Le rayonnement désigne la capacité d'un pays à se faire connaître, admirer et imiter au-delà de ses frontières, forme de soft power (Joseph Nye, 1990). Le sujet porte sur le patrimoine matériel et immatériel de la France et sur son action patrimoniale dans le monde, à l'échelle mondiale, surtout depuis la seconde moitié du XXe siècle.
Par quels moyens la France fait-elle de son patrimoine un instrument de rayonnement mondial, et jusqu'où ce rayonnement est-il contesté ?
Le plan en trois parties
Un patrimoine qui attire le monde
- Une densité patrimoniale exceptionnelle, reconnue à l'échelle mondiale.Une cinquantaine de biens inscrits au patrimoine mondial ; environ 100 millions de touristes internationaux en 2023.
- Un art de vivre érigé en patrimoine.Repas gastronomique des Français inscrit le 16 novembre 2010 ; savoir-faire de la baguette inscrit en 2022.
- Des lieux-symboles connus dans le monde entier.Versailles, environ 8 millions de visiteurs par an avant 2020 ; émotion mondiale après l'incendie de Notre-Dame (15 avril 2019).
Un patrimoine mis au service de la diplomatie
- Les monuments servent de scène aux relations internationales.Poutine à Versailles (29 mai 2017) ; dîner d'État de Charles III (20 septembre 2023) ; « Choose France » depuis 2018.
- La France exporte ses musées et son expertise.Louvre Abu Dhabi, inauguré le 8 novembre 2017 ; comité international pour Angkor coprésidé avec le Japon depuis 1993.
Une puissance protectrice… et contestée
- La France se pose en défenseur du patrimoine mondial.Siège de l'UNESCO à Paris ; rapport Martinez (2015) ; ALIPH créée avec les Émirats arabes unis (2017) ; loi du 7 juillet 2016 sur les biens menacés à l'étranger.
- Le rayonnement est mis à l'épreuve par le passé colonial des collections.Discours de Ouagadougou (2017), rapport Sarr-Savoy (2018), loi du 24 décembre 2020 pour le Bénin et le Sénégal.
- Il est concurrencé et critiqué.Critiques de la « marchandisation » du Louvre à Abou Dhabi ; montée d'autres puissances patrimoniales (Chine, Italie) sur la Liste.
Le rayonnement patrimonial passera-t-il demain davantage par le partage (restitutions, coopérations) que par l'exposition de collections prestigieuses ?