Le texte propose de redéfinir l'homme par sa production technique plutôt que par sa pensée, appuie cette proposition sur le témoignage de la préhistoire, puis en tire une conséquence sur la nature de l'intelligence. La thèse est que l'intelligence est d'abord la faculté de fabriquer des outils.
Faut-il définir l'homme par ce qu'il pense ou par ce qu'il fabrique ?
Le plan en trois parties
Premier moment : une définition de l'homme par la technique
- Le texte propose de substituer à l'homme sage l'homme fabricant, ce qui déplace le critère de l'humanité.Bergson, L'Évolution créatrice
- Les vestiges matériels, outils de pierre et foyers, sont les seuls témoins fiables de la préhistoire.Bergson, L'Évolution créatrice
- La définition classique par la raison supposait ce qu'elle prétendait établir : la pensée ne laisse pas de traces.Aristote, Politique, I
Deuxième moment : ce que la fabrication révèle de l'intelligence
- Fabriquer un outil suppose prévoir un usage, donc se représenter un avenir absent : la technique est déjà de la pensée.Bergson, L'Évolution créatrice
- L'outil, contrairement à l'organe de l'insecte, peut être perfectionné indéfiniment et transmis.Bergson, L'Évolution créatrice
- L'intelligence est ainsi tournée vers la matière inerte, ce qui explique sa difficulté à penser la vie.Bergson, L'Évolution créatrice
Troisième moment : la portée et la réserve
- L'outil transforme en retour celui qui l'emploie : il n'est pas un simple prolongement du corps.Bergson, L'Évolution créatrice
- Bergson avertit que le corps démesurément agrandi par la technique attend un supplément d'âme.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- Jonas systématisera cet avertissement en réclamant une éthique à la mesure du pouvoir technique.Jonas, Le Principe responsabilité
Un pouvoir technique accru appelle-t-il d'abord plus de savoir ou plus de responsabilité ?