Le tourisme désigne les déplacements de loisir, y compris les excursions à la journée ; un atout est une ressource, un avantage. La question invite à discuter l'apport du tourisme au patrimoine depuis l'essor du tourisme de masse dans la seconde moitié du XXe siècle, à toutes les échelles.
Dans quelle mesure le tourisme, qui finance et fait rayonner le patrimoine, peut-il aussi le menacer, et comment concilier fréquentation et conservation ?
Le plan en trois parties
Un atout : le tourisme donne au patrimoine des ressources et une fonction
- Il finance l'entretien et la restauration.Versailles, environ 8 millions de visiteurs par an avant 2020 : billetterie et mécénat financent les chantiers.
- Il reconvertit des territoires en crise autour de leur héritage.Bassin minier inscrit le 30 juin 2012 ; Louvre-Lens ouvert le 4 décembre 2012 sur un ancien carreau de mine.
- Il fait connaître et rayonner le patrimoine et le pays qui l'abrite.Environ 100 millions de touristes internationaux en France en 2023 ; label UNESCO recherché pour son effet d'attraction.
Une menace : la fréquentation peut détruire ce qu'elle célèbre
- La fréquentation use matériellement les sites.Lascaux fermée au public en avril 1963 ; remous des navires de croisière à Venise.
- Le tourisme chasse les habitants et fige les lieux : la muséification.Centre de Venise sous les 50 000 habitants en 2022, pour 20 à 30 millions de visiteurs estimés par an avant 2020.
- Il crée des conflits d'usage entre habitants et visiteurs.Manifestations contre les grands navires à Venise depuis les années 2010 ; manifestations à Barcelone (juillet 2024).
Une ressource à réguler : vers un tourisme compatible avec la conservation
- Limiter et étaler les flux.Louvre plafonné à 30 000 visiteurs par jour depuis 2022 ; contribution d'accès de 5 € à Venise (2024).
- Remplacer l'original par la copie pour le préserver.Lascaux II (1983), Lascaux IV (2016), réplique de la grotte Chauvet (2015).
- Faire intervenir l'UNESCO et associer les habitants.Recommandations d'inscrire Venise sur la liste en péril (2021, 2023) ; navires de plus de 25 000 tonnes interdits (2021).
Faire payer ou limiter l'accès au patrimoine, n'est-ce pas réserver à certains ce qui est proclamé commun à tous ?