Thème 6 — Axe 2 : la connaissance, enjeu politique et géopolitique
Services secrets pendant la guerre froide, étudiants et transferts de technologie en Inde, cyberespace (spécialité HGGSP de Tle)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 6 — Axe 2 : la connaissance, enjeu politique et géopolitique » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : La connaissance, un attribut de la puissance, Le renseignement américain, une machine née de la guerre froide, Le renseignement soviétique : secret, surveillance et pillage technologique, L'Inde (1947-1991) : former des ingénieurs pour l'indépendance technique. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.
Renseignement
Information collectée, analysée et diffusée pour éclairer la décision d'un pouvoir, surtout en matière de sécurité ; par extension, les services qui la produisent.
À ne pas confondre
Espionnage — L'espionnage est une méthode clandestine de collecte ; le renseignement inclut aussi les sources ouvertes, les moyens techniques et surtout l'analyse.
Selon l'époque et le point de vue — Les services permanents se multiplient à la fin du XIXe siècle ; la guerre froide les institutionnalise massivement (CIA en 1947, KGB en 1954). En France, la DGSE succède au SDECE en 1982.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur la guerre froide, la puissance ou le cyberespace. Faute à éviter : le réduire aux agents de terrain.
Espionnage
Obtention clandestine d'informations secrètes d'un État ou d'une entreprise, par des agents humains ou par des moyens techniques.
À ne pas confondre
Contre-espionnage — Le contre-espionnage détecte et neutralise les espions adverses sur son propre territoire ; c'est une mission défensive.
Selon l'époque et le point de vue — Pratique très ancienne, dont la guerre froide est un âge d'or : réseau atomique de Fuchs et des Rosenberg, Cinq de Cambridge, Penkovsky. Il se prolonge aujourd'hui par le cyberespionnage.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer la course au savoir entre les blocs. Faute à éviter : raconter des exploits individuels sans dire ce qu'ils ont changé.
Action clandestine
Opération secrète menée par un service pour influencer la situation politique d'un pays étranger sans que l'État commanditaire soit identifiable : financement, propagande, coup d'État.
À ne pas confondre
Renseignement — Le renseignement cherche à savoir ; l'action clandestine cherche à agir sur l'événement.
Selon l'époque et le point de vue — Aux États-Unis, la directive NSC 10/2 de juin 1948 l'autorise ; exemples : élections italiennes de 1948, Iran 1953, Guatemala 1954, baie des Cochons 1961.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre que le renseignement est aussi un instrument d'ingérence. Faute à éviter : la confondre avec une intervention militaire ouverte.
Renseignement d'origine électromagnétique
Interception et exploitation des signaux émis par les communications, les radars ou les systèmes informatiques ; on dit aussi ROEM, ou SIGINT en anglais.
À ne pas confondre
Renseignement d'origine humaine — Le ROHUM (HUMINT) repose sur des sources humaines : agents, informateurs, transfuges.
Selon l'époque et le point de vue — Décryptage d'Enigma à Bletchley Park (1940-1945), accord UKUSA (1946), création de la NSA (1952), puis révélations de Snowden (2013).
Ce que le mot permet d'écrire — Montre la continuité entre guerre froide et cyberespace. Faute à éviter : croire que l'écoute massive naît avec Internet.
Fuite des cerveaux
Émigration durable de personnes très qualifiées vers des pays offrant de meilleures conditions, vécue comme une perte par le pays qui les a formées.
À ne pas confondre
Circulation des cerveaux — La circulation suppose des retours et des échanges qui profitent aussi au pays d'origine.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression (brain drain) apparaît au Royaume-Uni au début des années 1960, à propos des scientifiques britanniques partis aux États-Unis ; elle s'applique ensuite aux pays du Sud.
Ce que le mot permet d'écrire — Décrit l'Inde des années 1960-1970. Faute à éviter : l'appliquer sans nuance à l'Inde d'aujourd'hui.
Circulation des cerveaux
Ensemble des mobilités de personnes qualifiées, avec départs, retours et réseaux, par lesquelles savoirs, capitaux et contacts reviennent vers le pays d'origine.
À ne pas confondre
Gain de cerveaux — Le gain de cerveaux (brain gain) désigne le bénéfice du pays d'accueil qui attire des talents formés ailleurs.
