06 29 33 79 32 Je réserve ici
Spécialité HGGSP Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité HGGSP

Thème 6 — Axe 1 : produire et diffuser des connaissances

Alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours, la radioactivité de 1896 aux années 1950 (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en terminale sur « Thème 6 — Axe 1 : produire et diffuser des connaissances » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Produire et diffuser des connaissances : les notions du thème, XVIe-XVIIIe siècle : lire pour son salut, XIXe-début XXe siècle : l'école des filles devient une affaire d'État, Depuis 1945 : l'alphabétisation des femmes, un enjeu mondial. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2024 · Centres étrangers — La coopération scientifique depuis la fin du XIXe siècle : acteurs, enjeux, limites. voir le sujet complet →
  • 2021 · Métropole — Quels rôles jouent les États dans l'élaboration et la protection des connaissances ? voir le sujet complet →
  • 2021 · Centres étrangers — Les États face à l'enjeu de la connaissance depuis la deuxième partie du XXe siècle voir le sujet complet →

Sujet 1 — La coopération scientifique depuis la fin du XIXe siècle : acteurs, enjeux, limites.

Analyse des termes — La coopération scientifique désigne le travail commun de chercheurs, d'institutions et d'États pour produire des connaissances : échanges de résultats, congrès, laboratoires et programmes partagés. Le sujet part de la fin du XIXe siècle (découverte de la radioactivité, 1896-1898) et va jusqu'à nos jours ; il impose d'identifier les acteurs, les enjeux (savoir, prestige, puissance) et les limites (rivalités, guerres, inégalités).

Problématique — Dans quelle mesure la coopération scientifique, portée par des acteurs de plus en plus nombreux depuis la fin du XIXe siècle, sert-elle à la fois l'universalité du savoir et les intérêts des puissances qui la financent ?

Introduction rédigée

En décembre 1938, à Berlin, Otto Hahn et Fritz Strassmann ne comprennent pas pourquoi l'uranium bombardé de neutrons produit du baryum ; ils écrivent à Lise Meitner, réfugiée en Suède, qui trouve l'explication avec son neveu Otto Frisch, alors à Copenhague : c'est la fission. Une découverte majeure naît ainsi d'une coopération entre savants dispersés par les persécutions, à la veille d'une guerre qui va faire de ce savoir une arme.

La coopération scientifique désigne le travail commun de chercheurs, d'institutions et d'États pour produire des connaissances : échanges de publications, congrès, circulation des chercheurs, laboratoires et programmes partagés. Depuis la fin du XIXe siècle, avec la découverte de la radioactivité (1896-1898), elle change d'échelle : d'abord affaire de savants et de mécènes, elle devient une affaire d'États et d'organisations internationales. Ses acteurs se multiplient, ses enjeux dépassent la seule connaissance, et ses limites apparaissent dès que la science touche à la puissance.

Dans quelle mesure la coopération scientifique, portée par des acteurs de plus en plus nombreux depuis la fin du XIXe siècle, sert-elle à la fois l'universalité du savoir et les intérêts des puissances qui la financent ?

Nous verrons d'abord que, jusqu'en 1914, une communauté scientifique internationale se structure autour des savants ; puis que, de 1914 à 1950, cette coopération est mise à l'épreuve des nations et des guerres ; enfin que, depuis les années 1950, elle s'institutionnalise, entre enjeux planétaires et rivalités de puissance.

I. De la fin du XIXe siècle à 1914 : une communauté scientifique internationale se structure

  • Les savants coopèrent en publiant et en se lisant : une découverte en appelle une autre, par-delà les frontières.Röntgen (Würzburg, 1895), Becquerel (Paris, 1896), les Curie (1898), Rutherford et Soddy (Montréal, 1902-1903) : la radioactivité naît d'échanges par les revues.
  • Des congrès et des mécènes organisent la rencontre des savants.Premier Conseil de physique Solvay à Bruxelles (1911), financé par l'industriel Ernest Solvay ; congrès de Bruxelles (1910) qui adopte le « curie » comme unité.
  • Les savants circulent et construisent des normes communes.Rutherford passe de la Nouvelle-Zélande à Cambridge, Montréal puis Manchester ; l'étalon international du radium préparé par Marie Curie est déposé à Sèvres en 1913 ; prix Nobel à partir de 1901.

II. 1914-1950 : la coopération à l'épreuve des nations et des guerres

  • La guerre nationalise la science et brise la communauté.Manifeste des 93 intellectuels allemands (octobre 1914) ; exclusion des savants des pays vaincus du Conseil international de recherches de 1919 à 1926.
  • Les persécutions dispersent les savants et déplacent les centres de la recherche.Lois antisémites allemandes d'avril 1933, exil d'Einstein (1933), de Lise Meitner (1938), de Fermi (1938) ; la fission est interprétée en 1939 par Meitner depuis la Suède, loin de Berlin.
  • La coopération se met au service d'un camp, sous le secret.Projet Manhattan (1942-1945) : Américains, Britanniques, Canadiens et réfugiés européens, environ 130 000 personnes ; loi McMahon (1er août 1946) qui interdit ensuite aux États-Unis de partager leurs secrets atomiques, même avec leurs alliés.

III. Depuis les années 1950 : une coopération institutionnalisée, entre enjeux globaux et rivalités de puissance

  • Les États créent des institutions de coopération, pour la science et pour la paix.Discours « Atoms for Peace » (1953), CERN fondé par douze États européens (1954), AIEA (1957) ; les savants eux-mêmes se rencontrent par-delà le rideau de fer aux conférences Pugwash (1957).
  • Les grands défis planétaires exigent des programmes communs.GIEC (1988) sur le climat, Station spatiale internationale (premier module en 1998), ITER à Cadarache (accord de 2006 entre sept partenaires), partage du génome du virus de la Covid-19 en janvier 2020.
  • Les limites demeurent : rivalités, exclusions, inégalités.Le CERN décide en 2022 de ne pas renouveler ses accords avec la Russie ; la production scientifique reste concentrée dans quelques pays ; l'effet Matilda (Nobel 1944 attribué au seul Otto Hahn) rappelle l'exclusion des femmes.
Conclusion rédigée

Depuis la fin du XIXe siècle, la coopération scientifique a changé d'échelle et d'acteurs : d'une communauté de savants qui se lisaient et se rencontraient grâce à des mécènes, on est passé à des programmes géants financés par des États et encadrés par des organisations internationales. Elle sert incontestablement l'universalité du savoir, de la radioactivité au climat. Mais elle reste soumise aux intérêts des puissances : la guerre la brise en 1914, le secret la confisque de 1942 à 1946, les rivalités géopolitiques la fragmentent encore aujourd'hui.

La coopération scientifique est donc moins un état qu'un équilibre toujours à reconstruire. La montée des rivalités sino-américaines dans la recherche et la question de l'ouverture des données scientifiques montrent que cet équilibre reste un enjeu majeur du XXIe siècle.

Le piège — S'arrêter aux Curie et aux années 1950 : le sujet part de la fin du XIXe siècle mais court jusqu'à nos jours, et la moitié des copies oublie la troisième partie et les « limites » explicitement demandées.

Sujet 2 — Quels rôles jouent les États dans l'élaboration et la protection des connaissances ?

Analyse des termes — Élaborer des connaissances, c'est les produire, mais aussi former ceux qui les produisent et les transmettent ; les protéger, c'est les garder du vol, les réserver par le secret ou le brevet, parfois en restreindre l'accès. Le sujet n'a pas de bornes : on le traite de l'époque moderne à nos jours, en insistant sur le XIXe et le XXe siècle, et en retenant plusieurs rôles (formateur, financeur, organisateur, gardien, censeur).

Problématique — Les États sont-ils devenus les principaux producteurs et gardiens des connaissances, au risque de les confisquer au détriment de leur partage ?

Introduction rédigée

Le 19 octobre 1939, un mois et demi après l'entrée en guerre, la France crée le Centre national de la recherche scientifique ; quelques mois plus tôt, Frédéric Joliot et ses collaborateurs avaient déposé des brevets sur la réaction en chaîne, et Albert Einstein avait écrit au président Roosevelt pour l'alerter sur la possibilité d'une bombe atomique. En quelques mois, les États s'emparent d'un savoir né dans des laboratoires modestes.

