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Thème 1 — Axe 2 : enjeux diplomatiques et coopérations

Station spatiale internationale, ZEE et convention de Montego Bay, haute mer, la Chine à la conquête de l'espace et des mers (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 1 — Axe 2 : enjeux diplomatiques et coopérations » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Mers et espace : deux espaces communs, deux régimes juridiques, Coopérer pour la recherche : la naissance de la Station spatiale internationale, L'ISS, une coopération fondée sur l'interdépendance, et ses limites, Partager les mers : ZEE et convention de Montego Bay. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Coopération internationale

Action concertée d'États ou d'organisations pour atteindre un objectif commun, formalisée par un traité, une institution ou un programme.

À ne pas confondre

  • Alliance — Une alliance est dirigée contre une menace commune et a une dimension militaire ; une coopération peut associer des rivaux, comme Américains et Russes dans l'ISS.

Selon l'époque et le point de vue — La notion se développe avec les organisations internationales du XXe siècle ; en géopolitique, elle s'oppose et s'articule à la rivalité de puissance.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur de tous les sujets de l'axe 2. Faute à éviter : la présenter comme désintéressée ; les États coopèrent pour servir leurs intérêts.

Diplomatie scientifique

Usage de la coopération scientifique pour créer ou maintenir des relations entre États, y compris entre adversaires.

À ne pas confondre

  • Soft power — Le soft power (Joseph Nye, 1990) est la capacité d'attirer ; la diplomatie scientifique est une pratique de coopération, qui peut servir ce soft power.

Selon l'époque et le point de vue — Pratiquée depuis la guerre froide (Apollo-Soyouz, 1975), la notion est formalisée en 2010 par un rapport de la Royal Society britannique et de l'Association américaine pour l'avancement des sciences.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour analyser l'ISS ou le télescope James Webb. Faute : croire qu'elle efface les rivalités ; elle les contourne.

Station spatiale internationale (ISS)

Laboratoire habité en orbite à environ 400 km, construit et exploité par cinq agences (NASA, Roscosmos, ESA, JAXA, Agence spatiale canadienne) selon l'accord de 1998.

À ne pas confondre

  • Tiangong — Tiangong est la station chinoise, nationale, achevée en 2022 ; l'ISS est multinationale et exclut la Chine.

Selon l'époque et le point de vue — Issue du projet Freedom annoncé par Reagan en 1984, élargie à la Russie en 1993, occupée en permanence depuis le 2 novembre 2000.

Ce que le mot permet d'écrire — Exemple central de coopération scientifique. Faute : oublier ses limites (dépendance aux Soyouz, crise de 2022, exclusion de la Chine).

Non-appropriation

Principe de l'article II du traité de l'espace (1967) : l'espace et les corps célestes ne peuvent faire l'objet d'aucune appropriation nationale.

À ne pas confondre

  • Liberté d'utilisation — Tous les États peuvent explorer et utiliser l'espace (article I) ; ils ne peuvent pas se l'approprier. Utiliser n'est pas posséder.

Selon l'époque et le point de vue — Adopté en pleine guerre froide pour éviter qu'une première puissance sur la Lune n'en revendique la souveraineté.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur l'espace comme bien commun. Faute : dire qu'il interdit toute exploitation des ressources, point justement débattu.

Patrimoine commun de l'humanité

Statut de la « Zone » (grands fonds au-delà des juridictions nationales) et de ses ressources : inappropriables, gérées par une autorité internationale au bénéfice de tous.

À ne pas confondre

  • Haute mer — La haute mer est un espace de libertés (article 87) ; le patrimoine commun ne concerne que les fonds marins de la Zone (article 136).

Selon l'époque et le point de vue — Notion proposée à l'ONU en 1967 par le diplomate maltais Arvid Pardo, consacrée par la convention de 1982 ; l'accord sur la Lune (1979) l'applique aussi à la Lune.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les nodules polymétalliques et l'Autorité des fonds marins. Faute : l'étendre à toute la haute mer.

Bien commun mondial

Espace ou ressource dont l'usage concerne toute l'humanité et dont la préservation exige une action collective (haute mer, espace, climat).

À ne pas confondre

  • Patrimoine commun de l'humanité — Le bien commun est une notion d'analyse, sans statut juridique précis ; le patrimoine commun est une catégorie de droit, définie par un traité.

