », Lettre XX
  3. Le théâtre offre à Zilia le spectacle d’une société qui se représente elle-même, et dont les valeurs se lisent dans ce qu’elle choisit d’applaudir.« on ne célèbre que les insensés », Lettre XVI
TransitionUne fois le code maîtrisé, Zilia constate que la plupart de ces signes ne renvoient plus à rien, et c’est là son diagnostic le plus sévère.
III

Des signes vidés de ce qu’ils devraient signifier

  1. La politesse est le signe parfait de ce monde : une forme qui subsiste quand le sentiment a disparu.« leur tient lieu de sentiment », Lettre XXIX
  2. La conversation française redouble ce vide : on y parle pour censurer, et la nation se définit par l’écart entre ses discours et ses actes.« comme l’inconséquence est le caractère de la nation », Lettre XXXII
  3. La scène du salon montre le moment où le signe se démasque : les formes de l’honnêteté recouvrent un geste que Zilia nomme sauvage.« ce Sauvage téméraire », Lettre XIV
Ouverture

Une société qui ne communique plus que par signes convenus peut-elle encore être dite civilisée, au sens où elle l’entend elle-même ?

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