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Lycée · Terminale · Philosophie

L'inconscient

Peut-on connaître ce qui échappe à la conscience ? — Thème : L'existence humaine et la culture (programme de Terminale)

À propos de cette page
Ce lexique sur « L'inconscient » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le problème : une conscience qui ne se possède pas elle-même, L’inconscient avant Freud : Leibniz, Schopenhauer, Nietzsche, L’hypothèse freudienne : une topique, non une métaphore, Les preuves : rêve, acte manqué, symptôme. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue des philosophes, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de dissertation. Les repères du programme (légal/légitime, en fait/en droit…) sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Inconscient

Comme substantif, instance psychique dont les contenus produisent des effets sur la pensée et la conduite tout en étant soustraits par principe à la conscience. Comme adjectif, se dit soit de ce qui est privé de conscience, soit de celui qui agit sans mesurer ce qu’il fait.

Synonymes

  • Refoulé — ne nomme que le contenu chassé de la conscience, alors que l’inconscient désigne aussi le lieu et sa dynamique
  • Psychisme latent — insiste sur la non-manifestation, sans impliquer une force qui interdit l’accès

Antonymes

  • Conscient — qualité actuelle d’un état psychique, et non une substance : un contenu conscient peut redevenir inconscient
  • Lucide — s’oppose à l’inconscient au sens moral, celui de l’imprudence, non au sens freudien

À ne pas confondre

  • Préconscient — le préconscient est simplement absent de mon attention et revient à volonté ; l’inconscient résiste
  • Inconscience — l’inconscience est un état — sommeil, coma, légèreté ; l’inconscient est une structure

Selon l'époque et le point de vue — Antiquité : pas de mot, mais l’idée d’une âme divisée chez Platon · Leibniz : perceptions sans aperception · romantisme allemand : fond obscur de la nature · Freud (1900) : instance dynamique séparée par le refoulement · Lacan : structure langagière · sciences cognitives : traitements automatiques non conscients · usage courant : « il l’a fait inconsciemment », c’est-à-dire sans intention claire.

Ce que le mot permet d'écrire — Ouvrir presque tous les sujets par la distinction adjectif / substantif : « inconscient » au sens de distrait ne pose aucun problème philosophique, « l’inconscient » en pose un. Sur les sujets de connaissance, distinguer aussitôt ce qui est inaperçu et ce qui est interdit d’accès.

Conscience

Présence de l’esprit à lui-même et à ses objets ; connaissance immédiate que le sujet a de ses états, qui lui permet de dire « je ».

Synonymes

  • Aperception — terme de Leibniz et Kant, qui désigne la conscience réfléchie, et non la simple perception
  • Lucidité — ajoute une réussite, un degré de clarté, là où la conscience est un simple fait

Antonymes

  • Inconscient — s’oppose non comme le vide au plein, mais comme un autre régime de fonctionnement psychique
  • Automatisme — désigne une conduite réglée sans contrôle, sans supposer aucun désir caché

À ne pas confondre

  • Connaissance de soi — j’ai conscience de penser sans savoir ce que je suis : la conscience atteste l’existence, pas l’essence

Selon l'époque et le point de vue — Descartes : la pensée est transparente, rien dans l’esprit qui échappe à l’esprit · Locke : la conscience fonde l’identité personnelle dans le temps · Kant : le « je pense » accompagne toutes mes représentations, mais ne me livre pas ce que je suis en moi-même · Freud : la conscience n’est qu’une qualité, parfois absente, de la vie psychique · usage courant : la conscience morale, tout autre chose.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour montrer que l’inconscient n’est pas le contraire de la conscience mais sa limite interne. Permet d’écrire : « en un premier sens, avoir conscience, c’est se savoir ; en un autre sens, c’est seulement se sentir ». Sert sur tous les sujets touchant la connaissance de soi.

Psychanalyse

Méthode d’investigation des processus psychiques inconscients, technique thérapeutique fondée sur l’association libre et le transfert, et théorie du psychisme qui en découle, élaborée par Freud à partir de 1896.

