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Annales du bac · 2025 · Mathématiques (spécialité)

Sujet du bac 2025 de spé maths — Amérique du Nord, jour 2 (général)

Mathématiques (spécialité) · général · Amérique du Nord · session 2025 · 6 pages · source : Eduscol (ministère de l'Éducation nationale)

Au programme de ce sujet

  1. Exercice 1 (5 pts) — Étude d'une fonction exponentielle, convexité et calcul d'aire
  2. Exercice 2 (5 pts) — Vrai ou faux : géométrie dans l'espace
  3. Exercice 3 (5 pts) — Probabilités conditionnelles et loi binomiale : contamination et vaccination
  4. Exercice 4 (5 pts) — Suite récurrente d'ordre deux et suite auxiliaire géométrique

Corrigé

Corrigé détaillé rédigé par Benjamin, professeur particulier de mathématiques. Chaque question est justifiée comme on l'attend le jour de l'épreuve.

Exercice 1 — Étude d'une fonction exponentielle, convexité et calcul d'aire (5 pts)

La fonction étudiée est f(x)=xex+2x1 (cohérente avec la dérivée seconde donnée).

Partie A

1. En : limxx= et limxex=+, donc par produit limxxex= ; de plus limx(2x1)=. Par somme, limxf(x)=.

En + : xex=xex et, par croissances comparées, limx+exx=+, donc limx+xex=0 ; comme limx+(2x1)=+, on obtient limx+f(x)=+.

2. xxex est un produit uv avec u(x)=x, u(x)=1, v(x)=ex, v(x)=ex. Donc f(x)=exxex+2, soit f(x)=(1x)ex+2.

3. On dérive f : f(x)=ex+(1x)×(ex)=(11+x)ex, soit f(x)=(x2)ex.

4. Comme ex>0, f(x) a le signe de x2 : f(x)0 pour x2 et f(x)0 pour x2. f est concave sur ];2], convexe sur [2;+[, et la courbe admet un point d'inflexion au point d'abscisse 2, d'ordonnée f(2)=2e2+3.

5. f est dérivable sur R de dérivée f. D'après la question 4, $f''<0$ sur $]-\infty;2[$ et $f''>0$ sur ]2;+[ : f est strictement décroissante sur ];2] et strictement croissante sur [2;+[. Elle admet un minimum en x=2 : f(2)=(12)e2+2=2e2=21e2.

x2+
f(x)0+
f(x)décroissante2e2croissante

6. Le minimum de f sur R est 2e21,86>0 (car $e^{-2}<1<2$). Donc pour tout réel $x$, $f'(x)\geqslant 2-e^{-2}>0$ : f est strictement positive sur R, et par conséquent f est strictement croissante sur R.

7. f est continue (car dérivable) et strictement croissante sur R, avec limf= et lim+f=+. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans R.

À la calculatrice : $f(0{,}37)\approx -0{,}004<0$ et $f(0{,}38)\approx 0{,}020>0$, donc $0{,}37<\alpha<0{,}38$.

8. Pour tout réel x, f(x)(2x1)=xex, qui a le signe de x puisque ex>0. Sur ];0[, Cf est en dessous de Δ ; sur ]0;+[, Cf est au-dessus de Δ ; les deux se coupent au point (0;1).

Partie B

1. On pose u(x)=x et v(x)=ex, d'où u(x)=1 et v(x)=ex ; u et v sont dérivables à dérivées continues sur [1;n]. Par intégration par parties :

In=[xex]1n1n(ex)dx=nen+e1+[ex]1n=nen+e1en+e1.

In=2e(n+1)en.

2. a) Sur [1;n], on a x>0 donc f(x)(2x1)=xex0 : la courbe Cf est au-dessus de Δ. Les fonctions étant continues, l'aire du domaine compris entre les deux courbes et les droites x=1, x=n est 1n(f(x)(2x1))dx=1nxexdx=In. L'aire de Dn est In (en unités d'aire).

2. b) (n+1)en=n+1en=nen+1en. Par croissances comparées, limn+nen=0, et limn+1en=0. Donc limn+In=2e0,74 : l'aire du domaine Dn tend vers 2e unités d'aire.

Exercice 2 — Vrai ou faux : géométrie dans l'espace (5 pts)

La droite D passe par le point M0(3;2;1) et a pour vecteur directeur u(1;3;4) ; le plan P a pour vecteur normal n(2;3;1).

1. VRAIE. La droite D a pour vecteur directeur u(2;6;8)=2u. Les vecteurs u et u sont colinéaires, donc D et D sont parallèles. (Elles sont même strictement parallèles : le point (2;4;9) de D n'est pas sur D puisque 3t=2 impose t=1, ce qui donne y=14.)

2. FAUSSE. AB(3;0;5) et AC(8;0;8) sont deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC). D est orthogonale au plan (ABC) si et seulement si u est orthogonal à ces deux vecteurs. Or u·AB=1×3+3×0+4×(5)=230. Donc D n'est pas orthogonale au plan (ABC). (On peut aussi remarquer que (ABC) est le plan y=3, de vecteur normal j, non colinéaire à u.)

3. FAUSSE. Δ a pour vecteur directeur v(2;3;1), non colinéaire à u (car 2133) : les droites ne sont pas parallèles. Cherchons un point commun en résolvant le système :

3t=4+2t, 2+3t=13t, 1+4t=2+t.

La première équation donne t=72t ; en reportant dans la deuxième : 2+216t=13t, soit 3t=18, t=6 et t=5. Vérification dans la troisième : 1+4×(5)=19 et 2+6=8 ; 198, le système n'a pas de solution. D et Δ ne sont pas sécantes (elles sont non coplanaires).

4. VRAIE. D'une part EF(2;3;1)=n est normal à P, donc la droite (EF) est orthogonale à P. D'autre part FP : 2×(3)3×(3)+36=6+9+36=0. F est donc bien le projeté orthogonal de E sur P.

5. VRAIE. P a pour vecteur normal n(3;1;a). P est parallèle à D si et seulement si u est orthogonal à n : u·n=(1)(3)+3×1+4×(a)=64a. Donc PD64a=0a=32. Il existe exactement une valeur, a=32. (Pour cette valeur, M0P car 9232+30 : D est strictement parallèle à P.)

Exercice 3 — Probabilités conditionnelles et loi binomiale : contamination et vaccination (5 pts)

Les résultats sont arrondis à 104 près.

1. D'après l'énoncé : P(C)=0,02, P(V)=0,9 et, comme 62% des personnes contaminées étaient vaccinées, PC(V)=0,62.

2. a) P(CV)=P(C)×PC(V)=0,02×0,62. P(CV)=0,0124.

2. b) C et C¯ forment une partition, donc P(V)=P(CV)+P(C¯V), d'où P(C¯V)=0,90,0124. P(C¯V)=0,8876.

3. L'arbre commence par C / C¯ puis V / V¯. Premier niveau : P(C)=0,02 et P(C¯)=0,98. Branche C : PC(V)=0,62 et PC(V¯)=0,38. Branche C¯ : PC¯(V)=P(C¯V)P(C¯)=0,88760,980,9057 et PC¯(V¯)=1PC¯(V)0,0943.

4. PV(C)=P(CV)P(V)=0,01240,90,0138. Parmi les personnes vaccinées, environ 1,38% ont été contaminées.

5. a) FAUSSE. Parmi les personnes non contaminées, la proportion de vaccinées est PC¯(V)0,9057 et celle de non vaccinées PC¯(V¯)0,0943. Le rapport vaut $\dfrac{0{,}8876}{0{,}98-0{,}8876}=\dfrac{0{,}8876}{0{,}0924}\approx 9{,}6<10$. Il y a environ $9{,}6$ fois plus de vaccinés que de non vaccinés, pas dix fois plus.

5. b) VRAIE. PV(C¯)=1PV(C)=10,01240,90,9862>0,98. Plus de 98% des personnes vaccinées n'ont pas été contaminées.

6. a) On répète 20 fois, de façon identique et indépendante (tirages assimilés à des tirages avec remise), une épreuve de Bernoulli de succès « la personne est contaminée », de probabilité p=0,02 ; X compte le nombre de succès. X suit la loi binomiale B(20;0,02).

6. b) Pour k entier entre 0 et 20, P(X=k)=(20k)0,02k0,9820k. Donc P(X=4)=(204)×0,024×0,9816=4845×0,024×0,98160,0006 (arrondi à 104 ; valeur plus précise 5,6×104). P(X=4)0,0006.

Exercice 4 — Suite récurrente d'ordre deux et suite auxiliaire géométrique (5 pts)

La suite est définie par u0=0, u1=12 et un+2=un+114un.

Partie A

1. u2=u114u0=12 ; u3=u214u1=1218=38 ; u4=u314u2=3818=14 ; u5=u414u3=14332=532.

n012345
un012123814532

2. Les termes semblent décroître vers 0 : on conjecture que limn+un=0.

Partie B

1. w0=u112u0=120. w0=12.

2. Pour tout entier naturel n :

wn+1=un+212un+1=un+114un12un+1=12un+114un=12(un+112un)=12wn.

(wn) est géométrique de raison 12 et de premier terme w0=12.

3. Pour tout entier naturel n, wn=w0×(12)n=12×(12)n, soit wn=(12)n+1.

4. Par définition de wn : un+1=wn+12un, donc un+1=(12)n+1+12un pour tout entier naturel n.

5. Montrons par récurrence que pour tout nN, un=n(12)n.

Initialisation : 0×(12)0=0=u0. La propriété est vraie au rang 0.

Hérédité : soit nN tel que un=n(12)n. D'après la question 4, un+1=(12)n+1+12×n(12)n=(12)n+1+n(12)n+1=(n+1)(12)n+1. La propriété est vraie au rang n+1.

Conclusion : pour tout nN, un=n(12)n. (Contrôle : u3=3×18=38, u5=532, conformes au tableau.)

Partie C

1. Pour tout entier naturel n : un+1un=(n+1)(12)n+1n(12)n=(12)n+1[(n+1)2n]=(1n)(12)n+1.

Pour n1, 1n0 et (12)n+1>0, donc un+1un0. La suite (un) est décroissante à partir du rang 1.

2. Pour tout n, un=n(12)n0 : la suite est minorée par 0. Une suite décroissante (à partir d'un certain rang) et minorée converge, d'après le théorème de convergence monotone. (un) est convergente.

3. La limite l vérifie l=l14l, soit 14l=0, donc l=0. limn+un=0, ce qui confirme la conjecture de la partie A.

Conseils pour le jour J

Exercice 1 : l'ordre des questions est un guide, respectez-le (le signe de f donne les variations de f, dont le minimum 2e2>0 donne le signe de f) et citez explicitement le corollaire du TVI avec ses trois hypothèses (continuité, stricte monotonie, limites) en question 7. Pour l'intégration par parties, écrivez les quatre fonctions u, u, v, v avant la formule : c'est ce que le barème vérifie. Exercice 2 : pour prouver qu'une affirmation est fausse, un seul calcul suffit (produit scalaire non nul, système incompatible), mais il doit être mené jusqu'au bout. Exercice 3 : attention à l'arrondi à 104 demandé dès le début, et distinguez soigneusement PC(V) (donnée) et PV(C) (à calculer) ; la formule de la loi binomiale doit être rappelée avec le coefficient binomial. Exercice 4 : la récurrence est très guidée, mais vérifiez vos formules sur les valeurs du tableau de la partie A avant de conclure, cela évite les erreurs de signe.

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