Le texte part de l'égalité naturelle des hommes, en déduit la défiance et la guerre, puis décrit l'absence de justice hors de l'État. La thèse est que la guerre de tous contre tous n'est pas un accident historique mais la conséquence logique de l'égalité sans pouvoir commun.
La justice existe-t-elle avant les lois, ou naît-elle avec le pouvoir qui les impose ?
Le plan en trois parties
Premier moment : l'égalité des facultés engendre l'égalité des espérances
- Le plus faible peut tuer le plus fort par ruse ou par ligue : l'égalité est celle de la vulnérabilité.Hobbes, Léviathan, XIII
- De cette égalité naît l'égalité des prétentions sur les mêmes biens, donc la rivalité.Hobbes, Léviathan, XIII
- Contre Aristote, l'homme n'est pas naturellement politique : la société est un artifice, non une inclination.Aristote, Politique, I
Deuxième moment : la défiance conduit à la guerre de chacun contre chacun
- Trois causes sont distinguées : la compétition, la défiance et la gloire, chacune produisant un type de violence.Hobbes, Léviathan, XIII
- La guerre ne se réduit pas au combat effectif : elle est une disposition durable, comme le mauvais temps n'est pas une averse.Hobbes, Léviathan, XIII
- L'expérience des serrures et des escortes prouve, dans la vie civile même, la justesse du diagnostic.Hobbes, Léviathan, XIII
Troisième moment : ni justice ni injustice là où il n'y a pas de loi commune
- Le juste et l'injuste sont des qualités du discours social : hors du pouvoir commun, la force et la ruse sont les seules vertus.Hobbes, Léviathan, XIII
- La sortie de cet état se fait par le calcul rationnel de la peur, non par la bonté : la raison trouve les articles de paix.Hobbes, Léviathan, XIV
- Rousseau objectera que l'homme naturel n'est pas belliqueux et que Hobbes a décrit l'homme déjà social.Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
Si la justice naît du pouvoir, que reste-t-il pour juger un pouvoir injuste ?