Le texte présente l'hypothèse de l'inconscient comme nécessaire, s'appuie sur les lacunes de la conscience, puis la justifie comme toute hypothèse scientifique par ses résultats. La thèse est que la conscience ne donne qu'une connaissance lacunaire de la vie psychique, qu'il faut compléter.
Peut-on parler de pensées dont nous n'avons pas conscience sans se contredire ?
Le plan en trois parties
Premier moment : les lacunes de la conscience
- Actes manqués, lapsus, rêves et symptômes restent inexplicables si l'on s'en tient aux données conscientes.Freud, Métapsychologie
- Ces phénomènes ont un sens et une cause, mais leur cause n'apparaît pas à celui qui les produit.Freud, Introduction à la psychanalyse
- L'hypothèse comble donc une lacune : sans elle, une part de nos conduites resterait absurde.Freud, Métapsychologie
Deuxième moment : la légitimité d'une hypothèse indirecte
- L'inconscient ne s'observe pas : il se déduit de ses effets, comme d'autres réalités en science.Freud, Métapsychologie
- Nous connaissons d'ailleurs la conscience d'autrui par inférence : l'objection de l'inobservable prouverait trop.Freud, Métapsychologie
- Contre Descartes, le psychique n'est plus coextensif au conscient : la conscience devient une qualité, non une essence.Descartes, Méditations métaphysiques, II
Troisième moment : les conséquences pour le sujet
- L'hypothèse déplace le centre de la vie psychique : le moi n'est plus maître dans sa propre maison.Freud, Essais de psychanalyse appliquée
- Elle prolonge, selon Freud lui-même, les blessures narcissiques infligées par Copernic et par Darwin.Freud, Introduction à la psychanalyse
- Sartre objectera que l'inconscient sert d'alibi et masque la mauvaise foi, qui est un mensonge à soi-même.Sartre, L'Être et le Néant
Reconnaître un inconscient, est-ce excuser ce que nous faisons ou nous en rendre autrement responsables ?