Le texte part d'un diagnostic sur l'origine de la peur des dieux, puis oppose à cette peur l'explication physique des phénomènes, avant d'en tirer une conséquence éthique. La thèse est que la superstition naît de l'ignorance des causes naturelles et que la science libère.
La religion naît-elle d'une révélation ou de notre incapacité à expliquer la nature ?
Le plan en trois parties
Premier moment : la peur devant les phénomènes inexpliqués
- Foudre, tremblements de terre et éclipses frappent l'imagination avant d'être compris : l'homme y lit une volonté.Lucrèce, De la nature, V
- La crainte précède la croyance : ce sont les terreurs de l'âme qui peuplent le ciel de puissances.Lucrèce, De la nature, V
- Hume retrouvera cette généalogie en faisant de l'espoir et de la peur les ressorts de la religion naturelle.Hume, Histoire naturelle de la religion
Deuxième moment : l'explication par les causes naturelles
- Rien ne naît de rien : le principe physique suffit à rendre compte des phénomènes sans recourir aux dieux.Lucrèce, De la nature, I
- Connaître les causes ne supprime pas le phénomène mais dissipe son caractère prodigieux : l'orage cesse d'être un signe.Lucrèce, De la nature, VI
- Le geste est celui du savoir moderne : expliquer, c'est désenchanter, comme le dira la sociologie de la rationalisation.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
Troisième moment : la physique au service de la sérénité
- La connaissance n'est pas recherchée pour elle-même mais pour la paix de l'âme qu'elle procure.Épicure, Lettre à Hérodote
- Le texte ne nie pas l'existence des dieux : il conteste leur intervention dans le monde et donc leur droit à nous effrayer.Lucrèce, De la nature, II
- On objectera que la religion remplit aussi une fonction sociale et symbolique que la physique ne remplace pas.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
Expliquer scientifiquement un phénomène suffit-il à supprimer le besoin de lui donner un sens ?