Le texte pose d'abord la propriété que chacun a de sa personne, en déduit celle du travail, puis celle de son produit, avant d'indiquer les bornes de cette appropriation. La thèse est que le travail seul, et non le consentement d'autrui, fait passer une chose du commun au propre.
Qu'est-ce qui peut légitimement faire d'une chose commune une propriété privée ?
Le plan en trois parties
Premier moment : la propriété de soi comme point de départ
- Chaque homme a une propriété en sa propre personne, sur laquelle nul autre n'a de droit.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- De cette propriété découlent celle de son corps et celle du travail de ses mains.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- Le raisonnement est déductif : il s'agit de fonder en droit, non de décrire un fait historique.Rousseau, Du contrat social, I
Deuxième moment : le travail retire la chose de l'état commun
- En mêlant son travail à un objet, l'homme y joint quelque chose qui lui appartient en propre.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- L'exemple du gland ramassé ou de l'eau puisée montre que l'appropriation ne requiert pas l'accord de tous.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- Le travail devient ainsi le titre juridique fondamental, contre la thèse du premier occupant.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
Troisième moment : les limites de l'appropriation légitime
- On ne peut s'approprier que ce dont on peut user sans laisser périr : la ruine est la borne du droit.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- Il faut en outre qu'il en reste assez et d'aussi bon pour les autres : la condition est distributive.Locke, Second traité du gouvernement civil, V
- Marx retournera l'argument : dans le salariat, celui qui travaille n'est justement pas celui qui possède.Marx, Manuscrits de 1844
La propriété fondée sur le travail justifie-t-elle encore les inégalités que produit l'héritage ?