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Spécialité HGGSP Terminale

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Thème 5 — Axe 2 : le changement climatique, approches historique et géopolitique

Climat en Europe du Moyen Âge au XIXe siècle, Sommets de la Terre et COP, les États-Unis et l'environnement (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en terminale sur « Thème 5 — Axe 2 : le changement climatique, approches historique et géopolitique » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le climat a une histoire : sources et fluctuations, du Moyen Âge au XIXe siècle, Subir, interpréter, s'adapter : les sociétés européennes face aux crises climatiques, Du savoir à l'alerte : la science du climat (1824-1988), Des Sommets de la Terre à Kyoto : naissance d'une gouvernance mondiale du climat (1972-2005). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2023 · Centres étrangers — Comment les sociétés se sont-elles adaptées au changement climatique depuis le Moyen Âge ? voir le sujet complet →
  • 2026 · Polynésie française — La question environnementale aux États-Unis depuis le XIXe siècle. voir le sujet complet →
  • 2025 · Asie — Les réponses au changement climatique à différentes échelles. voir le sujet complet →
  • 2023 · Centres étrangers — Le changement climatique : d'une urgence globale aux réponses locales. voir le sujet complet →
  • 2024 · Asie — Les sociétés face au changement climatique depuis le XIXe siècle. voir le sujet complet →
  • 2022 · Nouvelle-Calédonie — Les États-Unis, protecteurs de l'environnement ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Amérique du Nord — La question environnementale aux États-Unis, un objet de tensions entre différents acteurs ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Polynésie française — Les politiques étatsuniennes à différentes échelles, depuis le XIXe siècle, reflètent-elles les grands enjeux environnementaux ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Comment les sociétés se sont-elles adaptées au changement climatique depuis le Moyen Âge ?

Analyse des termes — « Sociétés » désigne les communautés humaines, surtout européennes jusqu'au XIXe siècle, puis mondiales ; « s'adapter », c'est ajuster pratiques, techniques et institutions aux effets du climat, ce qui se distingue de l'atténuation, qui vise ses causes. Les bornes vont de l'optimum médiéval (vers 900-1250) à aujourd'hui, et le « changement climatique » change de nature : fluctuations naturelles jusqu'au XIXe siècle, réchauffement d'origine humaine ensuite.

Problématique — Comment les sociétés sont-elles passées d'une adaptation empirique à des fluctuations naturelles qu'elles subissaient à une adaptation pensée, planifiée et négociée face à un réchauffement dont elles sont désormais la cause ?

Introduction rédigéeLe 6 janvier 1709, une vague de froid s'abat sur la France : les blés gèlent en terre, et la crise qui suit fait environ 600 000 morts supplémentaires. En août 2003, une canicule tue près de 15 000 personnes dans le même pays, et l'État crée dès l'année suivante un plan canicule. Entre ces deux dates, la manière dont les sociétés affrontent le climat a profondément changé. Le changement climatique désigne une modification durable des caractéristiques moyennes du climat : jusqu'au XIXe siècle, il s'agit de fluctuations naturelles, comme l'optimum médiéval (vers 900-1250) puis le Petit Âge glaciaire (vers 1300-1860) ; depuis l'industrialisation, d'un réchauffement provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre. S'adapter, c'est ajuster ses pratiques, ses techniques et ses institutions pour en limiter les effets, ce qui se distingue de l'atténuation, qui vise les causes. Comment les sociétés sont-elles passées d'une adaptation empirique à des fluctuations naturelles qu'elles subissaient à une adaptation pensée, planifiée et négociée face à un réchauffement dont elles sont désormais la cause ? Nous verrons d'abord que, du Moyen Âge au XIXe siècle, les sociétés européennes s'adaptent empiriquement à des crises qu'elles subissent ; puis que la modernité du XIXe et du XXe siècle réduit leur vulnérabilité et fait du climat un objet de science ; enfin que, depuis 1988, l'adaptation est devenue un enjeu politique, inégal et négocié à toutes les échelles.

I. Du Moyen Âge au XIXe siècle : s'adapter empiriquement à des fluctuations subies

  • Les sociétés profitent d'un climat favorable puis subissent ses retournements.Installation scandinave au Groenland vers 985 pendant l'optimum médiéval ; colonies disparues au XVe siècle (dernière mention écrite en 1408).
  • Le Petit Âge glaciaire multiplie les crises de subsistance, qui révèlent la vulnérabilité des sociétés.Grande Famine de 1315-1317 ; famine de 1693-1694 (environ 1,3 million de morts en France) ; Grand Hiver de 1709 en pleine guerre de Succession d'Espagne.
  • Les réponses sont religieuses, politiques et agricoles.Rogations et bénédiction des glaciers de Chamonix (1644) ; greniers et police des grains ; diffusion du sarrasin, du maïs, puis de la pomme de terre promue par Parmentier dans les années 1770.

