Le pluriel impose de distinguer les porteurs de mémoire (rapatriés, harkis, appelés, immigrés algériens) ; « conflits » renvoie à la guerre des mémoires, « reconnaissance » aux gestes de l'État. Cadre : la France, de 1962 à nos jours.
Comment les mémoires de la guerre d'Algérie ont-elles obtenu une reconnaissance publique en France, et pourquoi celle-ci n'a-t-elle pas mis fin à leurs conflits ?
Le plan en trois parties
1962-fin des années 1980 : des mémoires refoulées et cloisonnées
- Une guerre sans nom, amnistiée.Décrets du 22 mars 1962, lois de 1968 et 1982.
- Des mémoires de groupes qui survivent en marge.Rapatriés, harkis de Rivesaltes, FNACA (1958).
Années 1990-2000 : le retour du refoulé
- Historiens et cinéastes.Stora (1991), Einaudi (1991), <i>La Guerre sans nom</i> (1992), Branche (2001).
- L'État nomme la guerre.Loi du 18 octobre 1999 ; débat sur la torture (2000-2001).
Depuis 2002 : reconnaissances et concurrences
- Des dates concurrentes.5 décembre (2003), 25 septembre, 19 mars (loi de 2012).
- Des gestes présidentiels, sans repentance.Audin (2018), rapport Stora (2021), harkis (2021-2022).
La commission mixte d'historiens annoncée en 2022 pose la question d'une histoire écrite à deux voix.