06 29 33 79 32 Je réserve ici
Spécialité HGGSP Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité HGGSP

Thème 3 — Axe 1 : histoire et mémoires des conflits

Distinction histoire et mémoire, débat sur les causes de la Première Guerre mondiale, mémoires de la guerre d'Algérie (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en terminale sur « Thème 3 — Axe 1 : histoire et mémoires des conflits » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Histoire et mémoire : deux rapports au passé, Quand l'État légifère sur le passé : les lois mémorielles, Juillet 1914 : une crise locale devenue guerre européenne, La « question des responsabilités » (1914-1939) : un débat politique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité HGGSP.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — L'article 231 : la responsabilité de la guerre inscrite dans la paix

Facile

Extrait de traité (document d'époque) · Traité de paix entre les Puissances alliées et associées et l'Allemagne, signé à Versailles le 28 juin 1919 : partie VII « Sanctions » (article 227) et partie VIII « Réparations » (article 231).

Le traité est rédigé par les vainqueurs réunis à la conférence de la Paix (janvier-juin 1919), sans négociation avec l'Allemagne, qui le signe sous la menace d'une reprise des combats. Il s'adresse aux gouvernements, mais aussi à des opinions publiques alliées qui attendent des réparations.

Article 227. Les Puissances alliées et associées mettent en accusation publique Guillaume II de Hohenzollern, ex-empereur d'Allemagne, pour offense suprême contre la morale internationale et l'autorité sacrée des traités.

Un tribunal spécial sera constitué pour juger l'accusé en lui assurant les garanties essentielles du droit de défense. Il sera composé de cinq juges, nommés par chacune des cinq Puissances suivantes, savoir : les États-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon. […]

Article 231. Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l'Allemagne reconnaît que l'Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés.

En analysant le document, en le confrontant à vos connaissances, vous montrerez comment le traité de Versailles fait de la question des causes de la guerre un enjeu politique durable.

  1. Présentez le document : sa nature, ses auteurs, son contexte.
  2. Relevez les termes par lesquels l'article 231 désigne l'origine de la guerre et expliquez leur portée.
  3. Quelle est la fonction de l'article 227 ? A-t-il été appliqué ?
  4. Montrez que ce texte ouvre un débat politique et historique, et précisez ses limites comme source sur les causes de la guerre.
Voir la réponse rédigée

1. Le document réunit deux articles du traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces entre les Alliés et l'Allemagne. C'est un texte juridique, rédigé par les vainqueurs à la conférence de la Paix et imposé à l'Allemagne sans négociation : il traduit un rapport de forces autant qu'un jugement. La date n'est pas neutre : elle est l'anniversaire, jour pour jour, de l'attentat de Sarajevo.

2. L'article 231 affirme que l'Allemagne et ses alliés sont « responsables, pour les avoir causés » des dommages de la guerre, et qualifie celle-ci d'« agression ». Le vocabulaire est moral et juridique : il ne décrit pas un enchaînement de causes, il désigne un coupable. Le verbe « reconnaît » est capital : l'Allemagne est contrainte d'avouer sa faute. Placé en tête de la partie « Réparations », l'article fonde les sommes exigées, fixées en 1921 à 132 milliards de marks-or.

3. L'article 227 prévoit de juger Guillaume II devant un tribunal spécial de cinq juges pour « offense suprême contre la morale internationale et l'autorité sacrée des traités » ; l'expression vise notamment la violation de la neutralité belge. C'est la première tentative de faire juger un chef d'État pour une guerre. Elle échoue : réfugié aux Pays-Bas depuis novembre 1918, l'ex-empereur n'est pas livré, le gouvernement néerlandais refusant son extradition en 1920.

4. En Allemagne, toutes les forces politiques dénoncent un « Diktat » et le « mensonge de la culpabilité ». La République de Weimar crée dès 1919 un service chargé de réfuter l'article 231 et publie ses archives diplomatiques de 1922 à 1927 ; Londres et Paris répondent par leurs propres collections, et des historiens comme Sidney Fay (1928) répartissent les responsabilités. Le texte a donc ouvert un débat qu'il prétendait clore, et les nazis en feront un argument central contre le traité. Pour l'historien, c'est une source sur la manière dont les vainqueurs voyaient la guerre en 1919, non une preuve de ses causes : un traité fixe une responsabilité juridique, pas une vérité historique.

Ce que cette analyse apprend — Distinguer ce que dit un texte juridique (une responsabilité fixée par des vainqueurs) de ce que l'historien peut en conclure (l'état d'un rapport de forces en 1919).

