Le texte distingue une double manière d'exister pour l'homme, théorique et pratique, puis montre que la transformation du monde extérieur est une reconnaissance de soi, avant d'appliquer l'analyse à l'art. La thèse est que l'homme ne se connaît qu'en se produisant au dehors.
La conscience de soi se gagne-t-elle par introspection ou par transformation du monde ?
Le plan en trois parties
Premier moment : l'homme existe pour soi de deux manières
- Théoriquement, l'homme se prend lui-même pour objet de pensée ; pratiquement, il agit sur les choses.Hegel, Esthétique, introduction
- L'animal reste enfermé dans l'immédiateté du besoin : il consomme le monde sans s'y reconnaître.Hegel, Esthétique, introduction
- La conscience de soi n'est donc pas un simple regard intérieur mais un rapport médiatisé.Descartes, Méditations métaphysiques, II
Deuxième moment : se produire au dehors pour se reconnaître
- L'enfant qui jette des pierres dans l'eau s'émerveille d'y voir une œuvre de lui-même : le geste est déjà humain.Hegel, Esthétique, introduction
- Modifier les choses extérieures revient à y imprimer sa marque et à s'y retrouver comme dans un miroir.Hegel, Esthétique, introduction
- Le travail est le moyen par lequel la conscience accède à l'effectivité et se donne une réalité durable.Hegel, Phénoménologie de l'esprit
Troisième moment : l'art comme forme accomplie de cette production
- L'œuvre d'art naît du même besoin, mais y ajoute la liberté : elle n'obéit à aucune nécessité vitale.Hegel, Esthétique, introduction
- L'art est ainsi une manifestation sensible de l'esprit, et non une imitation de la nature.Hegel, Esthétique, introduction
- Marx objectera que le travail réel peut au contraire déposséder l'ouvrier de son œuvre.Marx, Manuscrits de 1844
Toute production de soi dans le monde est-elle une libération, ou peut-elle se retourner en dépossession ?