Le texte commence par un renversement d'interrogation : au lieu de chercher la vérité, il demande pourquoi nous la voulons. Il suspecte ensuite le désintéressement du savant, puis suggère que l'erreur peut être vitale. La thèse est que la volonté de vérité est elle-même une valeur à évaluer.
La recherche de la vérité a-t-elle une valeur inconditionnelle ?
Le plan en trois parties
Premier moment : le déplacement de la question
- Le texte ne demande pas ce qu'est la vérité mais pourquoi nous préférons le vrai au faux.Nietzsche, Par-delà bien et mal
- Cette interrogation est généalogique : elle cherche l'origine et les intérêts d'une valeur tenue pour évidente.Nietzsche, Généalogie de la morale
- Aucun philosophe avant lui, dit-il, n'avait douté du prix de la vérité : l'évidence est le lieu du soupçon.Nietzsche, Par-delà bien et mal
Deuxième moment : la suspicion portée sur le désintéressement
- Derrière l'amour prétendu pur du vrai, le texte cherche des instincts, des besoins et des rapports de force.Nietzsche, Par-delà bien et mal
- La vérité peut servir la faiblesse autant que la force : elle rassure en fixant un monde stable.Nietzsche, Le Gai Savoir
- Contre Platon, la vérité cesse d'être un absolu et devient l'expression d'une perspective.Platon, République, VII
Troisième moment : l'erreur comme condition de vie
- Certaines croyances fausses sont indispensables à la vie : les juger seulement sur leur vérité serait une naïveté.Nietzsche, Par-delà bien et mal
- Le critère devient alors la puissance : une pensée vaut par ce qu'elle rend possible, non par sa conformité.Nietzsche, Le Gai Savoir
- L'objection immédiate est la contradiction performative : cette thèse prétend elle-même être vraie.Popper, Conjectures et réfutations
Peut-on évaluer la vérité sans employer, pour le faire, la vérité que l'on met en cause ?