Selon l'époque et le point de vue — La notion se diffuse dans les années 1990-2000 ; la sociologue AnnaLee Saxenian l'illustre par les ingénieurs indiens et chinois de la Silicon Valley (The New Argonauts, 2006).
Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour l'Inde depuis 1991. Faute à éviter : oublier que tous ne reviennent pas.
Transfert de technologie
Passage d'un savoir-faire technique d'un acteur à un autre : licences, coopération, formation, compensations industrielles, ou de manière illégale par l'espionnage.
À ne pas confondre
Compensation industrielle — La compensation (offset) est la contrepartie exigée par un acheteur lors d'un contrat d'armement ; c'est un moyen du transfert, pas son synonyme.
Selon l'époque et le point de vue — Aides étrangères aux IIT (1958-1961), accord nucléaire indo-américain (2008), achat de Rafale (2016) ; côté soviétique, pillage organisé révélé par l'affaire Farewell.
Ce que le mot permet d'écrire — Relie le jalon indien au renseignement. Faute à éviter : présenter le transfert comme un don désintéressé.
Diaspora
Population dispersée hors de son pays d'origine qui conserve avec lui des liens identitaires, familiaux et économiques.
À ne pas confondre
Migrant — Le migrant est un individu qui se déplace ; la diaspora est un collectif durable, organisé en réseaux.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot grec désigne la dispersion ; longtemps réservé à la dispersion juive, il s'élargit à la fin du XXe siècle. L'Inde célèbre sa diaspora depuis 2003 (Pravasi Bharatiya Divas).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer la puissance d'influence et les transferts de fonds indiens. Faute à éviter : l'employer pour tout groupe d'émigrés sans liens organisés.
Économie de la connaissance
Économie dans laquelle la production et l'usage des savoirs (recherche, innovation, qualification) sont la source principale de la croissance.
À ne pas confondre
Société de l'information — La société de l'information insiste sur la circulation des données ; l'économie de la connaissance, sur leur transformation en valeur.
Selon l'époque et le point de vue — Peter Drucker popularise l'expression en 1969 (The Age of Discontinuity) ; l'Union européenne en fait un objectif avec la stratégie de Lisbonne (2000).
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les sujets sur le développement. Faute à éviter : croire qu'elle ne concerne que les pays riches (Bangalore).
Cyberespace
Espace de communication constitué par l'interconnexion mondiale d'équipements de traitement automatisé de données numériques, avec une couche physique, une couche logique et une couche informationnelle.
À ne pas confondre
Internet — Internet est un réseau de réseaux fondé sur des protocoles ; le cyberespace englobe aussi les infrastructures, les données et les usages.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est inventé par le romancier William Gibson (nouvelle Burning Chrome, 1982) et popularisé par Neuromancien (1984) ; il entre dans le vocabulaire stratégique dans les années 2000.
Ce que le mot permet d'écrire — Objet de travail conclusif du thème. Faute à éviter : le décrire comme immatériel et sans territoire.
Cyberattaque
Action malveillante menée à travers les réseaux pour voler, altérer, bloquer ou détruire des données ou des systèmes.
À ne pas confondre
Cyberguerre — La cyberguerre supposerait un conflit armé conduit par des moyens numériques ; la plupart des cyberattaques relèvent de l'espionnage, du crime ou de la déstabilisation.
Selon l'époque et le point de vue — Estonie (2007), Stuxnet (2010), TV5Monde (2015), WannaCry et NotPetya (2017), Viasat (2022).
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours préciser la cible, l'effet et l'auteur présumé. Faute à éviter : parler de guerre pour un vol de données.
Cyberdéfense
Ensemble des moyens, surtout militaires, destinés à protéger les systèmes essentiels à la défense nationale et, si nécessaire, à riposter.
À ne pas confondre
Cybersécurité — La cybersécurité protège tous les systèmes, civils compris ; en France, l'ANSSI s'en charge, tandis que le COMCYBER conduit la cyberdéfense militaire.
Selon l'époque et le point de vue — En France : Livre blanc de 2008, ANSSI (2009), COMCYBER (2017), doctrine offensive (2019).
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur du jalon sur le cas français. Faute à éviter : confondre l'ANSSI, civile, et le COMCYBER, militaire.
Souveraineté numérique
Capacité d'un État ou d'un ensemble d'États à maîtriser ses infrastructures, ses données et les règles qui s'appliquent dans le cyberespace.
À ne pas confondre
Internet souverain — L'« Internet souverain » russe (2019) désigne un cloisonnement et un contrôle des contenus ; la souveraineté numérique européenne cherche plutôt à réduire des dépendances.
Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée en France dans les années 2010 (Pierre Bellanger, La Souveraineté numérique, 2014), relancée par l'affaire Snowden (2013) et le Cloud Act (2018).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à conclure sur les rapports entre États et géants du numérique. Faute à éviter : l'assimiler à la censure.
Gouvernance de l'Internet
Élaboration et application, par les États, les entreprises et la société civile, des règles et des normes qui organisent le fonctionnement d'Internet.
À ne pas confondre
Multilatéralisme — Le multilatéralisme réunit des États (ONU) ; la gouvernance de l'Internet est dite « multi-acteurs », car elle associe aussi des acteurs privés.
Selon l'époque et le point de vue — Création de l'ICANN en Californie (1998), Sommet mondial sur la société de l'information (Tunis, 2005), Forum sur la gouvernance de l'Internet (depuis 2006), fin de la tutelle américaine sur l'IANA (2016).
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour la partie coopération. Faute à éviter : croire qu'une organisation mondiale gouverne Internet.
Attribution
Identification de l'auteur d'une cyberattaque, d'abord technique (traces, méthodes), puis politique (décision d'un État de nommer un responsable).
À ne pas confondre
Revendication — La revendication vient de l'auteur lui-même ; l'attribution vient de la victime ou d'un tiers, souvent sans aveu du responsable.
Selon l'époque et le point de vue — Exemple : les États-Unis et le Royaume-Uni attribuent WannaCry à la Corée du Nord en décembre 2017.
Ce que le mot permet d'écrire — Oblige à écrire « attribuée à » plutôt que « commise par ». Faute à éviter : présenter une attribution comme une preuve judiciaire.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Conflictualité / coopération
Les acteurs s'affrontent et coopèrent en même temps, parfois dans le même domaine.
Ce qu'il débloque — Structure l'objet conclusif sur le cyberespace.
Exemple — Sur le sujet « Le cyberespace : conflictualité et coopération entre les acteurs », il permet d'opposer Stuxnet (2010) à l'Appel de Paris (2018), puis de montrer que la coopération sert aussi les intérêts de puissance.
Secret / contrôle démocratique
Le renseignement exige le secret, mais une démocratie doit pouvoir le contrôler.
Ce qu'il débloque — Nuance la comparaison CIA / KGB.
Exemple — Sur le sujet « Le renseignement au service des États pendant la guerre froide », il permet de construire une troisième partie sur la commission Church (1975-1976).
Fuite / circulation des cerveaux
L'émigration des diplômés est une perte, ou un réseau qui rapporte.
Ce qu'il débloque — Organise une chronologie de l'Inde en deux temps, avant et après 1991.
Exemple — Sur le sujet « La connaissance, un enjeu du développement », il permet de passer des IIT des années 1960 à la diaspora de Bangalore.
Souveraineté / interdépendance
L'État veut maîtriser ses savoirs et ses données, mais dépend de partenaires et d'entreprises étrangères.
Ce qu'il débloque — Cœur du jalon sur la cyberdéfense française.
Exemple — Sur le sujet « La France face aux enjeux de la cyberdéfense », il permet d'opposer l'ANSSI et le COMCYBER à la dépendance aux clouds américains.
Acteurs étatiques / acteurs privés
La connaissance n'est plus produite ni contrôlée par les seuls États.
Ce qu'il débloque — Nuance tout sujet qui commence par « Les États ».
Exemple — Sur le sujet « Les États face à l'enjeu de la connaissance », il permet de montrer que GAFAM, diasporas et pirates concurrencent les États.
Continuité / rupture
Ce qui change et ce qui demeure d'une période à l'autre.
Ce qu'il débloque — Relie la guerre froide au cyberespace.
Exemple — Sur le sujet « Espionnage et cyberespionnage », il permet de montrer que la NSA de 1952 et celle de 2013 poursuivent la même mission avec d'autres moyens.
Réseau / territoire
Les flux semblent abolir les frontières, mais reposent sur des lieux et des lois.
Ce qu'il débloque — Indispensable au jalon « le cyberespace, entre réseaux et territoires ».
Exemple — Sur le sujet « Le cyberespace, entre réseaux et territoires », il permet d'étudier les câbles sous-marins, les centres de données et l'Internet souverain russe.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.