II. Du XIXe au milieu du XXe siècle : la modernité réduit la vulnérabilité et fait du climat un objet de science

  • Le marché, les transports et la hausse des rendements mettent fin aux famines climatiques en Europe occidentale.Année sans été de 1816 après l'éruption du Tambora ; dernière grande crise de subsistance en France en 1846-1847.
  • La météorologie devient un savoir d'État pour prévoir et protéger.Réseau télégraphique d'Urbain Le Verrier après la tempête du 14 novembre 1854 ; Organisation météorologique internationale en 1873.
  • La science découvre que l'homme peut modifier le climat.Effet de serre décrit par Fourier (1824), calcul d'Arrhenius (1896), mesures de Keeling à Mauna Loa (1958).

III. Depuis 1988 : une adaptation devenue politique, inégale et multiscalaire

  • L'adaptation entre dans le droit international, à côté de l'atténuation.CCNUCC (1992) ; article 7 de l'accord de Paris (2015) fixant un objectif mondial d'adaptation ; fonds pour les pertes et préjudices (COP27, 2022).
  • Les États planifient leur adaptation.Plan Delta néerlandais après l'inondation de 1953 (plus de 1 800 morts) ; plan canicule français après l'été 2003 ; troisième plan national d'adaptation (2025), fondé sur un réchauffement de 4 °C en France en 2100.
  • L'adaptation reste inégale et atteint ses limites.Traité Falepili entre l'Australie et Tuvalu (2023), qui ouvre un visa climatique aux habitants d'un archipel menacé par la montée des eaux.
Conclusion rédigéeDu Groenland médiéval aux plans nationaux d'adaptation, les sociétés n'ont jamais cessé de s'adapter au climat. Jusqu'au XIXe siècle, elles le font de façon empirique, en priant, en stockant et en diversifiant leurs cultures, face à des fluctuations naturelles dont les crises de 1315, 1693 ou 1709 révèlent surtout leur propre vulnérabilité. Le marché, les transports et la science, du réseau de Le Verrier à la courbe de Keeling, réduisent ensuite cette vulnérabilité en Europe, tout en révélant que l'homme est devenu un acteur du climat. Depuis 1988, l'adaptation est devenue une politique planifiée et négociée, de l'accord de Paris au plan Delta, mais elle reste inégale entre le Nord et le Sud et ne peut suffire sans atténuation. Pour certains États insulaires comme Tuvalu, la question se pose désormais en termes de survie : que devient une société lorsque s'adapter signifie quitter son territoire ?

Le piège — Ne traiter que le réchauffement actuel en oubliant le Moyen Âge, ou juxtaposer une partie historique et une partie contemporaine sans montrer ce qui change : le passage de fluctuations naturelles subies à un réchauffement anthropique qu'il faut à la fois atténuer et affronter. Autre faute fréquente : confondre adaptation et atténuation.

Sujet 2 — La question environnementale aux États-Unis depuis le XIXe siècle.

Analyse des termes — La « question environnementale » englobe les usages des ressources, la protection de la nature, la lutte contre les pollutions et, depuis la fin du XXe siècle, le climat ; aux États-Unis, elle met aux prises l'État fédéral, les États fédérés, les entreprises, les associations, les peuples autochtones et les juges. Les bornes partent de la conquête de l'Ouest et des premières protections (1864-1872) pour aller jusqu'aux retraits de l'accord de Paris (2017, 2025).

Problématique — Comment les États-Unis, pionniers de la protection de la nature puis de la régulation environnementale, sont-ils devenus un espace de tensions et de contrastes où l'environnement, et surtout le climat, divise les acteurs et les échelles de décision ?

