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Annales du bac · 2025 · Mathématiques (spécialité)

Sujet du bac 2025 de spé maths — Amérique du Nord, jour 1 (général)

Mathématiques (spécialité) · général · Amérique du Nord · session 2025 · 7 pages · source : Eduscol (ministère de l'Éducation nationale)

Au programme de ce sujet

  1. Exercice 1 (6 pts) — Probabilités conditionnelles, loi binomiale et fréquence
  2. Exercice 2 (5 pts) — Suite récurrente et suite auxiliaire associée
  3. Exercice 3 (4 pts) — Vrai ou faux : géométrie dans l'espace
  4. Exercice 4 (5 pts) — Équation différentielle et étude d'une fonction exponentielle avec aire

Corrigé

Corrigé détaillé rédigé par Benjamin, professeur particulier de mathématiques. Chaque question est justifiée comme on l'attend le jour de l'épreuve.

Exercice 1 — Probabilités conditionnelles, loi binomiale et fréquence (6 pts)

Partie A

1. L'arbre a trois branches issues de la racine : A avec la probabilité 0,25, B avec 0,15 et C avec 10,250,15=0,6. Sur la branche A : S avec 0,9 et S¯ avec 0,1 ; sur la branche B : S avec 0,8 et S¯ avec 0,2 ; sur la branche C : S avec 0,85 et S¯ avec 0,15. Sur chaque nœud, la somme des probabilités vaut bien 1.

2. D'après la formule des probabilités composées, P(BS)=P(B)×PB(S)=0,15×0,8=0,12. La probabilité que la connexion soit stable et passe par le serveur B est 0,12.

3. P(CS¯)=P(C)×PC(S¯)=0,6×0,15=0,09. P(CS¯)=0,09 : il y a 9% de chances qu'une connexion prise au hasard passe par le serveur C et soit instable.

4. Les événements A, B, C forment une partition de l'univers (une connexion passe par un et un seul serveur). D'après la formule des probabilités totales :

P(S)=P(AS)+P(BS)+P(CS)=0,25×0,9+0,12+0,6×0,85=0,225+0,12+0,51=0,855.

On a bien P(S)=0,855.

5. On cherche PS(B)=P(BS)P(S)=0,120,8550,1404. Sachant que la connexion est stable, la probabilité qu'elle ait transité par le serveur B est environ 0,140 (arrondi au millième).

Partie B

1. a) On répète 50 fois de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise) la même épreuve de Bernoulli dont le succès « la connexion est instable » a pour probabilité 0,145 ; X compte le nombre de succès. X suit la loi binomiale de paramètres n=50 et p=0,145.

1. b) À la calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale) : P(X8)0,704. La probabilité qu'au plus huit connexions soient instables est environ 0,704.

2. a) L'événement contraire de « au moins une connexion instable » est « aucune connexion instable », c'est-à-dire {Xn=0}. Or P(Xn=0)=(n0)×0,1450×0,855n=0,855n. Donc pn=10,855n.

2. b) On résout pn0,99 :

10,855n0,990,855n0,01nln(0,855)ln(0,01) (la fonction ln est strictement croissante sur ]0;+[).

Comme $\ln(0{,}855)<0$, la division change le sens de l'inégalité : $n\geqslant \dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}855)}\approx 29{,}4$.

La plus petite valeur cherchée est n=30. Vérification : $p_{29}=1-0{,}855^{29}\approx 0{,}9894<0{,}99$ et $p_{30}=1-0{,}855^{30}\approx 0{,}9909\geqslant 0{,}99$.

3. a) Par linéarité de l'espérance, E(Fn)=E(Xnn)=1nE(Xn)=1n×n×0,145. E(Fn)=0,145.

3. b) D'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à la variable aléatoire Fn, d'espérance 0,145 et de variance V(Fn), pour tout réel δ>0 : P(|Fn0,145|δ)V(Fn)δ2.

Avec δ=0,1 : P(|Fn0,145|0,1)0,123975n×0,01=12,3975n12,5n car 12,397512,5. L'inégalité est vérifiée.

3. c) Pour n=1000, en fonctionnement habituel, P(|F10000,145|0,1)12,51000=0,0125. Or la fréquence observée F1000=0,3 vérifie |0,30,145|=0,1550,1 : un tel écart a une probabilité inférieure à 1,25% si les serveurs fonctionnent normalement. Le responsable a raison de soupçonner un dysfonctionnement : l'observation est très improbable sous l'hypothèse d'un fonctionnement habituel.

Exercice 2 — Suite récurrente et suite auxiliaire associée (5 pts)

1. u1=2u0+1u0+2=2×2+12+2=54. u1=54=1,25.

2. a) a0=u0u01=21=2 et a1=u1u11=5414=5. a0=2 et a1=5.

2. b) Soit n un entier naturel. On calcule d'abord un+11=2un+1un+21=2un+1un2un+2=un1un+2.

Donc an+1=un+1un+11=2un+1un+2×un+2un1=2un+1un1.

D'autre part, 3an1=3unun11=3unun+1un1=2un+1un1.

Pour tout entier naturel n, an+1=3an1.

