Le bonheur est d’abord identifié au retour d’Aza, puis cherché en vain dans une société qui confond le bien-être et le superflu, avant d’être redéfini dans la dernière lettre. Le sujet demande si l'œuvre conclut à un bonheur réel ou à un simple pis-aller.
Ce que Zilia nomme bonheur à la fin du roman est-il une conquête ou une consolation ?
Le plan en trois parties
Un bonheur d’abord situé hors d’atteinte
- Le bonheur est initialement identifié à une union perdue, et l’incipit ne fait entendre que l’inutilité de l’appel.« les cris de ta tendre Zilia », Lettre I
- La trahison d’Aza supprime cette perspective et ruine la fidélité qui donnait un sens à l’attente.« Aza est infidèle », Lettre XXXVIII
- Zilia s’interdit elle-même le bonheur de substitution que lui offrirait Déterville, au nom d’une définition exigeante de l’amour.« Il n’y a là-dedans nul rapport avec vous », Lettre XXIII
Un bonheur impossible dans la société décrite
- La société française fait du superflu la condition du contentement, ce qui rend tout bonheur relatif et donc toujours différé.« qui n’a qu’une fortune honnête est pauvre », Lettre XXIX
- Elle a d’abord fermé l’accès aux biens élémentaires en soumettant la terre à l’or.« cette terre que la nature a donnée à tous les hommes », Lettre XX
- Elle a même monnayé le repos, c’est-à-dire ce qui ne devrait rien coûter à personne.« on fait payer […] encore le repos », Lettre XXVI
Un bonheur redéfini et accessible
- La dernière lettre nomme un bien indépendant des circonstances, le sentiment même de l’existence, et en fait une découverte philosophique.« Le plaisir d’être ; ce plaisir oublié », Lettre XLI
- Ce bonheur suppose d’avoir refusé les vertus imposées : Zilia a déjà repoussé une morale qui exigeait d’elle l’ingratitude.« Dépourvue de tout, dépendante de tout », Lettre XXII
- Il suppose aussi l’instruction, sans laquelle Zilia serait restée dans l’ignorance réservée à son sexe et incapable de se penser heureuse.« l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné », Lettre II
Un bonheur qui ne dépend que de soi est-il encore un bonheur humain, ou déjà une sagesse ?