Le sujet est situé : la France aujourd'hui, avec une protection sociale largement liée à l'emploi et un marché du travail marqué par l'opposition entre emplois stables et contrats courts. « Encore » suppose une comparaison avec la période de la société salariale.
En France, le travail reste-t-il le principal support de l'intégration sociale, alors que le marché du travail se divise entre emplois protégés et emplois instables ?
Le plan en trois parties
En France, le travail reste le principal vecteur d'intégration
- Une protection sociale en grande partie attachée à l'emploiAssurances sociales issues des ordonnances de 1945
- Un salariat majoritairement stableEnviron 74 % des personnes en emploi en CDI (INSEE, 2022)
Un marché du travail dual qui fragilise l'intégration des moins protégés
- Les entrants enchaînent les contrats courts87 % des embauches hors intérim en CDD en 2017 (Dares)
- Chômage persistant et zone grisePrès de 2 millions de personnes dans le halo autour du chômage en 2023 (INSEE)
- Marché primaire, marché secondaireDoeringer et Piore (1971) ; intégration incertaine (Paugam, 2000)
De nouvelles fragilités, de nouvelles protections
- Indépendants dépendants et plateformesAuto-entrepreneur (loi du 4 août 2008) ; arrêt Uber (2020)
- Des régulations qui s'adaptentDroit à la déconnexion (2016) ; directive (UE) 2024/2831 à transposer d'ici fin 2026
Un système de protection sociale plus universel, moins lié à l'emploi, affaiblirait-il ou renforcerait-il le rôle intégrateur du travail ?