Synonymes

  • Cure analytique — ne nomme que le volet thérapeutique, alors que la psychanalyse est aussi une théorie

Antonymes

  • Psychologie introspective — elle tient la conscience pour la totalité du psychisme, et non pour sa surface
  • Behaviorisme — refuse toute référence à l’intériorité, au lieu de contester seulement sa transparence

À ne pas confondre

  • Psychiatrie — la psychiatrie est une spécialité médicale, qui prescrit ; la psychanalyse interprète une parole
  • Psychologie scientifique — celle-ci procède par expérimentation et statistique, celle-là par étude de cas

Selon l'époque et le point de vue — 1895 : Études sur l’hystérie, avec Breuer · 1900 : L’Interprétation du rêve · 1923 : seconde topique · dissidences de Jung et d’Adler · relecture structurale de Lacan à partir de 1953 · contestation épistémologique de Popper puis de Grünbaum · usage courant : « psychanalyser » quelqu’un, pour dire percer ses intentions.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de ne pas confondre le problème philosophique (y a-t-il un inconscient ?) et le problème épistémologique (la psychanalyse est-elle une science ?). Sur un sujet du type « La psychanalyse est-elle une science ? », c’est la distinction des trois volets — méthode, thérapie, théorie — qui donne le plan.

Refoulement

Opération par laquelle le moi repousse hors de la conscience une représentation liée à une pulsion, et la maintient au-dehors par une dépense continue d’énergie.

Synonymes

  • Répression — la répression est consciente et volontaire, le refoulement ne l’est pas

Antonymes

  • Prise de conscience — elle ne défait pas le refoulement par simple information : il y faut la levée d’une résistance
  • Sublimation — la sublimation dérive la pulsion vers un but valorisé au lieu de l’enfermer

À ne pas confondre

  • Oubli — l’oubli est une défaillance passive ; le refoulement est un acte, et il est actif en permanence
  • Censure — la censure est l’instance qui opère, le refoulement est l’opération elle-même

Selon l'époque et le point de vue — Nietzsche en décrit le mécanisme sans le mot, quand l’orgueil fait céder la mémoire · Freud en fait « le pilier sur lequel repose l’édifice de la psychanalyse » · Sartre y voit une contradiction, car la censure doit savoir ce qu’elle écarte · usage courant : « refouler sa colère », qui désigne en fait une répression consciente.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est le concept qui fait de l’inconscient autre chose qu’un stock d’informations : il y introduit le conflit et la force. Sur « Puis-je ignorer mes propres pensées ? », le refoulement fournit la thèse, et l’objection sartrienne l’antithèse.

Pulsion

Poussée d’origine corporelle qui tend vers une satisfaction, et qui se caractérise par sa source, sa poussée, son but et son objet — ce dernier étant variable.

Synonymes

  • Désir — le désir vise un objet représenté ; la pulsion est une force dont l’objet est contingent

Antonymes

  • Volonté — la volonté délibère et choisit ; la pulsion pousse sans se donner de raisons

À ne pas confondre

  • Instinct — l’instinct est un montage héréditaire rigide, propre à l’animal ; la pulsion est plastique et peut changer de but
  • Besoin — le besoin s’apaise par un objet déterminé ; la pulsion, jamais tout à fait

Selon l'époque et le point de vue — Schopenhauer : une Volonté aveugle, sans but ni terme · Freud (1915) : concept-limite entre le somatique et le psychique · après 1920 : dualité entre pulsions de vie et pulsion de mort · usage courant : « agir par pulsion », c’est-à-dire sans réfléchir, ce qui écrase la différence avec l’impulsion.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de montrer que l’inconscient n’est pas fait de pensées cachées mais de forces : c’est ce qui le rend irréductible à une simple mémoire. Sert à opposer l’inconscient freudien à l’inconscient cognitif, qui ne connaît aucune énergie de ce type.

Ça

Dans la seconde topique, pôle pulsionnel de la personnalité, entièrement inconscient, régi par le seul principe de plaisir et ignorant la contradiction, la négation et le temps.

Synonymes

  • Fonds pulsionnel — descriptif, mais perd l’idée que le Ça est impersonnel, ce que dit justement le pronom

Antonymes

  • Surmoi — instance de l’interdit, qui s’oppose au Ça sans être plus consciente que lui

À ne pas confondre

  • Inconscient de la première topique — l’inconscient était un système défini par la censure ; le Ça est une instance définie par la pulsion, et une part du Moi est inconsciente elle aussi

Selon l'époque et le point de vue — Le terme vient de Groddeck, repris par Freud en 1923 dans Le Moi et le Ça · Nietzsche employait déjà le neutre allemand pour désigner ce qui pense en nous · usage courant : quasi nul, sinon comme plaisanterie.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que la seconde topique n’est pas une redite de la première : elle rend inconsciente une part du moi lui-même, ce qui radicalise la thèse. À citer avec précaution pour ne pas faire du Ça un petit personnage.

Surmoi

Instance qui juge, interdit et punit le moi ; héritière du complexe d’Œdipe, elle intériorise les exigences parentales et sociales, et opère pour l’essentiel inconsciemment.