Introduction rédigéeLe 1er mars 1872, le président Ulysses S. Grant signe la loi qui fait de Yellowstone le premier parc national du monde. Le 20 janvier 2025, jour de son investiture, Donald Trump signe le décret qui retire pour la seconde fois son pays de l'accord de Paris sur le climat. Ces deux dates résument le paradoxe américain. La question environnementale désigne l'ensemble des débats et des politiques portant sur l'usage des ressources, la protection de la nature, la lutte contre les pollutions et, depuis la fin du XXe siècle, le changement climatique. Aux États-Unis, elle met aux prises un État fédéral, cinquante États fédérés, des entreprises parmi les plus puissantes du monde, des associations, des peuples autochtones et des juges. Depuis la conquête de l'Ouest jusqu'à aujourd'hui, comment les États-Unis, pionniers de la protection de la nature puis de la régulation environnementale, sont-ils devenus un espace de tensions et de contrastes où l'environnement, et surtout le climat, divise les acteurs et les échelles de décision ? Nous verrons d'abord qu'au XIXe siècle et au début du XXe siècle, le pays exploite une nature jugée inépuisable tout en inventant sa protection ; puis que, des années 1930 à 1980, l'État fédéral devient le grand régulateur de l'environnement ; enfin que, depuis les années 1980, la question environnementale se polarise, le climat opposant les partis, les échelles de gouvernement et les acteurs.

I. Du XIXe siècle aux années 1920 : exploiter la frontière et inventer la protection

  • La conquête de l'Ouest repose sur une nature jugée inépuisable.Ruée vers l'or en Californie (1848-1849) ; bison réduit de plusieurs dizaines de millions de têtes à moins d'un millier vers 1890.
  • L'État fédéral invente le parc national.Loi de Yellowstone du 1er mars 1872 ; National Park Service en 1916 ; exclusion des Amérindiens des espaces protégés.
  • Préservation et conservation s'affrontent.John Muir fonde le Sierra Club (1892) ; Gifford Pinchot dirige le Service des forêts (1905) ; barrage de Hetch Hetchy autorisé en 1913.

II. Des années 1930 à 1980 : l'État fédéral, grand régulateur de l'environnement

  • Une crise écologique suscite une réponse fédérale.Dust Bowl des années 1930 ; Civilian Conservation Corps (1933) et Soil Conservation Service (1935) du New Deal.
  • L'opinion se mobilise contre les pollutions.Silent Spring de Rachel Carson (1962) ; incendie de la Cuyahoga (juin 1969) ; premier Jour de la Terre le 22 avril 1970, avec environ 20 millions de participants.
  • Un consensus bipartisan produit de grandes lois.Sous le républicain Nixon : National Environmental Policy Act et création de l'EPA (1970), Clean Air Act (1970), Endangered Species Act (1973) ; loi Superfund (1980).

III. Depuis les années 1980 : un environnement polarisé, un climat qui divise

  • Déréglementation et luttes pour la justice environnementale.Politique de Ronald Reagan (1981-1989) ; manifestations du comté de Warren (1982) ; mobilisation de Standing Rock contre le Dakota Access Pipeline (2016).
  • La politique climatique fédérale oscille au gré des alternances.Résolution Byrd-Hagel (95 voix contre 0, 1997) et Kyoto jamais ratifié ; accord de Paris accepté en 2016, dénoncé (2017-2020), rejoint (2021), de nouveau dénoncé en 2025 ; Inflation Reduction Act (2022).
  • États fédérés, villes et juges jouent le rôle de contre-pouvoirs.Loi climat californienne AB 32 (2006) ; US Climate Alliance (2017) ; arrêt Massachusetts c. EPA (2007).
Conclusion rédigéeDepuis le XIXe siècle, la question environnementale accompagne toute l'histoire des États-Unis. Le pays qui exploite sans limite la frontière invente aussi, avec Yellowstone en 1872, la protection de la nature, déjà partagée entre la préservation de Muir et la conservation de Pinchot. Du Dust Bowl aux grandes lois des années 1970, l'État fédéral devient ensuite un régulateur puissant, dans un large consensus. Depuis les années 1980, ce consensus s'est défait : le climat divise républicains et démocrates, oppose Washington aux États fédérés et aux villes, et fait des États-Unis un partenaire imprévisible de la diplomatie climatique, qui entre dans l'accord de Paris et en sort au gré des alternances. Premier émetteur historique de CO₂ et premier producteur de pétrole, le pays illustre la difficulté de concilier puissance économique et protection de l'environnement. La Chine, premier émetteur actuel mais aussi premier investisseur dans les énergies renouvelables, peut-elle occuper la place que Washington laisse vacante dans la diplomatie climatique ?

Le piège — Réduire le sujet au climat et à Donald Trump en oubliant le XIXe siècle (parcs nationaux, conservation) et les années 1970, ou présenter « les États-Unis » comme un bloc : il faut distinguer l'État fédéral, les États fédérés, les villes, les entreprises, les associations, les peuples autochtones et les juges.

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