Le goût désigne à la fois un plaisir et une faculté de discerner ; la science renvoie au savoir constitué et à la démarche qui l’établit. Le parcours suppose donc que l’œuvre ne transmet pas seulement des connaissances, mais une manière de les aimer et de les apprécier.
Le goût de la science est-il, dans les Entretiens, un plaisir pris au savoir ou un discernement exercé sur lui ?
Le plan en trois parties
Le goût comme plaisir pris à la science
- Le refus d’une manière philosophique vise à rendre le savoir appétissant pour qui n’en avait aucune envie.« J’ai voulu traiter la Philosophie d’une manière qui ne fût point philosophique », Préface
- La fiction d’une élève ignorante permet au lecteur d’éprouver le plaisir de la découverte à mesure qu’elle l’éprouve.« une femme que l’on instruit, et qui n’a jamais ouï parler de ces choses-là », Préface
- La devinette des abeilles fait du savoir un plaisir de société, où comprendre et sourire coïncident.« mes Arabes ne sont que des abeilles », fin du Troisième soir
Le goût comme discernement
- La gradation des horloges apprend à distinguer les degrés d’exactitude, ce qui est exactement un exercice de goût.« Les horloges les plus communes et les plus grossières marquent les heures », Sixième soir
- Savoir que la raison vient trop tard, c’est apprendre à se méfier de ses propres impressions.« la raison vient trop tard », Sixième soir
- La croyance à demi est la formule même d’un goût averti, qui apprécie sans se livrer.« ne donner que la moitié de son esprit aux choses de cette espèce », Troisième soir
Un goût qui se transmet et se partage
- L’exclamation finale de la Marquise prouve que ce goût s’acquiert : il se communique d’un esprit à un autre par la parole.« j’ai dans la tête tout le système de l’univers ! Je suis savante ! », fin du Cinquième soir
- L’image du bourgeois de Paris fait comprendre que le goût de la science commence par le désir de sortir de sa ville.« Notre Saint-Denis c’est la lune », Second soir
- Rappeler que les sciences naissent de l’oisiveté et de l’intérêt inscrit ce goût dans une histoire collective et non dans un don.« l’astronomie est fille de l’oisiveté, la géométrie est fille de l’intérêt », Premier soir
Le goût de la science est-il un goût comme les autres, ou suppose-t-il toujours un maître qui l’éveille ?