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1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Faut-il lire les Lettres d’une Péruvienne comme un plaidoyer pour l’éducation des femmes ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

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Analyse des termes

Le plaidoyer suppose une thèse défendue en faveur d’une cause, ici l’instruction des femmes, développée surtout dans les lettres ajoutées en 1752. Il faut mesurer la place réelle de cette question dans une œuvre qui traite aussi de la conquête, de l’or et de la civilité.

Problématique

La condition des femmes est-elle, dans l'œuvre de Graffigny, un thème parmi d’autres ou le point où converge toute la critique ?

Le plan en trois parties

I

Un constat répété : les femmes sont tenues dans l’ignorance

  1. Dès la lettre II, l’ignorance des femmes est présentée comme une condamnation sociale et non comme une nature : Zilia n’y a échappé que par exception.« l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné », Lettre II
  2. La lettre XXXIV attaque l’argument naturaliste : on exige des femmes un mérite que l’éducation reçue rend impossible.« On voudroit, comme ailleurs, qu’elles eussent du mérite et de la vertu », Lettre XXXIV
  3. Zilia relève l’inconséquence des égards français, où le respect affiché recouvre un mépris qui déshonore surtout ceux qui le professent.« je n’en vois point de plus déshonorante pour leur esprit », Lettre XXXIII
TransitionCe constat ne resterait qu’une plainte s’il n’était doublé d’une thèse sur l’égalité des dispositions et d’une démonstration vivante.
II

Une démonstration par l’exemple autant que par la thèse

  1. La lettre XXXIV affirme que les Françaises naissent avec les dispositions nécessaires : la thèse est celle d’une égalité de nature contrariée par l’institution.« avec toutes les dispositions nécessaire[s] », Lettre XXXIV
  2. La scène du salon montre une femme qui se défend seule : l’indignation de Zilia oppose une dignité personnelle aux prétendues lois de l’honnêteté.« je le repoussai avec une surprise et une indigna[tion] », Lettre XIV
  3. Zilia prouve la thèse en la vivant : instruite tardivement, elle devient en quelques mois capable d’analyser la société qui l’accueille.« un nouvel univers s’est offert à mes yeux », Lettre XVIII
TransitionLa cause des femmes rejoint alors une exigence plus large, celle d’un accès de tous au savoir et au jugement.
III

Un plaidoyer qui déborde la question des femmes

  1. Ce que Zilia réclame vaut pour tous : l’accès aux livres, c’est-à-dire à l’expérience accumulée des hommes, est un bien universel.« d’autres ce qu’ils ont pensé », Lettre XX
  2. L’apprentissage de l’écriture est décrit comme une technique transmissible, ce qui rend l’inégalité d’instruction d’autant plus arbitraire.« en traçant avec une plume », Lettre XVI
  3. Le dénouement propose moins une réforme qu’un exemple : une femme qui s’appartient, et qui fonde sa conduite sur son propre jugement.« la véritable décence est dans mon cœur », Lettre XL
Ouverture

Le choix d’une narratrice étrangère et femme ne redouble-t-il pas volontairement les deux exclusions dont l'œuvre entend faire la critique ?

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