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1ʳᵉ · Français · Entretiens sur la pluralité des mondes

Dans les Entretiens sur la pluralité des mondes, le véritable objet du livre est-il le monde ou celui qui en parle ?

Sujet de dissertation — Entretiens sur la pluralité des mondes, 1ère

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Analyse des termes

Le monde désigne le système des astres que l’œuvre expose ; celui qui en parle, c’est le narrateur philosophe, sa voix, sa méthode et son art de convaincre. L’œuvre porte un titre astronomique, mais elle est bâtie sur une performance de parole.

Problématique

Les Entretiens exposent-ils un univers, ou la manière dont un esprit s’en rend maître devant témoin ?

Le plan en trois parties

I

Un livre où le maître occupe la première place

  1. La Préface met en avant un choix d’écrivain plus qu’un objet d’étude : c’est la manière, non la matière, qui est revendiquée comme neuve.« J’ai voulu traiter la Philosophie d’une manière qui ne fût point philosophique », Préface
  2. La définition inaugurale de la philosophie décrit le philosophe avant de décrire le ciel : curiosité et mauvais yeux sont des traits du sujet connaissant.« l’esprit curieux et les yeux mauvais », Premier soir
  3. La théorie de la persuasion énoncée en clôture du Second soir est une réflexion du locuteur sur son propre pouvoir.« Il n’y a que la vérité qui persuade », fin du Second soir
TransitionL’omniprésence du locuteur ne doit pas faire oublier que le livre expose réellement un système physique cohérent.
II

Mais un monde qui impose sa présence

  1. L’image de l’opéra donne au monde une consistance propre : il y a des machines derrière la scène, indépendantes du spectateur.« la nature est un grand spectacle qui ressemble à celui de l’opéra », Premier soir
  2. La définition du tourbillon relève de la physique pure : à ce moment, le livre expose son objet sans détour.« un amas de matière dont les parties sont détachées les unes des autres », Quatrième soir
  3. Le modèle horloger affirme que le monde possède une structure qui ne dépend en rien de celui qui la décrit.« l’univers ne soit en grand, que ce qu’une montre est en petit », Premier soir
TransitionLe titre et la forme se réconcilient si l’on admet que l’objet du livre est la rencontre d’un esprit et d’un univers.
III

Le véritable objet : la relation entre l’esprit et le monde

  1. Le dénouement porte sur l’appropriation du système par une conscience : l’univers vaut ici par ce qu’il devient dans une tête.« j’ai dans la tête tout le système de l’univers ! Je suis savante ! », fin du Cinquième soir
  2. La formule du mauvais point de vue énonce le sujet du livre : le monde n’est accessible qu’à travers une position toujours déformante.« nous sommes toujours dans un mauvais point de vue », Second soir
  3. La manière dont la Préface traite l’objection religieuse montre que l’enjeu est le rapport de l’homme au monde, non le monde seul.« L’objection roule donc tout entière sur les hommes de la Lune », Préface
Ouverture

Toute science exposée est-elle inséparable de la figure de celui qui l’expose ?

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