06 29 33 79 32 Je réserve ici

1ʳᵉ · Français · Lettres d’une Péruvienne, Graffigny

Dans quelle mesure l’écriture sauve-t-elle Zilia ?

Sujet de dissertation — Lettres d’une Péruvienne, Graffigny, 1ère

← Les 30 sujets de « Lettres d’une Péruvienne, Graffigny »
Analyse des termes

Écrire permet à Zilia de conserver un lien, de fixer sa mémoire, puis d’accéder à une culture ; mais l’écriture n’empêche ni la captivité ni la trahison. Le sujet demande ce que le mot « sauver » peut signifier dans un roman qui refuse le dénouement heureux.

Problématique

L’écriture protège-t-elle Zilia de son malheur, ou lui permet-elle seulement de le penser ?

Le plan en trois parties

I

Écrire pour ne pas disparaître

  1. Dès la première lettre, l’écriture est opposée à la dissipation de la voix : elle est ce qui reste quand la parole se perd.« tels qu’une vapeur du matin », Lettre I
  2. Écrire maintient l’identité de celle qui a tout perdu : la captive continue de se dire épouse promise et Vierge du Soleil.« esclave sous les loix de la tyrannie », Lettre I
  3. Le passage des quipos à l’alphabet élargit ce pouvoir : Zilia acquiert un moyen de conserver qui ne dépend plus de sa seule mémoire.« une matière blanche et mince », Lettre XVI
TransitionIl faut pourtant reconnaître les limites de ce pouvoir, car aucune des épreuves de Zilia n’est écartée par ses lettres.
II

Une écriture qui ne protège de rien

  1. Écrire n’empêche pas la contrainte : le religieux vient exiger d’elle un reniement qu’aucune lettre ne peut détourner.« il faut être ingrate pour a[voir de la vertu] », Lettre XXII
  2. Écrire n’empêche pas non plus le malentendu sentimental, et Zilia doit repousser Déterville par une distinction que ses lettres n’ont pas suffi à imposer.« Il n’y a là-dedans nul rapport avec vous », Lettre XXIII
  3. Elle n’est pas davantage protégée dans son corps, puisqu’il lui faut se défendre seule dans un salon français.« ayant eu l’audace de porter la main sur ma gorge », Lettre XIV
TransitionSi l’écriture ne la sauve pas de ses malheurs, elle la sauve de la condition à laquelle on voulait la réduire.
III

Écrire pour se rendre libre

  1. L’écriture accomplit ce que la naissance lui refusait : elle tire Zilia de l’ignorance où son sexe était tenu.« l’ignorance à laquelle mon sexe est condamné », Lettre II
  2. Elle donne raison à la thèse de la lettre XXXIV : instruite, une femme montre les dispositions qu’on lui déniait.« avec toutes les dispositions nécessaire[s] », Lettre XXXIV
  3. À la fin, l’écriture devient transmission : Zilia enseigne à Déterville une manière de vivre, ce qui fait d’elle un auteur plus qu’une épistolière.« venez apprendre de moi », Lettre XLI
Ouverture

Une œuvre qui montre une femme accédant à l’écriture ne fait-elle pas de la lecture elle-même un acte d’émancipation ?

← Les 30 sujets de « Lettres d’une Péruvienne, Graffigny »
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs