Lycée · Terminale · Spécialité HGGSP
Patrimoine, mémoires collectives et identités nationales
Thème 6 — Patrimoine et mémoires : enjeux politiques (Tle spécialité HGGSP)
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Les 36 questions du QCM en version texte
Pour réviser sans écran ou imprimer : chaque question avec ses propositions ; la bonne réponse et son explication se déplient.
Niveau facile — 12 questions
Que désigne le patrimoine au sens du programme ?
- A. Uniquement les châteaux et cathédrales
- B. L'héritage matériel et immatériel qu'une communauté choisit de conserver et de transmettre
- C. Les biens financiers d'un État
- D. Les archives secrètes d'un gouvernement
Réponse
B. L'héritage matériel et immatériel qu'une communauté choisit de conserver et de transmettre — Le patrimoine englobe le matériel (monuments, sites) et l'immatériel (langues, savoir-faire) ; c'est une construction sociale de transmission.
Quelle est l'origine latine du mot « patrimoine » ?
- A. Patria (la patrie)
- B. Patrimonium (l'héritage du père)
- C. Pater (le prêtre)
- D. Patronus (le protecteur)
Réponse
B. Patrimonium (l'héritage du père) — Patrimonium signifie « héritage du père » : ce qui est transmis d'une génération à l'autre.
Quel sociologue a forgé la notion de « mémoire collective » ?
- A. Émile Durkheim
- B. Pierre Bourdieu
- C. Maurice Halbwachs
- D. Marc Bloch
Réponse
C. Maurice Halbwachs — Maurice Halbwachs développe la notion de mémoire collective en 1925 : on se souvient au sein d'un groupe social.
Qui est l'auteur de l'ouvrage collectif « Les Lieux de mémoire » ?
- A. Fernand Braudel
- B. Pierre Nora
- C. Jacques Le Goff
- D. Paul Ricœur
Réponse
B. Pierre Nora — Pierre Nora dirige Les Lieux de mémoire (1984-1992) et théorise l'opposition mémoire/histoire.
En quelle année l'UNESCO adopte-t-elle la Convention sur le patrimoine mondial ?
- A. 1945
- B. 1972
- C. 1989
- D. 2003
Réponse
B. 1972 — La Convention de 1972 crée la notion de patrimoine mondial de l'humanité.
Quel monument parisien honore les « grands hommes » de la Nation ?
- A. L'Arc de triomphe
- B. Le Panthéon
- C. Les Invalides
- D. La Sorbonne
Réponse
B. Le Panthéon — Le Panthéon (« Aux grands hommes la patrie reconnaissante ») accueille les panthéonisations.
Comment appelle-t-on le récit unifié et valorisant du passé national diffusé par l'école sous la IIIe République ?
- A. Le devoir de mémoire
- B. Le roman national
- C. Le patrimoine immatériel
- D. Le résistancialisme
Réponse
B. Le roman national — Le roman national, porté par les manuels (Lavisse), crée un sentiment d'appartenance commune.
Quel personnage du XIXe siècle a inventorié et fait restaurer les monuments historiques français ?
- A. Victor Hugo
- B. Prosper Mérimée
- C. André Malraux
- D. Eugène Delacroix
Réponse
B. Prosper Mérimée — Mérimée, inspecteur des Monuments historiques (1834), lance les grandes restaurations (avec Viollet-le-Duc).
Que désigne le « patrimoine immatériel » reconnu par l'UNESCO en 2003 ?
- A. Les œuvres numériques
- B. Les savoir-faire, fêtes, langues et traditions vivantes
- C. Les bâtiments en ruine
- D. Les fonds d'archives nationaux
Réponse
B. Les savoir-faire, fêtes, langues et traditions vivantes — Le patrimoine immatériel concerne les pratiques vivantes (ex. : repas gastronomique des Français).
Quel ministre crée le ministère des Affaires culturelles en 1959 ?
- A. Jules Ferry
- B. André Malraux
- C. Jack Lang
- D. Georges Pompidou
Réponse
B. André Malraux — André Malraux fonde le ministère en 1959 et fait voter la loi de 1962 sur les secteurs sauvegardés.
Quel terme Pierre Nora oppose-t-il à la « mémoire » ?
- A. Le patrimoine
- B. L'histoire
- C. L'oubli
- D. La tradition
Réponse
B. L'histoire — Nora oppose la mémoire (affective, vivante) à l'histoire (reconstruction critique du passé).
Que commémore la journée nationale du 10 mai en France ?
- A. La fin de la Première Guerre mondiale
- B. L'abolition de l'esclavage et sa mémoire
- C. La libération des camps
- D. La fête de la Nation
Réponse
B. L'abolition de l'esclavage et sa mémoire — Le 10 mai, instauré après la loi Taubira (2001), commémore la mémoire de l'esclavage et de son abolition.
Niveau moyen — 12 questions
Quelle loi de 1990 réprime la contestation des crimes contre l'humanité ?
- A. La loi Taubira
- B. La loi Gayssot
- C. La loi Malraux
- D. La loi Veil
Réponse
B. La loi Gayssot — La loi Gayssot (1990) sanctionne le négationnisme, notamment la négation de la Shoah.
Que reconnaît la loi Taubira de 2001 ?
- A. Le rôle positif de la colonisation
- B. La traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité
- C. Le génocide arménien
- D. La guerre d'Algérie
Réponse
B. La traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité — La loi Taubira (2001) qualifie la traite et l'esclavage de crime contre l'humanité ; le 10 mai devient journée nationale.
Qu'est-ce que le « résistancialisme » selon Henry Rousso ?
- A. La doctrine de la Résistance armée
- B. Le mythe d'une France massivement résistante occultant la collaboration
- C. Le refus de commémorer la guerre
- D. Un courant artistique d'après-guerre
Réponse
B. Le mythe d'une France massivement résistante occultant la collaboration — Le résistancialisme est la mémoire officielle d'après-guerre, minimisant Vichy et la collaboration.
Quel historien américain démontre en 1973 la collaboration d'État du régime de Vichy ?
- A. Tony Judt
- B. Robert Paxton
- C. Howard Zinn
- D. Eric Hobsbawm
Réponse
B. Robert Paxton — Robert Paxton, dans La France de Vichy (1973), brise le mythe résistancialiste.
Quel président reconnaît en 1995 la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs ?
- A. François Mitterrand
- B. Jacques Chirac
- C. Charles de Gaulle
- D. Valéry Giscard d'Estaing
Réponse
B. Jacques Chirac — Le discours du Vél' d'Hiv (16 juillet 1995) de Chirac rompt avec la thèse selon laquelle Vichy n'était pas la France.
Quel film de 1971 contribue à briser le mythe résistancialiste ?
- A. La Bataille du rail
- B. Le Chagrin et la Pitié
- C. Nuit et Brouillard
- D. Hiroshima mon amour
Réponse
B. Le Chagrin et la Pitié — Le Chagrin et la Pitié (Marcel Ophüls, 1971) montre l'ambivalence des Français sous l'Occupation.
En quelle année la France reconnaît-elle officiellement la « guerre » d'Algérie au lieu d'« événements » ?
- A. 1962
- B. 1981
- C. 1999
- D. 2012
Réponse
C. 1999 — La loi de 1999 substitue le terme officiel de « guerre » à celui d'« événements » d'Algérie.
Quelle pétition d'historiens, autour de Pierre Nora, dénonce en 2005 les lois mémorielles ?
- A. « Devoir de mémoire »
- B. « Liberté pour l'histoire »
- C. « Plus jamais ça »
- D. « Touche pas à mon histoire »
Réponse
B. « Liberté pour l'histoire » — « Liberté pour l'histoire » (2005) affirme que l'État n'a pas à fixer la vérité historique par la loi.
Quel procès de 1997-1998 condamne un fonctionnaire de Vichy pour complicité de crimes contre l'humanité ?
- A. Le procès Barbie
- B. Le procès Touvier
- C. Le procès Papon
- D. Le procès Eichmann
Réponse
C. Le procès Papon — Le procès Papon (1997-1998) fait de la justice un lieu de mémoire et reconnaît la responsabilité de l'administration.
Que désigne le « mémoricide » ?
- A. L'oubli volontaire d'un peuple
- B. La destruction volontaire du patrimoine d'un groupe pour effacer son identité
- C. Un crime contre la mémoire judiciaire
- D. La falsification des archives
Réponse
B. La destruction volontaire du patrimoine d'un groupe pour effacer son identité — Détruire le patrimoine de l'autre (Bâmiyân, Palmyre, Mostar) vise à nier son existence et son identité.
Quel rapport de 2018 a relancé le débat sur la restitution des œuvres d'art africaines ?
- A. Le rapport Stora
- B. Le rapport Sarr-Savoy
- C. Le rapport Veil
- D. Le rapport Rousso
Réponse
B. Le rapport Sarr-Savoy — Le rapport Sarr-Savoy (2018) propose la restitution du patrimoine africain pillé pendant la colonisation.
Quelle loi de 1962, due à André Malraux, protège les centres-villes anciens ?
- A. La loi sur les Monuments historiques
- B. La loi Malraux sur les secteurs sauvegardés
- C. La loi Grégoire
- D. La loi Mérimée
Réponse
B. La loi Malraux sur les secteurs sauvegardés — La loi Malraux (1962) crée les secteurs sauvegardés pour protéger les ensembles urbains historiques.
Niveau difficile — 12 questions
Pourquoi peut-on dire que le patrimoine n'est jamais neutre politiquement ?
- A. Parce qu'il coûte cher à l'État
- B. Parce que le choix de ce que l'on conserve exprime des valeurs et construit un récit identitaire
- C. Parce qu'il appartient toujours à l'Église
- D. Parce qu'il est protégé par l'armée
Réponse
B. Parce que le choix de ce que l'on conserve exprime des valeurs et construit un récit identitaire — Patrimonialiser, c'est sélectionner et donc écrire une mémoire collective : un acte de pouvoir qui fabrique l'identité.
Selon Pierre Nora, pourquoi les sociétés modernes multiplient-elles les lieux de mémoire ?
- A. Parce qu'elles oublient plus vite
- B. Parce que la mémoire spontanée disparaît, on éprouve le besoin de la fixer
- C. Parce que l'État l'impose par la loi
- D. Parce que le tourisme l'exige
Réponse
B. Parce que la mémoire spontanée disparaît, on éprouve le besoin de la fixer — Faute de mémoire vécue (fin des sociétés traditionnelles), on fixe le souvenir dans des lieux : c'est l'« ère de la commémoration ».
En quoi le mythe résistancialiste illustre-t-il la distinction mémoire/histoire ?
- A. Il prouve que la mémoire est toujours plus fiable
- B. C'est une mémoire affective et unificatrice que l'histoire critique a ensuite démentie
- C. Il montre que l'histoire est inutile
- D. Il confond les deux notions
Réponse
B. C'est une mémoire affective et unificatrice que l'histoire critique a ensuite démentie — La mémoire (de Gaulle, PCF) valorisait le présent national ; l'histoire (Paxton, Rousso) a rétabli la réalité de la collaboration.
Quelle tension oppose le « devoir de mémoire » et le travail de l'historien ?
- A. Aucune, ils visent le même but
- B. Le devoir de mémoire sacralise et peut figer le passé ; l'histoire le soumet à la critique
- C. L'historien refuse toute commémoration
- D. Le devoir de mémoire est interdit par la loi
Réponse
B. Le devoir de mémoire sacralise et peut figer le passé ; l'histoire le soumet à la critique — L'excès de devoir de mémoire peut sacraliser le passé et nourrir une concurrence victimaire, là où l'histoire prosaïse et analyse.
Pourquoi la pétition « Liberté pour l'histoire » (2005) critique-t-elle les lois mémorielles ?
- A. Elles coûtent trop cher
- B. L'État n'aurait pas à fixer la vérité historique par la loi, ce qui menace la liberté de recherche
- C. Elles ne concernent que l'esclavage
- D. Elles favorisent le négationnisme
Réponse
B. L'État n'aurait pas à fixer la vérité historique par la loi, ce qui menace la liberté de recherche — Pour Nora et les signataires, qualifier le passé par la loi entrave la recherche et instaure une concurrence des mémoires.
En quoi l'abrogation de l'article 4 de la loi de 2005 est-elle révélatrice ?
- A. L'État renonce à toute politique mémorielle
- B. Imposer par la loi un « rôle positif » de la colonisation a soulevé une polémique sur l'instrumentalisation de l'histoire
- C. La colonisation n'est plus enseignée
- D. L'article visait l'esclavage
Réponse
B. Imposer par la loi un « rôle positif » de la colonisation a soulevé une polémique sur l'instrumentalisation de l'histoire — Demander d'enseigner le « rôle positif » de la colonisation a été perçu comme une instrumentalisation politique du passé, d'où l'abrogation.
Pourquoi les destructions de Palmyre (2015) ou de Bâmiyân (2001) sont-elles qualifiées de « mémoricide » ?
- A. Parce qu'elles tuent des civils
- B. Parce qu'effacer le patrimoine d'un peuple revient à nier sa mémoire et son identité
- C. Parce qu'elles privent l'État de revenus touristiques
- D. Parce qu'elles violent le droit de propriété privée
Réponse
B. Parce qu'effacer le patrimoine d'un peuple revient à nier sa mémoire et son identité — Détruire les traces matérielles d'une culture vise à effacer l'existence symbolique et identitaire du groupe visé.
En quoi le débat sur les restitutions (rapport Sarr-Savoy, 2018) est-il un enjeu mémoriel ?
- A. Il porte uniquement sur la valeur marchande des œuvres
- B. Restituer les œuvres pillées sous la colonisation est revendiqué comme une réparation et une reconnaissance
- C. Il concerne seulement les musées privés
- D. Il vise à enrichir le Louvre
Réponse
B. Restituer les œuvres pillées sous la colonisation est revendiqué comme une réparation et une reconnaissance — Le retour des œuvres (ex. : restitutions au Bénin en 2021) pose la question de la propriété du patrimoine et de la réparation post-coloniale.
Comment le patrimoine peut-il devenir un instrument de « soft power » ?
- A. En servant de monnaie d'échange diplomatique
- B. En renforçant le rayonnement, l'attractivité touristique et l'influence culturelle d'un État
- C. En finançant l'armée
- D. En remplaçant les ambassades
Réponse
B. En renforçant le rayonnement, l'attractivité touristique et l'influence culturelle d'un État — La France, 1er pays touristique au monde, valorise son patrimoine comme atout de puissance douce et d'influence.
Pourquoi peut-on dire que le procès Papon a fait de la justice un « lieu de mémoire » ?
- A. Parce qu'il s'est tenu au Panthéon
- B. Parce que par un jugement, l'État a publiquement reconnu et nommé sa responsabilité passée
- C. Parce qu'il a été filmé pour les archives
- D. Parce qu'il a duré plusieurs années
Réponse
B. Parce que par un jugement, l'État a publiquement reconnu et nommé sa responsabilité passée — En condamnant un fonctionnaire de Vichy pour complicité de crimes contre l'humanité, la justice fixe et transmet une mémoire officielle.
En quoi la reconnaissance tardive de la « guerre » d'Algérie (1999) illustre-t-elle les mémoires concurrentes ?
- A. Tous les groupes en avaient la même lecture
- B. Appelés, harkis, pieds-noirs et immigrés en portaient des mémoires rivales, longtemps non arbitrées par l'État
- C. La guerre n'a jamais eu lieu
- D. Seul le FLN avait une mémoire de ce conflit
Réponse
B. Appelés, harkis, pieds-noirs et immigrés en portaient des mémoires rivales, longtemps non arbitrées par l'État — Le déni du mot « guerre » jusqu'en 1999 traduit la difficulté de l'État à arbitrer entre des mémoires multiples et douloureuses.
Quel est le risque, selon certains historiens, d'une « concurrence victimaire » des mémoires ?
- A. Renforcer la cohésion nationale
- B. Hiérarchiser les souffrances et opposer les groupes au lieu de construire une histoire commune
- C. Supprimer toute commémoration
- D. Privatiser le patrimoine
Réponse
B. Hiérarchiser les souffrances et opposer les groupes au lieu de construire une histoire commune — La compétition pour la reconnaissance peut fragmenter la société en mémoires rivales plutôt que de fonder un récit partagé.
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