À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en terminale sur « Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation et enjeux géopolitiques » suit le programme officiel de histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les mers et océans : une immensité vitale pour l'humanité, Les espaces maritimes en droit international (CNUDM), Les routes maritimes au cœur de la mondialisation, Les détroits et canaux : points de passage stratégiques. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · Les mers et océans : une immensité vitale pour l'humanité
2 · Les espaces maritimes en droit international (CNUDM)
3 · Les routes maritimes au cœur de la mondialisation
4 · Les détroits et canaux : points de passage stratégiques
5 · Les ressources des mers et océans
6 · Tensions et conflits géopolitiques maritimes
7 · La gouvernance des océans et les défis environnementaux
1Les mers et océans : une immensité vitale pour l'humanité
Les mers et océans couvrent 71 % de la surface terrestre et constituent un espace aux multiples fonctions économiques, géopolitiques et environnementales. On distingue cinq grands océans (Pacifique, Atlantique, Indien, Arctique, Austral) et de nombreuses mers intérieures ou semi-fermées (Méditerranée, mer de Chine méridionale, mer des Caraïbes…).
Définition. Un espace maritime désigne toute étendue d'eau salée soumise à un régime juridique déterminé : eaux intérieures, mer territoriale, zone contiguë, zone économique exclusive (ZEE), haute mer.
Les océans jouent un rôle de régulateur climatique (absorption de CO₂, redistribution des calories), de réservoir de biodiversité et surtout de principal support des échanges mondiaux : environ 90 % des marchandises (en volume) et 80 % en valeur transitent par voie maritime.
Chiffre clé. En 2023, le trafic maritime mondial représentait plus de 11 milliards de tonnes de marchandises transportées.
Répartition modale du commerce mondial — le transport maritime domine très largement.
2Les espaces maritimes en droit international (CNUDM)
La Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM), signée à Montego Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994, constitue la « Constitution des océans ». Elle définit les différents espaces maritimes et les droits souverains qui y sont attachés.
| Espace | Distance (depuis la ligne de base) | Droits de l'État côtier |
|---|
| Eaux intérieures | 0 | Souveraineté totale |
| Mer territoriale | 0 – 12 milles nautiques | Souveraineté (passage inoffensif autorisé) |
| Zone contiguë | 12 – 24 milles | Contrôle douanier, sanitaire, fiscal |
| Zone économique exclusive (ZEE) | 12 – 200 milles | Droits souverains sur les ressources (pêche, hydrocarbures) |
| Plateau continental étendu | jusqu'à 350 milles (si prolongement) | Droits sur les ressources du fond marin |
| Haute mer | au-delà de la ZEE | Liberté de navigation (patrimoine commun de l'humanité) |
Attention ! La ZEE ne confère que des droits économiques (ressources), non une souveraineté pleine. La navigation étrangère y est libre.
La France possède la 2e plus grande ZEE mondiale (~11 millions de km²) grâce à ses territoires ultramarins (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Guyane, La Réunion, etc.), ce qui en fait une puissance maritime majeure.
3Les routes maritimes au cœur de la mondialisation
Les routes maritimes constituent le squelette du commerce mondial. Elles concentrent les flux de marchandises entre les trois façades maritimes majeures :
- La façade nord-atlantique : entre l'Europe occidentale et la côte Est des États-Unis.
- La façade Asie-Pacifique : entre l'Asie orientale, l'Amérique du Nord et l'Amérique latine.
- L'axe Europe–Asie via l'océan Indien et le canal de Suez (la route la plus fréquentée du monde).
Exemple. La route entre l'Asie orientale et l'Europe via le canal de Suez transporte l'essentiel des conteneurs de produits manufacturés (électronique, textile) et des hydrocarbures du Golfe.
Principales puissances maritimes mondiales impliquées dans les routes de commerce.
Les grands ports mondiaux structurent ces routes : Shanghai, Singapour, Rotterdam, Los Angeles/Long Beach sont des hubs qui reçoivent et redistribuent les flux de conteneurs. La conteneurisation (standardisation des boîtes de 20 ou 40 pieds) a révolutionné le transport maritime depuis les années 1960.
Conteneurisation. Processus de standardisation du transport de marchandises en boîtes métalliques intermodales (conteneurs), qui a multiplié les volumes échangés et réduit les coûts logistiques. L'unité de mesure est l'EVP (Équivalent Vingt Pieds).
4Les détroits et canaux : points de passage stratégiques
Certains passages maritimes étroits concentrent une part disproportionnée du trafic mondial. Leur contrôle est un enjeu géopolitique majeur.
| Point de passage | Localisation | Importance |
|---|
| Canal de Suez | Égypte | ~12 % du commerce mondial, liaison Méditerranée–mer Rouge |
| Détroit d'Ormuz | Golfe Persique / Iran | ~20 % du pétrole mondial, 30 % du GNL |
| Détroit de Malacca | Malaysia / Singapour / Indonésie | ~25 % des échanges mondiaux, accès Asie-Pacifique |
| Canal de Panama | Panama | ~5 % du commerce mondial, liaison Atlantique–Pacifique |
| Détroit de Gibraltar | Espagne / Maroc | Entrée Méditerranée depuis l'Atlantique |
| Détroit de Bab-el-Mandeb | Djibouti / Yémen | Accès mer Rouge / canal de Suez |
Attention ! Un blocage de l'un de ces points de passage (guerre, grounding d'un navire, attaque terroriste) peut paralyser le commerce mondial. Ex. : blocage du canal de Suez par l'Ever Given en mars 2021 (6 jours, ~10 milliards de $ de pertes/jour).
