La formule paraît contradictoire : une pensée suppose un sujet qui pense. Le sujet demande si la pensée se réduit à l'acte conscient ou si elle comporte des opérations non aperçues.
Toute pensée est-elle l'acte d'un sujet qui s'y reconnaît, ou existe-t-il en nous des opérations pensantes sans sujet conscient ?
Le plan en trois parties
Une pensée sans penseur est contradictoire
- Toute pensée est accompagnée de la conscience d'elle-même.Descartes, Réponses aux quatrièmes objections
- Le « je pense » doit pouvoir accompagner toutes mes représentations.Kant, Critique de la raison pure
- Parler de pensées anonymes, c'est peupler l'esprit de fantômes.Alain, Éléments de philosophie
Mais des opérations pensantes se déroulent en nous
- D'innombrables perceptions nous déterminent sans être aperçues.Leibniz, Nouveaux essais
- Les formations de l'inconscient obéissent à des règles, donc à une logique.Freud, Métapsychologie
- Des structures communes organisent les mythes à l'insu de ceux qui les racontent.Lévi-Strauss, Anthropologie structurale
Repenser ce qui pense en nous
- Ce qui pense en nous se dit dans le langage et peut donc être repris.Lacan, Écrits
- Le corps possède une intelligence propre que la conscience ne domine pas.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
- Le sujet n'est pas supprimé, mais décentré : il a à devenir ce qu'il pense déjà.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Si des structures pensent en nous, la philosophie doit-elle encore partir du sujet, ou d'abord de la langue qui le précède ?