Selon l'époque et le point de vue — Popularisée par les économistes (Elinor Ostrom, prix Nobel 2009, sur la gestion des communs) et par les négociations environnementales.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour problématiser (« la haute mer, un bien commun ? »). Faute : l'employer comme s'il imposait des obligations juridiques.

Convention de Montego Bay (CNUDM)

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée le 10 décembre 1982, en vigueur depuis le 16 novembre 1994, qui définit les espaces maritimes et les droits des États.

À ne pas confondre

  • Accord BBNJ — L'accord de 2023 est un accord d'application de la convention, consacré à la biodiversité de la haute mer ; il ne la remplace pas.

Selon l'époque et le point de vue — Fruit de la troisième conférence de l'ONU (1973-1982), après les conventions de Genève de 1958 ; les États-Unis ne l'ont pas ratifiée.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dans tout sujet sur les mers. Faute : dire qu'elle règle tous les conflits ; elle fournit des procédures que certains États refusent.

Mer territoriale

Bande de 12 milles marins au plus à partir des lignes de base, où l'État côtier exerce sa souveraineté, sous réserve du passage inoffensif des navires étrangers.

À ne pas confondre

  • Eaux intérieures — Les eaux intérieures (ports, baies fermées) sont en deçà des lignes de base, sans droit de passage inoffensif.

Selon l'époque et le point de vue — Longtemps fixée à 3 milles (« portée du canon »), portée à 12 milles par la convention de 1982.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour distinguer souveraineté et droits sur les ressources. Faute : la confondre avec la ZEE.

Zone économique exclusive (ZEE)

Espace de 200 milles marins au plus où l'État côtier a des droits souverains sur l'exploration, l'exploitation et la gestion des ressources (articles 56-57 de la convention).

À ne pas confondre

  • Souveraineté — La ZEE ne donne pas la souveraineté : la navigation, le survol et la pose de câbles y restent libres pour tous.

Selon l'époque et le point de vue — Revendiquée par le Chili, l'Équateur et le Pérou en 1952, consacrée en 1982 ; elle couvre aujourd'hui un peu plus d'un tiers de l'océan.

Ce que le mot permet d'écrire — Clé des sujets sur le partage des mers. Faute : écrire que la France est « souveraine » sur toute sa ZEE.

Plateau continental

Prolongement naturel du territoire terrestre sous la mer ; l'État a des droits sur le sol et le sous-sol jusqu'à 200 milles, voire 350 milles après examen par une commission de l'ONU.

À ne pas confondre

  • ZEE — Au-delà de 200 milles, le plateau étendu ne donne des droits que sur les fonds, pas sur les eaux ni les poissons.

Selon l'époque et le point de vue — Revendiqué par la proclamation Truman de 1945 ; la France conduit le programme EXTRAPLAC depuis 2002 pour étendre le sien.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les enjeux d'hydrocarbures et de minerais. Faute : l'assimiler à une extension de ZEE.

Haute mer

Toutes les parties de la mer qui ne relèvent ni des ZEE, ni des mers territoriales, ni des eaux intérieures : environ deux tiers de l'océan, soumis aux libertés de tous les États.

À ne pas confondre

  • Zone internationale des fonds marins — La haute mer désigne les eaux ; la Zone désigne les fonds sous-jacents, régis par un autre régime.

Selon l'époque et le point de vue — Héritière de la liberté des mers de Grotius (1609), codifiée par l'article 87 de la convention, protégée depuis l'accord BBNJ (2023, en vigueur en 2026).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur la préservation. Faute : la dire « sans droit » ; elle est régie par la liberté et désormais par des règles de protection.

Territorialisation des mers

Processus par lequel les États étendent leur contrôle sur des espaces maritimes autrefois libres, par des zones, des revendications ou des aménagements.

À ne pas confondre

  • Maritimisation — La maritimisation désigne la place croissante de la mer dans l'économie (commerce, littoraux) ; la territorialisation désigne l'appropriation juridique ou politique.

Selon l'époque et le point de vue — Engagée par la proclamation Truman (1945), consacrée par les ZEE (1982), prolongée par les demandes d'extension de plateau et les îles artificielles chinoises.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour la partie « rivalités » d'un plan. Faute : l'opposer à la coopération ; Montego Bay l'organise par le droit.