Synonymes

  • Conscience morale — Freud en fait un effet du Surmoi, et non son équivalent : le Surmoi est aussi inconscient et souvent cruel

Antonymes

  • Ça — pôle de l’exigence pulsionnelle, quand le Surmoi est pôle de l’exigence normative

À ne pas confondre

  • Idéal du moi — l’idéal du moi propose un modèle à atteindre, le Surmoi interdit et sanctionne

Selon l'époque et le point de vue — Freud, 1923 · développé dans Malaise dans la civilisation (1930), où le renoncement pulsionnel renforce le Surmoi au lieu de l’apaiser · repris par l’École de Francfort pour penser l’autorité · usage courant : « un surmoi écrasant », pour désigner une exigence intériorisée.

Ce que le mot permet d'écrire — Décisif sur les sujets qui croisent inconscient et morale : la culpabilité peut être inconsciente, ce qui interdit de réduire la conscience morale à un examen lucide de soi. Bonne réponse à qui croit que l’inconscient ne contient que des désirs interdits.

Sublimation

Destin de la pulsion par lequel celle-ci abandonne son but sexuel direct pour un but socialement valorisé — création artistique, recherche intellectuelle, dévouement.

Synonymes

  • Dérivation — purement mécanique, alors que la sublimation suppose une valorisation sociale du nouveau but

Antonymes

  • Refoulement — le refoulement bloque la pulsion et produit un symptôme ; la sublimation la laisse s’accomplir autrement

À ne pas confondre

  • Sublime — le sublime est une catégorie esthétique kantienne, sans aucun rapport avec l’économie pulsionnelle

Selon l'époque et le point de vue — Freud l’illustre par Léonard de Vinci (1910), dont la curiosité scientifique dérive d’une pulsion de savoir infantile · le terme vient de la chimie, où sublimer c’est faire passer du solide au gazeux · usage courant : « sublimer sa douleur », souvent au sens vague d’embellir.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à répondre à l’objection selon laquelle la psychanalyse réduirait toute la culture au sexe : elle explique au contraire comment la pulsion devient œuvre. Utile sur les sujets croisant inconscient, art et travail.

Symptôme

Manifestation — corporelle, comportementale ou verbale — par laquelle un conflit psychique refoulé se satisfait de façon déguisée, au prix d’une souffrance pour le sujet.

Synonymes

  • Formation de compromis — terme technique qui dit mieux la double satisfaction, celle de la pulsion et celle de la défense

Antonymes

  • Guérison — en psychanalyse, elle n’est pas la disparition du signe mais la reprise de son sens par le sujet

À ne pas confondre

  • Signe médical — le signe renvoie à une lésion, le symptôme analytique renvoie à une signification

Selon l'époque et le point de vue — Médecine hippocratique : indice d’une maladie · Charcot : les symptômes hystériques reproduisent l’idée que le patient se fait de la maladie, non l’anatomie · Freud : le symptôme a un sens et parle · Lacan : le symptôme est structuré comme un message · usage courant : simple signe d’un mal.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est l’exemple qui rend l’inconscient observable par ses effets : il autorise l’argument selon lequel on connaît l’inconscient médiatement. À employer contre l’idée que rien de l’inconscient ne se montre jamais.

Acte manqué

Conduite qui échoue au regard de l’intention consciente — lapsus, oubli, maladresse — et qui réalise en réalité une autre intention, inconsciente.

Synonymes

  • Lapsus — cas particulier, limité à la parole ou à l’écriture

Antonymes

  • Acte volontaire — il ne s’oppose que du point de vue de la conscience : pour Freud, l’acte manqué est lui aussi un acte

À ne pas confondre

  • Maladresse accidentelle — l’accident n’a pas de sens ; l’acte manqué s’inscrit dans l’histoire du sujet et se répète
  • Hasard — Freud conteste précisément qu’il existe un hasard psychique

Selon l'époque et le point de vue — Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne (1901) · l’argument séduit parce qu’il porte sur des faits banals, accessibles à chacun · Popper y voit au contraire le signe d’une théorie que rien ne peut contredire · usage courant : « acte manqué » est passé dans la langue, souvent pour désigner un rendez-vous oublié.

Ce que le mot permet d'écrire — Exemple à donner en première partie sur tout sujet demandant si l’inconscient existe. Mais il faut assumer l’objection : à quel signe reconnaître un vrai acte manqué d’une simple erreur ? Cette question fournit la transition vers Popper.

Contenu latent

Signification réelle d’un rêve — un désir refoulé — que le travail du rêve transforme, par condensation et déplacement, en contenu manifeste, c’est-à-dire en récit apparent.