Document 2 — La « guerre des documents » : les États publient leurs archives

Moyen

Tableau statistique (publications officielles de documents diplomatiques) · Tableau construit d'après les collections elles-mêmes : Die Große Politik der europäischen Kabinette 1871-1914, Berlin, 1922-1927 ; British Documents on the Origins of the War 1898-1914, Londres, 1926-1938 ; Documents diplomatiques français (1871-1914), Paris, 1929-1959.

Après l'article 231 (1919), la question des responsabilités de 1914 oppose les anciens belligérants. Chaque État décide de publier ses archives diplomatiques, sélectionnées et éditées par des commissions officielles, pour peser sur l'opinion et sur les historiens.

PublicationÉtat éditeurAnnées de parutionPériode couverteVolumesDélai après le traité de Versailles
Livres de couleur (Livre blanc allemand, Livre orange russe, Livre bleu britannique, Livre jaune français)Chaque belligérant1914Surtout la crise de juillet 19141 recueil par ÉtatAvant le traité
Die Große Politik der europäischen KabinetteAllemagne (République de Weimar)1922-19271871-1914403 ans
British Documents on the Origins of the WarRoyaume-Uni1926-19381898-1914117 ans
Documents diplomatiques françaisFrance1929-19591871-19144110 ans

En analysant le document, en le confrontant à vos connaissances, vous montrerez que l'écriture de l'histoire des causes de la Première Guerre mondiale a été, dans l'entre-deux-guerres, un enjeu politique entre États.

  1. Présentez le document. Calculez, pour chaque grande collection, la durée de publication et le rythme moyen de parution (volumes par an).
  2. Pourquoi l'Allemagne publie-t-elle la première et le plus vite ?
  3. En quoi ces publications sont-elles à la fois un progrès pour l'histoire et un instrument politique ?
  4. Quelles sont les limites de ce type de source pour écrire l'histoire des causes de la guerre ?
Voir la réponse rédigée

1. Le tableau recense les grandes publications officielles de documents diplomatiques consacrées aux origines de la guerre de 1914, des livres de couleur de 1914 aux collections publiées entre 1922 et 1959. La collection allemande paraît en 5 ans (1922-1927), soit 40 ÷ 5 = 8 volumes par an ; la britannique en 12 ans (1926-1938), soit 11 ÷ 12 ≈ 0,9 volume par an ; la française en 30 ans (1929-1959), soit 41 ÷ 30 ≈ 1,4 volume par an. L'Allemagne publie donc environ neuf fois plus vite que le Royaume-Uni.

2. L'Allemagne est la seule accusée par l'article 231 : elle a intérêt à prouver au plus vite que d'autres États ont leur part de responsabilité. La République de Weimar crée en 1919 un service spécialisé au ministère des Affaires étrangères, le Kriegsschuldreferat, qui finance ce travail ; la collection couvre toute la période 1871-1914 pour replacer juillet 1914 dans une longue histoire de rivalités, dont la France et la Russie ne sortent pas indemnes. Publier vite, c'est aussi occuper le terrain avant les vainqueurs, qui ne répondent qu'avec 7 et 10 ans de retard.

3. C'est un progrès : des milliers de dépêches, jusque-là secrètes, deviennent accessibles aux historiens, et les travaux de Renouvin (1925), Fay (1928) ou Isaac (1933) s'appuient sur elles. Mais ce sont aussi des armes : les livres de couleur de 1914 étaient déjà des recueils de propagande, et les collections d'après-guerre sont conçues par des commissions officielles pour défendre la thèse de leur État. L'histoire des causes devient une « guerre des documents » qui prolonge la guerre elle-même.

4. Ces documents sont choisis par les États : on peut omettre une pièce gênante, et la France publie encore en 1959. Ils ne montrent que la diplomatie officielle, pas les décisions militaires, l'opinion ou l'économie. Fritz Fischer, en 1961, renouvellera le débat en exploitant des archives non publiées, notamment le programme du 9 septembre 1914 : une édition officielle ne dispense jamais de retourner aux archives originales.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau en calculant (durées, rythmes) puis faire dire aux chiffres une intention politique, sans oublier de critiquer la sélection des sources.

Document 3 — Le 17 octobre 1961 : de l'occultation à la reconnaissance

Moyen

Inscription commémorative et communiqués officiels (deux documents) · Document 1 : plaque commémorative du pont Saint-Michel (Paris), inaugurée par le maire de Paris Bertrand Delanoë le 17 octobre 2001. Document 2 : communiqués de la présidence de la République du 17 octobre 2012 (François Hollande) et du 16 octobre 2021 (Emmanuel Macron).

