Le texte établit une hiérarchie ontologique entre trois productions : l'idée, l'objet fabriqué, l'image peinte. Sa thèse est que l'artiste imitateur occupe le dernier rang, parce qu'il copie une copie et n'atteint jamais le savoir de ce qu'il représente.
L'art nous donne-t-il accès à la réalité, ou seulement à son apparence ?
Le plan en trois parties
Premier moment : trois niveaux de production d'un même objet
- Le texte distingue le modèle intelligible, l'objet fabriqué par l'artisan et l'image produite par le peintre.Platon, République, X
- Chaque degré s'éloigne d'un cran de l'être véritable : l'image est copie d'une copie.Platon, République, X
- L'exemple du lit sert de schéma logique : il rend visible une hiérarchie de la connaissance, non un jugement de goût.Platon, République, X
Deuxième moment : le peintre produit une apparence, non un savoir
- L'artiste peut représenter le cordonnier sans rien savoir de la chaussure : il imite l'aspect, pas la fonction.Platon, République, X
- L'imitation séduit d'autant plus qu'elle dispense de comprendre : elle flatte la part de l'âme la moins rationnelle.Platon, République, X
- L'argument vise moins la peinture que la poésie, qui prétend éduquer la cité sans posséder la science du juste.Platon, République, X
Troisième moment : la conséquence politique de la condamnation
- Si l'art n'instruit pas, sa puissance émotionnelle devient dangereuse pour la formation des gardiens.Platon, République, X
- On peut objecter que l'œuvre révèle un sens inaccessible à la description : l'art donnerait à voir plutôt qu'à copier.Hegel, Esthétique, introduction
- Kant déplacera la question en cessant de juger l'art sur sa vérité pour l'évaluer sur le jugement désintéressé qu'il suscite.Kant, Critique de la faculté de juger
Faut-il juger une œuvre d'art sur ce qu'elle nous apprend du monde, ou sur ce qu'elle fait de notre regard ?