Ressources halieutiques

Ressources vivantes exploitées par la pêche (poissons, crustacés, mollusques).

À ne pas confondre

  • Ressources minérales — Les ressources halieutiques sont renouvelables si elles sont gérées ; nodules et hydrocarbures ne le sont pas.

Selon l'époque et le point de vue — Leur surexploitation, mesurée par la FAO, justifie la création d'ORGP comme l'ICCAT (1966) et l'accord de l'OMC sur les subventions (2022).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour la tension entre exploitation et préservation. Faute : ignorer les ORGP, principal outil de coopération.

Aire marine protégée

Espace maritime délimité où les activités humaines sont encadrées ou interdites pour protéger la biodiversité.

À ne pas confondre

  • Réserve intégrale — Une aire marine protégée peut autoriser certaines activités ; seule une protection intégrale interdit toute exploitation.

Selon l'époque et le point de vue — Longtemps limitées aux eaux nationales ou à des cas régionaux (mer de Ross, 2016), elles sont possibles en haute mer grâce à l'accord de 2023.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur la protection des océans. Faute : confondre surface protégée et protection effective.

Ligne en neuf traits

Tracé discontinu en forme de U par lequel la Chine revendique la plus grande partie de la mer de Chine méridionale.

À ne pas confondre

  • Limite de ZEE — La ligne ne correspond à aucune zone prévue par la convention ; elle repose sur des « droits historiques » invoqués par Pékin.

Selon l'époque et le point de vue — Héritée d'une carte de la République de Chine de 1947, notifiée à l'ONU par la Chine populaire en 2009, privée de base juridique par la sentence du 12 juillet 2016.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour l'objet conclusif sur la Chine. Faute : oublier que la sentence ne tranche pas la souveraineté sur les îles.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Rivalité / coopération

Les deux logiques coexistent : on coopère avec un rival (ISS) et l'on rivalise au sein d'une coopération (partage des tâches, prestige).

Ce qu'il débloque — Structure la plupart des sujets de l'axe 2 ; éviter de les placer dans deux parties étanches.

Exemple — Sur le sujet « Les acteurs de la conquête spatiale, entre rivalités et coopérations », il permet de montrer que la coopération américano-russe naît de la rivalité et lui survit jusqu'en 2022.

Liberté / souveraineté

Le droit de la mer oscille entre la liberté des mers (Grotius) et l'extension des droits des États côtiers.

Ce qu'il débloque — Pour une partie historique ou juridique sur le partage des mers.

Exemple — Sur le sujet « Les États et la maîtrise des mers et des océans », il permet d'opposer la haute mer libre à la ZEE appropriée.

Bien commun / appropriation

Un espace commun peut être progressivement approprié par des zones, des revendications ou des droits sur les ressources.

Ce qu'il débloque — Pour problématiser un sujet sur l'espace ou la haute mer.

Exemple — Sur le sujet « L'espace extra-atmosphérique peut-il rester un bien commun ? », il permet de confronter le traité de 1967 et la loi américaine de 2015.

Exploitation / préservation

Les ressources marines sont convoitées mais fragiles : leur usage durable suppose des règles communes.

Ce qu'il débloque — Pour la troisième partie d'un sujet sur les mers.

Exemple — Sur le sujet « Mers et océans : des espaces d'affrontements et de coopérations », il permet d'opposer la course aux nodules à l'accord sur la haute mer.

Multilatéral / club

Une coopération peut être universelle (ONU) ou réservée à des partenaires choisis (ISS, accords Artemis).

Ce qu'il débloque — Pour nuancer une partie sur les coopérations et en montrer les limites.

Exemple — Sur le sujet « La Chine, acteur majeur des nouveaux espaces de conquête ? », il permet de montrer que Pékin, exclu d'un club, bâtit le sien avec la Russie.

États / acteurs privés

Les États restent maîtres du droit, mais les entreprises (SpaceX, armateurs, compagnies minières) pèsent de plus en plus.

Ce qu'il débloque — Pour une idée sur les nouveaux acteurs, en fin de développement.

Exemple — Sur le sujet « Les acteurs de la conquête spatiale », il permet de montrer que la NASA dépend de SpaceX pour desservir puis désorbiter l'ISS.

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