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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

Production et diffusion des savoirs dans le monde

De la République des Lettres à la mondialisation de la science : produire, diffuser et contrôler la connaissance (Spécialité HGGSP Tle, Thème 7 : La connaissance, un enjeu politique)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Production et diffusion des savoirs dans le monde » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Produire et diffuser le savoir : une histoire longue, La révolution scientifique et la République des Lettres (XVIe-XVIIIe s.), Les Lumières : diffuser pour émanciper, Le savoir, un enjeu de puissance contemporain. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés du thème

Définis avec précision chacune des notions suivantes liées à la production et à la diffusion des savoirs.

  1. Qu'est-ce que la République des Lettres ?
  2. Définis l'économie de la connaissance.
  3. Qu'appelle-t-on la liberté académique et pourquoi est-elle un enjeu politique ?
1. La République des Lettres est un réseau européen de savants, érudits et écrivains qui, du XVIe au XVIIIe siècle, échangent par correspondance, débattent et diffusent les idées par-delà les frontières et les confessions religieuses. C'est une communauté intellectuelle sans territoire, fondée sur le partage du savoir et un usage commun du latin puis du français.

2. L'économie de la connaissance est un modèle économique dans lequel la croissance repose principalement sur la recherche, l'innovation, la formation et l'exploitation de l'information, plutôt que sur les seules ressources matérielles. La connaissance y devient le principal facteur de production et de puissance.

3. La liberté académique est le droit, pour les chercheurs et les enseignants, de produire, d'enseigner et de diffuser un savoir sans pression politique, religieuse ou économique. C'est un enjeu politique car les pouvoirs autoritaires cherchent à la restreindre (censure, emprisonnement, instrumentalisation) : elle est un pilier de la démocratie et de la liberté de pensée.

Exercice 2 — La révolution scientifique et les Lumières

Réponds aux questions suivantes sur la naissance et la diffusion de la science moderne.

  1. En quoi consiste la révolution scientifique des XVIe-XVIIe siècles ?
  2. Pourquoi le procès de Galilée (1633) est-il significatif du rapport entre savoir et pouvoir ?
  3. Quel est le projet de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ?
1. La révolution scientifique consiste à abandonner la seule autorité des Anciens (Aristote) et de la religion pour expliquer le monde, au profit de l'observation, de la mesure et de l'expérimentation. Une véritable méthode scientifique, fondée sur le doute et la preuve, se met en place (Copernic, Galilée, Newton).

2. Le procès de Galilée (1633) est significatif car le savant, qui défend l'héliocentrisme par l'observation, est condamné et contraint d'abjurer devant l'Inquisition. Il montre que produire un savoir nouveau peut entrer en conflit avec les pouvoirs établis (religieux, politiques) : la connaissance est, dès l'origine, un enjeu de pouvoir.

3. L'Encyclopédie (Diderot et d'Alembert, 1751-1772, 28 volumes) a pour projet de rassembler et diffuser tous les savoirs de l'époque afin de « changer la façon commune de penser ». Elle incarne l'idéal des Lumières : diffuser la connaissance pour émanciper les esprits de la superstition et des préjugés.

Exercice 3 — Repères du savoir comme enjeu de puissance

Associe chaque fait ou notion à sa date, ses acteurs et l'enjeu qu'il illustre.

  1. Le projet Manhattan et la bombe atomique : date, contexte et signification pour le lien science-puissance.
  2. La course à l'espace : quels acteurs, quelle période, et que symbolise-t-elle ?
  3. La fuite des cerveaux (brain drain) : définition et conséquence sur la géographie des savoirs.
1. Le projet Manhattan aboutit à la bombe atomique en 1945 (Hiroshima et Nagasaki), pendant la Seconde Guerre mondiale. Il montre que la science est devenue un instrument décisif de puissance militaire et pose la question de la responsabilité des scientifiques (Oppenheimer).

2. La course à l'espace oppose les États-Unis et l'URSS pendant la guerre froide (1957 Spoutnik, 1961 Gagarine, 1969 premier homme sur la Lune). Elle symbolise la rivalité de puissance et fait de la maîtrise scientifique une vitrine de la supériorité d'un modèle politique.

3. La fuite des cerveaux est l'émigration de chercheurs, d'ingénieurs et d'étudiants qualifiés vers les pays les plus attractifs (surtout les États-Unis). Conséquence : elle appauvrit les pays de départ et renforce les pôles dominants, accentuant la concentration et l'inégalité de la production des savoirs.

Exercice 4 — Vrai ou faux : acteurs et tensions du savoir

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifie ta réponse en une phrase.

  1. « La production scientifique est aujourd'hui répartie de façon équilibrée entre tous les pays du monde. »
  2. « Le brevet et le libre accès (open access) reposent sur la même logique de diffusion du savoir. »
  3. « La science a toujours été indépendante de tout pouvoir politique ou idéologique. »
1. Faux. La production des savoirs est très inégale : elle se concentre dans quelques pôles dominants (États-Unis, Chine, Europe) et quelques grandes universités, tandis que de nombreux pays du Sud restent marginalisés.

2. Faux. Le brevet protège une invention en réservant son exploitation à son détenteur (logique de marchandise et de propriété), tandis que l'open access vise à rendre le savoir gratuitement accessible à tous (logique de bien commun) : ce sont des logiques opposées.

3. Faux. La science a souvent été instrumentalisée ou réprimée par le pouvoir : condamnation de Galilée (1633), affaire Lyssenko en URSS, autodafés nazis (1933). La liberté académique reste un combat.

Exercice 5 — Les acteurs de la diffusion des savoirs

Identifie le rôle de chacun des acteurs suivants dans la production, la diffusion ou le contrôle du savoir.

  1. Quel rôle jouent les États dans la production et le contrôle des savoirs ?
  2. En quoi les universités et les chercheurs sont-ils des acteurs centraux ?
  3. Quel rôle joue la société civile (open access, Wikipédia, science participative) ?
1. Les États financent la recherche, défendent leur souveraineté scientifique et leur puissance (R&D, espace, défense). Mais ils peuvent aussi contrôler ou censurer le savoir (secret défense, répression de chercheurs, filtrage d'Internet) : ils sont à la fois moteurs et freins.

2. Les universités et chercheurs produisent et publient le savoir ; ils valident les connaissances par la communauté scientifique et défendent la liberté académique et la coopération internationale. Les grandes universités sont aussi des outils d'influence (soft power).

3. La société civile promeut le partage et l'ouverture du savoir : libre accès aux publications, logiciels libres, Wikipédia, science participative. Elle s'oppose à la marchandisation (éditeurs scientifiques très coûteux) et milite pour la connaissance comme bien commun.

Exercice 6 — Analyse de document : la géographie de la recherche

Étudie le document statistique ci-dessous, puis réponds aux questions d'analyse.

  1. Document : « Au début des années 2020, les États-Unis et la Chine concentrent à eux seuls environ la moitié des dépenses mondiales de recherche et développement. La Chine est devenue le premier pays au monde par le nombre d'articles scientifiques publiés. À l'inverse, l'Afrique subsaharienne ne représente qu'une part infime des publications mondiales. La quasi-totalité des grandes revues scientifiques publient en anglais. » — Que révèle ce document sur la répartition mondiale de la production des savoirs ?
  2. Comment expliquer la place très élevée de la Chine dans la production scientifique récente ?
  3. En quoi ce document montre-t-il que le savoir est un enjeu de puissance et d'inégalités ? Rédige une réponse argumentée de quelques lignes.
1. Le document révèle une forte concentration et une inégalité de la production des savoirs : deux pôles (États-Unis et Chine) dominent et captent la moitié des dépenses de R&D, tandis que l'Afrique subsaharienne est marginalisée. La domination de l'anglais impose en outre une langue unique pour exister scientifiquement.

2. La place de la Chine s'explique par une politique volontariste d'investissement massif dans la recherche, les universités et les brevets depuis deux décennies, au service de son affirmation comme grande puissance. Elle vise à rattraper, puis dépasser, les États-Unis dans les technologies de pointe (intelligence artificielle, espace).

3. Réponse argumentée attendue : le document montre que produire du savoir est un enjeu de puissance, car les États investissent dans la R&D pour leur compétitivité économique, militaire et leur influence. Il révèle aussi de profondes inégalités : la concentration dans quelques pôles et la domination de l'anglais excluent les pays du Sud, ce qui entretient un déséquilibre Nord-Sud et alimente la fuite des cerveaux. Le savoir n'est donc pas un bien également partagé, mais un instrument de domination et de hiérarchie entre les puissances.
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