2. c) Remarque : l'hypothèse an3n1 donne seulement 3an13n+14, ce qui ne suffit pas à conclure directement ; on démontre donc par récurrence la propriété plus forte 𝒫(n) : « an3n+1 », pour tout entier n1, qui entraîne l'inégalité demandée puisque 3n+13n1.

Initialisation : a1=5 et 31+1=4 ; on a 54, donc 𝒫(1) est vraie.

Hérédité : soit n1 tel que an3n+1. Alors an+1=3an13(3n+1)1=3n+1+23n+1+1. Donc 𝒫(n+1) est vraie.

Conclusion : d'après le principe de récurrence, pour tout entier n1, an3n+1, et par conséquent an3n1 pour tout entier naturel n1.

2. d) Comme 3>1, limn+3n=+, donc limn+(3n1)=+. Par le théorème de comparaison (minoration par une suite qui tend vers +), limn+an=+.

3. a) Soit n un entier naturel. Par définition an(un1)=un, soit anunan=un, soit un(an1)=an. Or an1 (car a0=2 et an3n12 pour n1), donc un=anan1.

3. b) Pour tout n, un=anan1=111an. Comme an+, 1an0, donc 11an1 et, par quotient, limn+un=1.

4. a) La variable u contient successivement u0=2, puis u1, u2, … (ligne 5, la relation de récurrence) et n compte le nombre de termes calculés. La boucle s'arrête dès que u1p. Comme (un) est décroissante et tend vers 1, la valeur n renvoyée est le plus petit entier n tel que un1p, c'est-à-dire le premier rang à partir duquel un est à une distance au plus p de sa limite 1 ; u est la valeur du terme un correspondant.

4. b) Pour p=0,001, l'appel algo(0.001) renvoie n=6 (on trouve u510,0027>0,001 et u610,00090,001).

Exercice 3 — Vrai ou faux : géométrie dans l'espace (4 pts)

Affirmation 1 : VRAIE. La droite (d) a pour vecteur directeur u(2;0;6) et l'axe des ordonnées a pour vecteur directeur j(0;1;0). Ces vecteurs ne sont pas colinéaires (la deuxième coordonnée de u est nulle, pas celle de j), donc les droites ne sont pas parallèles. Elles ne sont pas sécantes non plus : tout point de (d) a pour ordonnée y=1, et un point de (d) situé sur l'axe des ordonnées devrait vérifier x=0 et z=0, soit 32t=0 et 26t=0, c'est-à-dire t=32 et t=13, ce qui est impossible. Ni parallèles ni sécantes, les deux droites sont non coplanaires.

Affirmation 2 : VRAIE. Un plan orthogonal à (d) admet pour vecteur normal u(2;0;6), ou plus simplement n(1;0;3) (colinéaire). Il a donc une équation de la forme x+3z+k=0. Il passe par A(3;3;2) : 3+3×(2)+k=0, d'où k=3. Le plan a pour équation x+3z+3=0.

Affirmation 3 : FAUSSE. Le point C de (d) d'abscisse 2 correspond à 32t=2, soit t=12 : C(2;1;23)=C(2;1;1). On a AB(2;1;1) et AC(1;2;1).

AB·AC=2×(1)+(1)×2+1×1=3 ; AB=4+1+1=6 ; AC=1+4+1=6.

cosBAC^=AB·ACAB×AC=36=12, donc BAC^=2π3 et non π6.

Affirmation 4 : VRAIE. Le plan P : x+3z7=0 a pour vecteur normal n(1;0;3). La distance de B(5;4;1) à P est BH=|5+3×(1)7|12+02+32=510=51010=102.

Si l'on ne connaît pas la formule de la distance : H=B+tn=(5+t;4;1+3t) appartient à P pour 5+t+3(1+3t)7=0, soit 10t=5, t=12 ; alors BH=|t|n=1210. BH=102.

Exercice 4 — Équation différentielle et étude d'une fonction exponentielle avec aire (5 pts)

Partie A

1. La courbe C2 coupe l'axe des abscisses en 2 et 1 en changeant de signe (positive entre 2 et 1, négative ailleurs, d'après la figure), et c'est précisément en x=2 et x=1 que la courbe C1 admet des extremums locaux (un minimum en 2, un maximum en 1), C1 étant croissante là où C2 est positive et décroissante là où C2 est négative. Le signe de la dérivée donne les variations de la fonction : C1 représente g et C2 représente g. (L'association inverse est impossible : C1 change de sens de variation en 2 et en 1 alors que C2 ne s'annule pas en ces points de la même manière ; on suppose ici la figure conforme à cette description, cohérente avec la partie B.)

2. La tangente à la courbe de g au point d'abscisse 0 a pour équation y=g(0)(x0)+g(0). Or g(0)=1 (C1 coupe l'axe des ordonnées en (0;1)) et g(0)=2 (C2 coupe l'axe des ordonnées en (0;2)). La tangente a pour équation réduite y=2x+1.

Partie B

1. f0 est dérivable sur R comme produit de fonctions dérivables, et f0(x)=(2x+3)ex+(x2+3x)×(ex)=(2x+3x23x)ex.

