Le texte envisage successivement trois cas : l'opinion réduite au silence peut être vraie, fausse, ou partiellement vraie. Sa thèse est que dans chacun des trois cas la censure appauvrit la vérité, parce que celle-ci ne se possède que dans la confrontation.
Faut-il laisser s'exprimer une opinion que l'on tient pour fausse ?
Le plan en trois parties
Premier moment : l'opinion réduite au silence peut être vraie
- Faire taire une opinion, c'est présumer de sa propre infaillibilité, ce qu'aucune autorité ne peut légitimement faire.Mill, De la liberté, II
- L'histoire des sciences et des religions montre que des vérités furent d'abord persécutées.Mill, De la liberté, II
- L'argument vaut contre la censure d'État comme contre la tyrannie de l'opinion majoritaire.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, I
Deuxième moment : même fausse, l'opinion contredite rend service
- Une vérité que l'on n'a jamais eu à défendre devient un dogme mort, répété sans être compris.Mill, De la liberté, II
- La contradiction oblige à produire ses raisons : elle transforme la croyance en connaissance.Mill, De la liberté, II
- La dialectique socratique offre le modèle de cette épreuve par l'objection.Platon, Gorgias
Troisième moment : le cas le plus fréquent, celui des vérités partielles
- Les opinions en conflit se partagent souvent la vérité : chacune éclaire ce que l'autre néglige.Mill, De la liberté, II
- Le débat n'est donc pas un mal nécessaire mais la méthode même par laquelle la vérité se complète.Mill, De la liberté, II
- Popper en tirera un critère : une pensée rationnelle est une pensée qui s'expose à la réfutation.Popper, Conjectures et réfutations
La libre discussion conduit-elle nécessairement au vrai, ou suppose-t-elle des règles qu'elle ne produit pas elle-même ?