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1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Le bonheur est-il possible dans les Lettres d’une Péruvienne ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

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Analyse des termes

Le bonheur est d’abord identifié au retour d’Aza, puis cherché en vain dans une société qui confond le bien-être et le superflu, avant d’être redéfini dans la dernière lettre. Le sujet demande si l'œuvre conclut à un bonheur réel ou à un simple pis-aller.

Problématique

Ce que Zilia nomme bonheur à la fin du roman est-il une conquête ou une consolation ?

Le plan en trois parties

I

Un bonheur d’abord situé hors d’atteinte

  1. Le bonheur est initialement identifié à une union perdue, et l’incipit ne fait entendre que l’inutilité de l’appel.« les cris de ta tendre Zilia », Lettre I
  2. La trahison d’Aza supprime cette perspective et ruine la fidélité qui donnait un sens à l’attente.« Aza est infidèle », Lettre XXXVIII
  3. Zilia s’interdit elle-même le bonheur de substitution que lui offrirait Déterville, au nom d’une définition exigeante de l’amour.« Il n’y a là-dedans nul rapport avec vous », Lettre XXIII
TransitionLa perte du bonheur amoureux se double d’un constat plus large, car la société où vit Zilia rend le contentement structurellement impossible.
II

Un bonheur impossible dans la société décrite

  1. La société française fait du superflu la condition du contentement, ce qui rend tout bonheur relatif et donc toujours différé.« qui n’a qu’une fortune honnête est pauvre », Lettre XXIX
  2. Elle a d’abord fermé l’accès aux biens élémentaires en soumettant la terre à l’or.« cette terre que la nature a donnée à tous les hommes », Lettre XX
  3. Elle a même monnayé le repos, c’est-à-dire ce qui ne devrait rien coûter à personne.« on fait payer […] encore le repos », Lettre XXVI
TransitionC’est précisément en changeant la définition du bonheur que la dernière lettre le rend enfin atteignable.
III

Un bonheur redéfini et accessible

  1. La dernière lettre nomme un bien indépendant des circonstances, le sentiment même de l’existence, et en fait une découverte philosophique.« Le plaisir d’être ; ce plaisir oublié », Lettre XLI
  2. Ce bonheur suppose d’avoir refusé les vertus imposées : Zilia a déjà repoussé une morale qui exigeait d’elle l’ingratitude.« Dépourvue de tout, dépendante de tout », Lettre XXII
  3. Il suppose aussi l’instruction, sans laquelle Zilia serait restée dans l’ignorance réservée à son sexe et incapable de se penser heureuse.« l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné », Lettre II
Ouverture

Un bonheur qui ne dépend que de soi est-il encore un bonheur humain, ou déjà une sagesse ?

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