Alors f0(x)+f0(x)=(x2+3x)ex+(2x+3x23x)ex=(2x+3)ex. f0 est bien une solution particulière de (E).

2. (E0) s'écrit y=y. D'après le cours, les solutions de y=ay sont les fonctions xKeax, KR. Les solutions de (E0) sont les fonctions xKex, avec KR.

3. Les solutions de l'équation avec second membre (E) sont les sommes d'une solution particulière de (E) et des solutions de l'équation homogène (E0). Les solutions de (E) sont les fonctions fK:x(x2+3x)ex+Kex=(x2+3x+K)ex, avec KR.

(Justification : si f est solution de (E), alors (ff0)+(ff0)=(2x+3)ex(2x+3)ex=0, donc ff0 est solution de (E0) ; réciproquement, f0+Kex vérifie (E) par linéarité.)

4. g est de la forme g(x)=(x2+3x+K)ex et g(0)=1 d'après la partie A, soit K×e0=1, donc K=1. g(x)=(x2+3x+1)ex. Contrôle : g(x)=(x2x+2)ex=(x+2)(x1)ex, qui s'annule bien en 2 et 1 et vaut 2 en 0.

5. Soit KR et fK(x)=(x2+3x+K)ex. On a fK(x)=(2x+3)ex(x2+3x+K)ex=(x2x+3K)ex, puis

fK(x)=(2x1)ex(x2x+3K)ex=(x2x+K4)ex.

Comme ex>0, fK(x) a le signe du trinôme x2x+K4. La courbe admet un point d'inflexion en chaque abscisse où fK s'annule en changeant de signe. Un trinôme du second degré change de signe exactement en ses racines lorsqu'il en a deux distinctes, et ne change pas de signe sinon. Son discriminant est Δ=(1)24(K4)=174K.

La courbe a exactement deux points d'inflexion si et seulement si Δ>0, soit $K<\dfrac{17}{4}$. Les solutions cherchées sont les fonctions x(x2+3x+K)ex avec $K<\dfrac{17}{4}$.

Partie C

1. Pour tout réel x, f(x)=x2ex+3xex+2ex=x2ex+3xex+2ex. Par croissances comparées, limx+exx2=+ et limx+exx=+, donc limx+x2ex=0 et limx+xex=0 ; de plus limx+ex=0. Par somme, limx+f(x)=0.

2. a) f(x)=(2x+3)ex+(x2+3x+2)×(ex)=(2x+3x23x2)ex=(x2x+1)ex. Vérifié.

2. b) ex>0 pour tout réel x, donc f(x) a le signe de x2x+1. Discriminant : Δ=(1)24×(1)×1=5>0 ; racines x1=152=1+520,62 et x2=1+52=1521,62. Le coefficient de x2 est négatif, donc le trinôme est positif entre les racines et négatif à l'extérieur.

Ainsi $f'(x)<0$ sur $\left]-\infty;\dfrac{-1-\sqrt5}{2}\right[$ et sur $\left]\dfrac{-1+\sqrt5}{2};+\infty\right[$, et $f'(x)>0$ sur ]152;1+52[. Donc f est décroissante sur ];152], croissante sur [152;1+52] et décroissante sur [1+52;+[, avec limf=+ et lim+f=0.

3. Pour x0, x20, 3x0 et 2>0, donc x2+3x+2>0 ; comme ex>0, on obtient f(x)>0. f est (strictement) positive sur [0;+[. (On peut aussi remarquer que x2+3x+2=(x+1)(x+2), produit de deux facteurs positifs pour x0.)

4. f est continue et positive sur [0;α], donc l'aire du domaine délimité par Cf, l'axe des abscisses et les droites x=0 et x=α est A(α)=0αf(x)dx=F(α)F(0).

F(0)=7, donc A(α)=(α25α7)eα+7. A(α)=7(α2+5α+7)eα unités d'aire. (Contrôle : F(x)=(2x5)ex+(x2+5x+7)ex=(x2+3x+2)ex=f(x), et A(α)7 quand α+ par croissances comparées.)

Conseils pour le jour J

Ce sujet est très classique et récompense la rigueur de rédaction : pour la formule des probabilités totales et la loi binomiale, citez les hypothèses (partition, répétition d'épreuves indépendantes) avant de calculer. En 1.B.2.b, l'inéquation avec ln exige de mentionner que $\ln(0{,}855)<0$ et de changer le sens de l'inégalité ; en 1.B.3, l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev doit être écrite avec sa forme générale avant d'y injecter la variance admise. Dans l'exercice 2, la récurrence demandée ne « passe » pas telle quelle : n'hésitez pas à renforcer l'hypothèse ($a_n\geqslant 3^n+1$) en le disant explicitement, les correcteurs valorisent cette initiative. Pour le vrai/faux de géométrie, une affirmation vraie se démontre et une affirmation fausse se réfute par un calcul complet (angle $\frac{2\pi}{3}$, pas seulement « le cosinus n'est pas $\frac{\sqrt3}{2}$ »). Gardez au moins 50 minutes pour l'exercice 4 : la partie B.5 (points d'inflexion avec paramètre) est la question la plus discriminante du sujet.

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