Le texte décrit d'abord l'état d'une société d'individus repliés sur eux-mêmes, puis la figure du pouvoir tutélaire qui s'élève au-dessus d'eux, avant de nommer le paradoxe d'une servitude douce. La thèse est qu'un despotisme nouveau, doux et prévoyant, menace les démocraties.
L'égalité des conditions garantit-elle la liberté, ou peut-elle préparer une servitude consentie ?
Le plan en trois parties
Premier moment : la multitude d'individus semblables et repliés
- Le texte peint des hommes égaux, tournés vers de petits plaisirs et étrangers au sort de leurs concitoyens.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- L'individualisme n'est pas l'égoïsme : il est un retrait tranquille qui tarit peu à peu les vertus publiques.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Cette description s'oppose à la confiance de Rousseau dans une volonté générale toujours vivante.Rousseau, Du contrat social, I
Deuxième moment : le pouvoir tutélaire et son visage paternel
- Au-dessus de cette foule s'élève un pouvoir immense qui pourvoit à tout et veut le bonheur de chacun.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Il ressemble à l'autorité paternelle, sauf qu'il ne prépare pas les hommes à l'âge d'homme mais les y fixe dans l'enfance.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Kant fournit la clé de lecture : c'est la minorité organisée, une tutelle acceptée par commodité.Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?
Troisième moment : une servitude réglée, douce et paisible
- Ce despotisme ne tyrannise pas, il gêne, comprime et éteint : il use de règlements plutôt que de violence.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Le vote périodique ne suffit pas : choisir ses maîtres n'est pas cesser d'être en tutelle.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Le remède est dans les associations et les libertés locales, écoles pratiques de la citoyenneté.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
Une liberté que l'on n'exerce plus est-elle encore une liberté ?