Le texte énonce d'abord un constat anthropologique sur l'incapacité de demeurer en repos, puis en cherche la cause dans la condition humaine, avant de dénoncer l'illusion que nous entretenons sur nos propres activités. La thèse est que nous fuyons moins l'ennui que la pensée de notre misère.
Cherchons-nous le bonheur, ou seulement à ne pas penser à ce qui le rend impossible ?
Le plan en trois parties
Premier moment : le constat de l'agitation universelle
- Le malheur des hommes vient de ne pouvoir demeurer en repos dans une chambre : le repos est insupportable.Pascal, Pensées
- L'accumulation des exemples, du roi au chasseur, donne au constat une portée universelle et non sociale.Pascal, Pensées
- Le paradoxe est que les plus comblés sont les plus agités : la richesse n'apaise pas, elle permet de fuir davantage.Pascal, Pensées
Deuxième moment : la cause, une condition faible et mortelle
- Dans le repos, l'homme se voit tel qu'il est : fragile, mortel, insuffisant, et cette vue est intolérable.Pascal, Pensées
- Le divertissement n'est donc pas un plaisir positif mais une diversion : il détourne du seul objet qui compte.Pascal, Pensées
- L'analyse rejoint la critique stoïcienne de l'opinion, mais la retourne : le mal n'est pas dans le jugement, il est dans la condition.Épictète, Manuel
Troisième moment : l'illusion sur l'objet de nos désirs
- Le chasseur croit vouloir le lièvre ; il veut le tracas qui l'empêche de songer à lui-même.Pascal, Pensées
- Nous nous trompons donc doublement : sur ce que nous cherchons et sur les raisons de notre agitation.Pascal, Pensées
- Alain objectera qu'une activité aimée n'est pas une fuite mais la forme même du bonheur.Alain, Propos sur le bonheur
Une activité choisie et aimée est-elle encore un divertissement au sens de Pascal ?