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1ʳᵉ · Français · Entretiens sur la pluralité des mondes

Le rire a-t-il sa place dans une œuvre qui parle de science ?

Sujet de dissertation — Entretiens sur la pluralité des mondes, 1ère

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Analyse des termes

Le rire suppose un écart, une chute, une complicité ; la science vise l’exactitude et paraît réclamer le sérieux. Fontenelle rit beaucoup, et la question est de savoir si ce rire distrait de la connaissance ou s’il en est un instrument.

Problématique

Le rire des Entretiens divertit-il de la science ou permet-il de la faire entendre ?

Le plan en trois parties

I

Un rire de société, qui détend l’exposé

  1. La fantaisie sur la folie perdue dans la lune est une plaisanterie de salon qui interrompt agréablement l’astronomie.« de quelle sorte de chose on ne trouve point dans la lune ? de la folie », Second soir
  2. L’invention d’un Journal des Savants jovien repose sur un comique de transposition immédiatement plaisant.« le peuple de Jupiter […] n’en fait que rire », Quatrième soir
  3. La pointe sur Vénus est un trait d’esprit galant, construit comme une chute de conversation.« ce qui rend Vénus si jolie de loin ? C’est qu’elle est fort affreuse de près », Quatrième soir
TransitionLe rire d’agrément se charge très vite d’une fonction polémique contre les croyances établies.
II

Un rire critique, qui attaque des croyances

  1. Le ridicule du finalisme ruine par le rire une croyance que l’argumentation seule aurait eu du mal à ébranler.« toute la nature, sans exception, est destinée à nos usages », Premier soir
  2. L’apologue de la rose fait sourire de nos certitudes en les rapportant à une durée dérisoire.« de mémoire de rose on n’a vu que lui », Cinquième soir
  3. Le portrait du genre humain vu de loin est comique par ses antithèses, et cette drôlerie est une arme contre notre vanité.« des passions si folles, et des réflexions si sages », Second soir
TransitionAu-delà de la critique, le rire devient chez Fontenelle un mode d’intelligibilité, car il fait coïncider surprise et compréhension.
III

Un rire qui fait comprendre

  1. La devinette des abeilles produit un rire de reconnaissance qui coïncide exactement avec la compréhension de l’analogie.« mes Arabes ne sont que des abeilles », fin du Troisième soir
  2. La déception annoncée dans la dédicace, fêtes promises contre tourbillons obtenus, est une plaisanterie qui énonce le programme du livre.« vous aurez des planètes, des mondes, des tourbillons », lettre dédicatoire « À Monsieur L… »
  3. L’image des lunettes est plaisante et rigoureuse à la fois : on sourit d’une métaphore qui énonce une théorie de la perception.« certaines lunettes, au travers desquelles on voit tout », Troisième soir (réplique de la Marquise)
Ouverture

Peut-on enseigner sans jamais faire rire ce que l’on veut faire comprendre ?

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