Synonymes

  • Sens caché — trop vague : le latent n’est pas caché par pudeur mais déformé par la censure

Antonymes

  • Contenu manifeste — ce n’est pas une illusion pure, c’est le texte à déchiffrer

À ne pas confondre

  • Symbole — le symbole suppose un code fixe ; l’interprétation freudienne passe par les associations propres au rêveur

Selon l'époque et le point de vue — Antiquité : le rêve est un message venu des dieux · Descartes et l’âge classique : un désordre des esprits animaux · Freud (1900) : un accomplissement de désir déguisé · Jung : l’expression d’archétypes collectifs · neurosciences contemporaines : activation aléatoire remise en récit.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de montrer que l’inconscient se connaît par interprétation, non par observation : il faut lire, pas regarder. Sur « L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ? », c’est le pivot de la deuxième partie.

Résistance

Tout ce qui, dans la conduite ou la parole du patient, s’oppose au travail de la cure et au retour à la conscience du refoulé.

Synonymes

  • Défense — terme plus large, qui englobe toutes les opérations du moi contre la pulsion

Antonymes

  • Association libre — la règle qui vise à la contourner, en demandant de tout dire sans trier

À ne pas confondre

  • Désaccord rationnel — un désaccord peut être fondé ; traiter toute objection comme une résistance rend la théorie irréfutable

Selon l'époque et le point de vue — Freud en fait la preuve indirecte du refoulement : c’est l’effort du patient pour ne pas savoir · Popper y voit l’exemple type de l’immunisation d’une théorie contre la réfutation · Grünbaum prolonge la critique en interrogeant la valeur probante de la cure.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est le concept qui bascule le chapitre du côté épistémologique. Il fournit un argument aux deux camps : preuve pour Freud, vice logique pour Popper. Idéal pour construire une antithèse serrée.

Mauvaise foi

Chez Sartre, attitude d’une conscience qui se ment à elle-même en se prenant pour ce qu’elle n’est pas, afin de fuir sa liberté et la responsabilité qui l’accompagne.

Synonymes

  • Fuite de soi — descriptif, mais perd l’idée de duperie, c’est-à-dire d’un mensonge dont je suis à la fois l’auteur et la victime

Antonymes

  • Authenticité — elle n’est pas une sincérité sur ce que je suis, mais la reprise assumée de ce que je me fais être
  • Refoulement — s’y oppose comme une conscience unique s’oppose à un psychisme divisé

À ne pas confondre

  • Hypocrisie — l’hypocrite trompe autrui et sait la vérité ; l’homme de mauvaise foi se trompe lui-même
  • Erreur — l’erreur est subie ; la mauvaise foi est un projet

Selon l'époque et le point de vue — Sartre, L’Être et le Néant (1943) · elle répond point par point à la censure freudienne · Simone de Beauvoir en étend l’analyse à la condition féminine · usage courant : « être de mauvaise foi », pour dire refuser d’admettre ce que l’on sait, ce qui est proche du sens sartrien.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est l’arme centrale de toute antithèse sur ce chapitre : elle permet d’expliquer les mêmes faits que Freud sans poser d’inconscient. Sur « Suis-je ce que mon inconscient fait de moi ? », elle renverse le sujet en accusation.

Déterminisme

Thèse selon laquelle tout événement, y compris psychique, résulte nécessairement de causes antérieures, de sorte que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Synonymes

  • Nécessité causale — formulation métaphysique, alors que le déterminisme est d’abord un principe de méthode scientifique

Antonymes

  • Liberté d’indifférence — pouvoir choisir sans raison déterminante, que Spinoza tient pour une illusion
  • Hasard — absence de loi, et non absence de contrainte : ce n’est pas la liberté

À ne pas confondre

  • Fatalisme — le fatalisme affirme que l’issue arrivera quoi que je fasse ; le déterminisme inclut mon action parmi les causes
  • Prédestination — notion théologique, qui suppose une volonté et un décret, non des lois

Selon l'époque et le point de vue — Stoïciens : l’enchaînement du destin · Spinoza : nous nous croyons libres parce que nous ignorons les causes · Laplace : une intelligence connaissant l’état du monde connaîtrait l’avenir · Freud : le déterminisme psychique, sans exception, jusqu’au lapsus · aujourd’hui : débat sur le déterminisme neuronal.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à éviter le contresens massif du chapitre. Montrer que le déterminisme n’implique pas le fatalisme permet de soutenir que l’inconscient n’abolit pas la responsabilité : c’est la clé de la troisième partie sur les sujets moraux.

Subconscient

Terme du langage courant, désignant vaguement une zone intermédiaire entre le conscient et l’inconscient, que Freud a explicitement écarté du vocabulaire de la psychanalyse.

Synonymes

  • Préconscient — seul terme rigoureux pour ce que l’usage appelle subconscient : ce qui revient à la conscience sans obstacle

Antonymes

  • Inconscient freudien — il n’est pas « sous » la conscience, à demi éclairé : il en est séparé par une barrière active

À ne pas confondre

  • Inconscient — le préfixe sub- suggère un simple degré d’intensité ; le préfixe in- marque une différence de nature

Selon l'époque et le point de vue — Répandu par la psychologie de la fin du XIXe siècle et par Pierre Janet · rejeté par Freud parce qu’il fait de l’inconscient une conscience faible · largement diffusé aujourd’hui par le développement personnel.

Ce que le mot permet d'écrire — À ne jamais employer dans une copie, sinon pour le critiquer : c’est l’un des signaux qui font baisser une note. Le mentionner pour le disqualifier, en revanche, montre que l’on a compris que la thèse forte est celle d’une différence de nature.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

En fait / en droit

Ce qui est constaté dans l’expérience, opposé à ce qui est possible ou légitime par principe.

Ce qu'il débloque — Séparer l’impossibilité d’accès accidentelle et l’impossibilité de principe, ce qui décide du sens de la notion.

Exemple — Sur « Puis-je ignorer mes propres pensées ? », en fait j’ignore quantité de mes pensées par simple distraction ; la question est de savoir s’il y a des pensées que je ne peux pas connaître en droit.

Médiat / immédiat

Ce qui est atteint par l’intermédiaire d’un terme tiers, opposé à ce qui est saisi directement.

Ce qu'il débloque — Sauver la connaissance de l’inconscient sans contredire sa définition : il est inconnaissable immédiatement, connaissable médiatement.

Exemple — Sur « L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ? », il permet de répondre : il échappe à l’introspection, non à l’interprétation du rêve ou du lapsus.

Objectif / subjectif

Ce qui vaut pour tout sujet et relève de l’objet, opposé à ce qui dépend du sujet qui éprouve.

Ce qu'il débloque — Poser le problème épistémologique : une science de l’inconscient exige de traiter comme objet ce qui n’est donné qu’à un sujet.

Exemple — Sur « La psychanalyse est-elle une science ? », il permet de montrer que la cure ne se répète pas, faute de pouvoir isoler un objet indépendant du sujet.

Expliquer / comprendre

Rapporter un phénomène à ses causes, opposé à saisir la signification d’une conduite de l’intérieur.

Ce qu'il débloque — Trancher le statut de l’interprétation analytique : elle vise un sens, non une loi.

Exemple — Sur « Peut-on connaître l’inconscient ? », il permet de dépasser Popper : la psychanalyse est une herméneutique, comme le soutient Ricœur, et non une physique du psychisme.

Cause / fin

Ce qui produit un effet, opposé au but en vue duquel une chose est faite.

Ce qu'il débloque — Montrer que l’inconscient fonctionne comme une cause qui se présente avec l’allure d’une intention.

Exemple — Sur « L’inconscience est-elle un défaut ? », il permet de distinguer l’acte causé que l’on subit et l’acte manqué qui, pour Freud, poursuit une fin non avouée.

Obligation / contrainte

Ce qui oblige moralement un sujet libre, opposé à ce qui le force physiquement ou psychiquement.

Ce qu'il débloque — Décider si l’inconscient excuse : ce qui contraint dispense, ce qui oblige suppose la liberté.

Exemple — Sur « Suis-je ce que mon inconscient fait de moi ? », il fonde la troisième partie : la cure fait passer de la contrainte subie à l’obligation de répondre de soi.

Croire / savoir

Tenir pour vrai sans preuve suffisante, opposé à tenir pour vrai avec des raisons contraignantes.

Ce qu'il débloque — Interroger le statut de l’adhésion à la psychanalyse, souvent reprochée comme une croyance.

Exemple — Sur « Faut-il être inconscient pour être heureux ? », il permet de demander si le bonheur du naïf repose sur une illusion crue, et ce qu’un tel bonheur vaut.

Vrai / probable / certain

Ce qui est conforme à son objet, ce qui est seulement vraisemblable, ce dont le sujet ne peut douter.

Ce qu'il débloque — Distinguer la certitude subjective d’une interprétation et sa vérité, qui reste à établir.

Exemple — Sur « Toute interprétation est-elle arbitraire ? », il permet de soutenir qu’une interprétation peut être probable sans être arbitraire, dès lors qu’elle rend compte de plusieurs faits à la fois.

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