Notion clé. On appelle choke points (ou verrous maritimes) ces passages incontournables où la menace d'un blocage confère un pouvoir géopolitique considérable à l'État riverain.
Schéma des choke points sur la route maritime Asie–Europe (la plus empruntée du monde).
5Les ressources des mers et océans
Les océans sont des espaces productifs dont les ressources suscitent des convoitises et des conflits :
- Ressources biologiques : la pêche mondiale fournit environ 80 millions de tonnes de poissons par an. La pêche industrielle des pays d'Asie (Chine en tête), d'Europe et d'Amérique du Nord exerce une pression considérable sur les stocks. La surpêche menace de nombreuses espèces.
- Hydrocarbures offshore : 30 % de la production mondiale de pétrole et de gaz est extraite en mer (golfe du Mexique, mer du Nord, golfe de Guinée, offshore brésilien du pré-sal). Les fonds marins recèlent également des nodules polymétalliques et des terres rares.
- Énergie marine renouvelable : éolien offshore, hydrolien, énergie des vagues (domaine en développement, notamment en mer du Nord et en France).
ZEE et ressources. L'État côtier détient les droits exclusifs d'exploration et d'exploitation des ressources vivantes et non vivantes dans sa ZEE. C'est pourquoi les délimitations de ZEE font l'objet de négociations et parfois de conflits.
Exemple. La mer de Chine méridionale est l'objet de revendications concurrentes (Chine, Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei) en raison de ses ressources halieutiques et de ses gisements d'hydrocarbures estimés à 125 milliards de barils.
6Tensions et conflits géopolitiques maritimes
Les espaces maritimes sont des zones de rivalité géopolitique entre États. Plusieurs foyers de tension illustrent ces enjeux :
- Mer de Chine méridionale : la Chine revendique 90 % de l'espace via la « ligne à neuf traits ». Elle a construit des îles artificielles pour y installer des bases militaires. La Cour permanente d'arbitrage de La Haye a invalidé ces revendications en 2016, mais la Chine les maintient. Tensions avec les États-Unis (liberté de navigation).
- Arctique : le réchauffement climatique ouvre de nouvelles routes (passage du Nord-Est) et donne accès à des ressources considérables. Russie, États-Unis, Canada, Norvège et Danemark se disputent des extensions de plateau continental.
- Golfe Persique / détroit d'Ormuz : tensions irano-américaines, piraterie, incidents sur les tankers (2019-2024).
- Piraterie : golfe d'Aden et corne de l'Afrique (Somalie, Houthis depuis 2023), golfe de Guinée (Nigeria). La piraterie perturbe les routes et entraîne des surcoûts d'assurance.
Piraterie et droit international. La haute mer étant soumise à la liberté de navigation, la lutte contre la piraterie requiert des coalitions navales multinationales (opération Atalante de l'UE, Combined Task Force 151). Depuis 2023, les attaques des Houthis en mer Rouge ont conduit de nombreuses compagnies à contourner l'Afrique (cap de Bonne-Espérance), augmentant les délais et les coûts.
Carte mentale des principaux enjeux géopolitiques liés aux espaces maritimes.
7La gouvernance des océans et les défis environnementaux
La haute mer, patrimoine commun de l'humanité, échappe à toute souveraineté nationale. Sa gouvernance est assurée par des organismes internationaux :
- Organisation Maritime Internationale (OMI) : agence de l'ONU qui réglemente la sécurité maritime, la prévention des pollutions (convention MARPOL) et désormais les émissions de CO₂ des navires.
- Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM) : régule l'exploitation minière des fonds en haute mer.
- Traité en Haute Mer (BBNJ, 2023) : premier accord international pour la protection de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, signé à l'ONU.
Défis environnementaux. Les océans sont menacés par : la pollution plastique (7-10 millions de tonnes de plastiques rejetés/an), l'acidification (absorption de CO₂), le réchauffement (blanchiment des coraux), la surpêche et les marées noires.
Ces défis nécessitent une gouvernance internationale renforcée. Les États s'engagent à créer des aires marines protégées (AMP) : l'objectif « 30×30 » (30 % des océans protégés d'ici 2030, COP15 de Montréal 2022) illustre ces ambitions, mais leur mise en œuvre reste inégale.
La France. Avec sa 2e ZEE mondiale, la France a des responsabilités environnementales majeures. Elle s'est engagée à atteindre 30 % de ses espaces maritimes sous protection d'ici 2030, notamment dans les zones ultramarines (Pacifique, Indien).
★À retenir
À retenir :
• Les mers et océans couvrent 71 % de la Terre et représentent 90 % des échanges mondiaux en volume.
• La CNUDM (1982) organise les espaces maritimes : eaux territoriales (12 milles), ZEE (200 milles), haute mer.
• La France détient la 2e plus grande ZEE mondiale (~11 millions de km²).
• Les routes maritimes s'articulent autour de trois façades : Atlantique Nord, Asie-Pacifique, Europe-Asie.
• Les choke points (détroit de Malacca, Ormuz, Suez) sont des verrous géopolitiques stratégiques.
• Les principales tensions : mer de Chine méridionale (Chine vs voisins + USA), Arctique (ressources + nouvelles routes), piraterie.
• La gouvernance mondiale repose sur l'OMI, l'AIFM et le traité BBNJ (2023).