En 1961, la version officielle ne reconnaît que quelques morts, et les amnisties empêchent tout procès ; le livre de Jean-Luc Einaudi (1991) et le procès Papon (1997-1998), où le 17 octobre est évoqué, relancent la question. Ces textes s'adressent aux Parisiens, aux Français, aux descendants d'Algériens et, indirectement, à l'Algérie.

Document 1. La plaque du pont Saint-Michel (2001). Apposée sur le pont Saint-Michel, au cœur de Paris, au-dessus de la Seine où des corps de manifestants furent retrouvés en octobre 1961, une plaque porte l'inscription : « À la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 ». Elle est inaugurée par la municipalité parisienne quarante ans jour pour jour après les faits. Elle ne nomme ni les responsables ni le nombre des victimes.

Document 2. Deux communiqués présidentiels. Le 17 octobre 2012, François Hollande publie un communiqué de trois phrases : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. » Il ajoute : « La République reconnaît avec lucidité ces faits », et rend hommage aux victimes cinquante et un ans après. Le 16 octobre 2021, Emmanuel Macron, présent à une cérémonie près du pont de Bezons, va plus loin : il nomme le préfet de police Maurice Papon et qualifie les crimes commis cette nuit-là sous son autorité d'« inexcusables pour la République ». Aucun de ces textes ne donne de bilan chiffré.

En analysant les documents, en les confrontant à vos connaissances, vous montrerez comment la mémoire du 17 octobre 1961 est passée de l'occultation à une reconnaissance officielle, et quelles sont les limites de cette reconnaissance.

  1. Présentez les documents en précisant qui s'exprime, quand et à quelle échelle.
  2. Qu'est-ce que la répression du 17 octobre 1961 ? Pourquoi a-t-elle été longtemps occultée ?
  3. Comparez les mots employés en 2001, 2012 et 2021 : que montre leur évolution ?
  4. Quelles sont les limites de ces reconnaissances ?
Voir la réponse rédigée

1. Le corpus réunit une plaque commémorative inaugurée en 2001 par la mairie de Paris et deux communiqués de la présidence de la République (2012 et 2021). La reconnaissance progresse donc d'une échelle municipale, sur le lieu même du drame, à l'échelle nationale, où parle le chef de l'État. Les dates sont des anniversaires (40e, 51e, 60e) : ce sont des textes de commémoration.

2. Le 17 octobre 1961, la fédération de France du FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement contre le couvre-feu qui leur est imposé depuis le 5 octobre. La police du préfet Maurice Papon réprime la manifestation : des milliers d'arrestations, des violences, des corps jetés dans la Seine. Le nombre des morts reste discuté : au moins plusieurs dizaines, plus d'une centaine selon plusieurs historiens. L'occultation s'explique par la version officielle, qui minimise le bilan, par les amnisties de 1962, par la censure et par le fait que la mémoire de gauche retient surtout Charonne (8 février 1962). Ce sont les enfants de l'immigration algérienne, des militants et des historiens comme Jean-Luc Einaudi (1991) qui font ressurgir l'événement.

3. En 2001, la plaque parle de « nombreux Algériens tués » et de « sanglante répression » d'une manifestation « pacifique », mais sans nommer d'auteur. En 2012, la République « reconnaît avec lucidité ces faits » : l'État admet la réalité de la répression, toujours sans désigner de responsable. En 2021, le mot « crimes » apparaît, Papon est nommé et ces crimes sont jugés « inexcusables pour la République ». Le vocabulaire passe du constat à la qualification et à la désignation d'un responsable : la reconnaissance se fait par étapes.

4. Aucun texte ne donne de bilan, ce qui montre que le travail des historiens reste nécessaire. En 2021, la responsabilité est attribuée à Papon, non au gouvernement de l'époque ni au général de Gaulle, ce que des associations et des historiens ont critiqué. Il s'agit de reconnaissances, non d'excuses officielles, et le 17 octobre n'est pas une journée nationale. Enfin, ces gestes s'inscrivent dans une diplomatie mémorielle avec l'Algérie, qui les juge insuffisants : la mémoire reste un enjeu politique.

Ce que cette analyse apprend — Comparer des mots d'une date à l'autre pour mesurer une évolution de la mémoire officielle, puis confronter chaque texte à ce qu'il ne dit pas.

Document 4 — Histoire, mémoire et loi : la position des historiens

Difficile

Textes d'historiens : essai (1984) et appel publié dans la presse (2005) · Document 1 : Pierre Nora, « Entre mémoire et histoire », introduction aux Lieux de mémoire, t. I, La République, Paris, Gallimard, 1984. Document 2 : appel « Liberté pour l'histoire », signé par dix-neuf historiens, publié dans Libération le 13 décembre 2005.

