Une politique monétaire unique (BCE) et des politiques budgétaires nationales (21 États) cherchent à stabiliser à court terme croissance, emploi et prix. Le sujet porte sur la zone euro depuis 1999 et appelle un bilan nuancé.
Une politique monétaire unique et des politiques budgétaires nationales encadrées peuvent-elles stabiliser la conjoncture de pays hétérogènes ?
Le plan en trois parties
Des leviers efficaces
- La BCE agit sur la demande par ses taux et ses achats de titres.Taux de dépôt de -0,50 % à 4 % (juillet 2022-septembre 2023) ; inflation de 10,6 % (octobre 2022) à 2,4 % (moyenne 2024).
- Les budgets nationaux soutiennent l'activité en récession.Multiplicateur (Keynes, 1936) ; stabilisateurs automatiques et clause dérogatoire en 2020.
Un taux unique pour des économies hétérogènes
- Les chocs asymétriques rendent le taux inadapté pour certains pays.Mundell (1961) ; inflation de 19,4 % en Estonie et 5,9 % en France en 2022.
- Les taux proches de zéro limitent l'efficacité monétaire.Taux négatifs de 2014 à 2022, inflation sous 2 % de 2013 à 2020.
Des budgets contraints et mal coordonnés
- Les règles ont imposé une austérité procyclique.TSCG (2012) ; Blanchard et Leigh (FMI, 2013).
- La coordination progresse sans union budgétaire.NextGenerationEU, 750 Md€ (2020) ; budget de l'UE proche de 1 % du RNB.
La zone euro doit-elle se doter d'une capacité budgétaire permanente pour compléter l'action de la BCE ?