Élaborer des connaissances, c'est les produire, mais aussi former ceux qui les produisent et les transmettent ; les protéger, c'est les garder du vol ou de la destruction, les réserver par le secret ou le brevet, parfois en contrôler l'accès. Les États ne sont pas les seuls acteurs du savoir — Églises, savants, mécènes, organisations internationales, entreprises en sont d'autres — mais leur rôle n'a cessé de croître de l'époque moderne à nos jours, de l'école à la recherche nucléaire.

Les États sont-ils devenus les principaux producteurs et gardiens des connaissances, au risque de les confisquer au détriment de leur partage ?

Nous verrons que l'État forme d'abord les esprits en diffusant l'instruction, qu'il organise et finance ensuite la production du savoir, et qu'il se fait enfin le gardien des connaissances, au point parfois de les confisquer.

I. Former : l'État rend la connaissance possible en diffusant l'instruction

  • Dès l'époque moderne, des États liés aux Églises imposent la lecture.Loi ecclésiastique suédoise de 1686 : la grande majorité des Suédois et des Suédoises savent lire à la fin du XVIIIe siècle.
  • Au XIXe siècle, l'État légifère pour scolariser les filles comme les garçons.Lois Falloux (1850) et Duruy (1867), loi Camille Sée (1880), lois Ferry (1881-1882) ; loi scolaire anglaise de 1870, code scolaire japonais de 1872.
  • Au XXe siècle, l'alphabétisation devient une politique d'État et un objectif international.Décret soviétique de 1919, campagne cubaine de 1961 ; Déclaration universelle de 1948 (article 26), Jomtien (1990), ODD 4 (2015).

II. Produire : l'État organise et finance la recherche

  • L'État crée des institutions savantes et soutient les découvertes.Académie royale des sciences (1666) ; en France, les Curie travaillent dans des institutions publiques (École de physique et chimie de la Ville de Paris, Sorbonne) ; CNRS créé le 19 octobre 1939.
  • La guerre fait de l'État le maître d'œuvre de la « Big Science ».Lettre d'Einstein à Roosevelt (2 août 1939) ; projet Manhattan (1942-1945), environ 130 000 personnes.
  • Après 1945, la recherche devient une politique publique et une coopération entre États.CEA (18 octobre 1945), pile Zoé (1948) ; CERN (1954) ; objectif européen de consacrer 3 % du PIB à la recherche (Barcelone, 2002).

III. Protéger, et parfois confisquer : l'État gardien des connaissances

  • L'État protège les savoirs par le droit et le secret.Brevets de Joliot, Halban et Kowarski déposés en mai 1939, cédés ensuite au CNRS ; loi McMahon (1946) qui réserve le secret atomique aux États-Unis ; Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (1967).
  • Protéger peut devenir restreindre, voire interdire l'accès au savoir.Révocation de Joliot du CEA (avril 1950) pour son engagement politique ; exclusion des Afghanes du secondaire (2021) et de l'université (2022) par les talibans.
  • Les États ne sont pas seuls : savants, organisations et entreprises contestent ou complètent leur rôle.Choix des Curie de ne pas breveter l'extraction du radium ; manifeste Russell-Einstein (1955) et conférences Pugwash (1957) ; UNESCO (1945) ; poids des grandes entreprises dans la recherche actuelle.
Conclusion rédigée

Les États jouent un rôle croissant dans l'élaboration des connaissances : ils forment les populations par l'école, de la Suède de 1686 aux objectifs mondiaux de 2015, puis organisent et financent la recherche, du CNRS au CERN. Ils en sont aussi les gardiens, par le droit et le secret. Mais ce rôle a sa part d'ombre : protéger peut devenir confisquer, comme le montrent le secret atomique ou l'exclusion des Afghanes des écoles. Les savants, les organisations internationales et la société civile rappellent que la connaissance a aussi une vocation universelle.

Aujourd'hui, la protection des connaissances passe aussi par le renseignement et la défense du cyberespace, où les États affrontent des acteurs privés et des puissances rivales : c'est l'objet de l'axe 2 du thème.

Le piège — Ne parler que de « protection » au sens militaire et oublier l'école : « élaboration » inclut la formation de ceux qui savent, et l'alphabétisation est un rôle majeur des États.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs