Évolutions de l'emploi : statuts, contrats, qualifications, qualité des emplois, chômage persistant. Pouvoir intégrateur : revenu, droits, relations, identité. « Dans quelle mesure » : il faut graduer la réponse et dire pour qui.
Les transformations de l'emploi défont-elles le lien entre travail et intégration, ou le rendent-elles surtout plus inégal selon les travailleurs ?
Le plan en trois parties
Le travail reste un puissant facteur d'intégration
- Revenu et droits sociaux liés à l'emploiSociété salariale (Castel, 1995) ; environ 74 % des personnes en emploi en CDI (INSEE, 2022)
- Interdépendance, relations et identitéDurkheim (1893) ; Sainsaulieu (1977)
Des évolutions qui fragilisent ce pouvoir intégrateur
- Précarisation des entrées dans l'emploi87 % des embauches hors intérim en CDD en 2017 (Dares) ; intégration incertaine (Paugam, 2000)
- Chômage persistant et haloPrès de 2 millions de personnes dans le halo en 2023 (INSEE) ; désaffiliation (Castel)
- Polarisation des emplois et de leur qualité−9,5 points pour les emplois intermédiaires, OCDE 1995-2015 (OCDE, 2017)
Un affaiblissement inégal et réversible
- Concentré sur les jeunes, les peu diplômés, les femmesDualisme (Doeringer et Piore, 1971) ; temps partiel : 27 % des femmes, 8 % des hommes (INSEE, 2022)
- Le contenu du travail compte aussi : intégration laborieuseContraintes de rythme : 6 % en 1984, 35 % en 2013 (Dares)
- Le droit peut reconstruire des protectionsArrêt Uber (2020) ; directive (UE) 2024/2831
Faut-il rattacher les droits sociaux à la personne plutôt qu'à l'emploi, comme le proposait Alain Supiot (Au-delà de l'emploi, 1999) ?