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Lycée · Terminale · Le langage

Sommes-nous prisonniers du langage ?

Sujet de dissertation · Bac 2026 · Asie — Le langage, Terminale

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Analyse des termes

« Prisonnier » désigne une clôture subie : le langage serait à la fois ce qui nous permet de penser et ce qui limite d’avance ce qui est pensable. Le sujet oppose la langue reçue, système de catégories que nul n’a choisi, à la parole, qui peut déplacer ses propres frontières.

Problématique

Le langage est-il la condition de la pensée ou la clôture qui lui interdit de se porter au-delà de ce que la langue a déjà prévu ?

Le plan en trois parties

I

Le langage est un milieu dont nous ne sortons pas

  1. Ce qui n’a pas de mot n’a pas de place dans mon monde : les frontières de ma langue sont celles de ce que je peux penser.Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus
  2. Il n’existe pas de pensée nue qui précéderait les mots et viendrait ensuite s’y loger.Hegel, Encyclopédie, Philosophie de l’esprit
  3. La langue est un système social reçu, que le locuteur subit avant de s’en servir.Saussure, Cours de linguistique générale
TransitionSi la langue nous précède, elle ne fait pas que nous retenir. Ce qui ressemble à des murs est aussi ce qui ouvre un espace : le signe arbitraire nous arrache au présent sensible et fait de nous des sujets.
II

Mais cette contrainte est précisément ce qui nous délivre de l’immédiat

  1. L’arbitraire du signe permet de parler de l’absent et du général, donc d’échapper à la situation présente.Saussure, Cours de linguistique générale
  2. Le sujet ne préexiste pas à la langue : il se constitue en disant « je », la contrainte est une naissance.Benveniste, Problèmes de linguistique générale
  3. La grammaire est une capacité créatrice, non un catalogue : tout locuteur forme des phrases jamais entendues.Chomsky, Le Langage et la pensée
TransitionReste que cette libération n’est jamais acquise, car la langue peut être occupée et durcie. Il faut donc distinguer, à l’intérieur du langage, l’usage qui enferme et l’usage qui invente.
III

La liberté n’est pas hors du langage, elle est un certain usage du langage

  1. La parole parlante invente en tordant la langue héritée, au lieu de répéter la parole parlée.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
  2. Ce ne sont pas les langues qui enferment, mais les usages figés qu’un pouvoir y installe.Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich
  3. L’écrivain se libère en forçant la langue au lieu de la consommer.Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?
Ouverture

Si nous ne sommes prisonniers que de nos usages, une langue peut-elle être réformée volontairement sans devenir à son tour un instrument de contrainte ?

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