Le texte est construit sur un aveu d'embarras : je sais ce qu'est le temps tant qu'on ne me le demande pas. Il analyse ensuite l'être fuyant du passé, du présent et de l'avenir, puis propose de chercher le temps dans l'âme plutôt que dans les choses.
Le temps existe-t-il hors de l'esprit qui le mesure ?
Le plan en trois parties
Premier moment : un savoir familier qui résiste à la définition
- L'usage du mot est immédiat, sa définition impossible : le texte oppose la familiarité à la compréhension.Augustin, Confessions, XI
- Cet écart est le point de départ philosophique par excellence : l'étonnement devant l'évidence.Aristote, Métaphysique, A
- Le texte prend la forme d'une prière interrogative, ce qui donne à l'aveu d'ignorance une valeur méthodique.Augustin, Confessions, XI
Deuxième moment : l'analyse aporétique des trois temps
- Le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore : leur être est négatif.Augustin, Confessions, XI
- Le présent, s'il durait, ne serait plus du temps : il n'est qu'un passage vers le non-être.Augustin, Confessions, XI
- L'aporie interdit de traiter le temps comme une chose mesurable au dehors, à la manière des mouvements astronomiques.Aristote, Physique, IV
Troisième moment : le temps comme distension de l'âme
- Ce que l'on mesure, ce sont des impressions présentes : la mémoire, l'attention et l'attente.Augustin, Confessions, XI
- Il y a donc un présent du passé, un présent du présent et un présent de l'avenir, tous trois dans l'esprit.Augustin, Confessions, XI
- Bergson prolongera cette intériorisation en opposant la durée vécue au temps spatialisé des horloges.Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience
Si le temps n'est que dans l'âme, comment plusieurs consciences peuvent-elles partager la même histoire ?