Nora écrit en 1984, au moment où la France multiplie les commémorations et les musées. L'appel de 2005 intervient en pleine polémique sur le « rôle positif » de la colonisation et sur les poursuites visant l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau ; il s'adresse aux parlementaires et à l'opinion.

Document 1. En tête du premier volume des Lieux de mémoire, Pierre Nora constate : « On ne parle tant de mémoire que parce qu'il n'y en a plus. » Il oppose ensuite les deux notions : « La mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel ; l'histoire, une représentation du passé. » La mémoire, explique-t-il, est portée par des groupes vivants ; elle est affective, se nourrit de souvenirs flous ou symboliques, et il y a autant de mémoires que de groupes. L'histoire, opération intellectuelle, appelle l'analyse et le discours critique ; elle appartient à tous et vise l'universel. C'est parce que les mémoires vécues s'effacent que naissent des « lieux » où elles se cristallisent.

Document 2. Le 12 décembre 2005, alors que l'article 4 de la loi du 23 février 2005 est contesté, dix-neuf historiens, parmi lesquels Jean-Pierre Azéma, Marc Ferro, Pierre Nora, Mona Ozouf, Antoine Prost, René Rémond, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock, signent un appel en cinq propositions, dont : « L'histoire n'est pas une religion », « L'histoire n'est pas la mémoire » et « L'histoire n'est pas un objet juridique ». Ils rappellent que l'historien n'accepte ni dogme ni interdit, qu'il a pour rôle de comprendre plutôt que de juger, et que, dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni à la justice de définir la vérité historique. Ils demandent l'abrogation des articles de plusieurs lois (1990, 2001, 2005) qui, selon eux, restreignent la liberté de l'historien.

En analysant les documents, en les confrontant à vos connaissances, vous montrerez ce qui distingue l'histoire de la mémoire et pourquoi cette distinction devient un enjeu politique en France au début des années 2000.

  1. Présentez les documents et leurs auteurs.
  2. À partir du document 1, dégagez trois différences entre histoire et mémoire.
  3. Pourquoi les historiens du document 2 s'opposent-ils aux lois mémorielles ? Quelles lois sont visées ?
  4. Confrontez ces positions à d'autres points de vue : que peut-on leur objecter ?
Voir la réponse rédigée

1. Le document 1 est un extrait de l'introduction des Lieux de mémoire (1984), vaste entreprise collective dirigée par Pierre Nora, historien et éditeur chez Gallimard ; c'est un texte théorique. Le document 2 est une tribune collective de 2005 : dix-neuf historiens reconnus, de sensibilités diverses, interviennent dans le débat public. Nora figure dans les deux documents : le théoricien de la distinction entre histoire et mémoire en tire, vingt ans plus tard, une position politique.

2. Première différence, le rapport au temps : la mémoire est « un lien vécu au présent éternel », l'histoire « une représentation du passé », qui marque la distance. Deuxième différence, les acteurs : la mémoire est portée par des groupes vivants et se dit au pluriel, l'histoire appartient à tous et vise l'universel. Troisième différence, la démarche : la mémoire est affective et sélective, l'histoire est une « opération intellectuelle » qui exige la critique. La formule « On ne parle tant de mémoire que parce qu'il n'y en a plus » montre enfin que l'inflation mémorielle naît de la disparition des mémoires vécues.

3. Les signataires jugent que le législateur n'a pas à dire l'histoire : « L'histoire n'est pas un objet juridique ». Une loi fige une vérité officielle, alors que l'histoire se révise ; elle expose les chercheurs à des poursuites, comme Olivier Pétré-Grenouilleau en 2005. Sont visées la loi Gayssot (13 juillet 1990), la loi reconnaissant le génocide arménien (29 janvier 2001), la loi Taubira (21 mai 2001) et la loi du 23 février 2005, dont l'article 4 imposait d'enseigner le « rôle positif » de la présence française outre-mer.

4. D'autres voix contestent cette position. Une contre-pétition, signée notamment par Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann, défend la loi Gayssot comme une protection contre le négationnisme. Des associations de descendants de victimes rappellent que ces lois répondent à une demande de reconnaissance que l'histoire savante ne suffit pas à satisfaire. Enfin, les historiens du Comité de vigilance (2005) distinguent les lois : ils combattent l'article 4, qui prescrit un contenu d'enseignement, sans mettre toutes les lois sur le même plan. Le débat débouche sur l'abrogation de l'alinéa contesté (2006) et sur la mission Accoyer (2008), qui déconseille de nouvelles lois mémorielles : la distinction entre histoire et mémoire est devenue une question de politique publique.

Ce que cette analyse apprend — Faire la critique d'un texte engagé : présenter la thèse, la relier à son contexte, puis la confronter aux positions opposées sans trancher à la place du lecteur.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs