L'oubli est ordinairement conçu comme une défaillance de la conservation. Le sujet demande s'il n'est pas plutôt une opération active, voire une condition de la vie psychique.
Oublier est-il perdre, ou est-ce un travail du psychisme qui organise ce que nous pouvons supporter de notre passé ?
Le plan en trois parties
Oublier, c'est perdre
- L'identité repose sur la continuité du souvenir.Augustin, Confessions
- Sans mémoire, aucune connaissance de soi ne serait possible.Bergson, Matière et mémoire
- L'oubli collectif d'une injustice menace la justice elle-même.Ricœur, De l'interprétation
Mais l'oubli est une activité, non une panne
- Le refoulement écarte activement ce qui est insupportable.Freud, Métapsychologie
- Les oublis de noms obéissent à une logique de désir.Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne
- Rien ne se perd vraiment : le passé subsiste sous une autre forme.Bergson, Matière et mémoire
Une santé de l'oubli
- Une mémoire sans oubli empêcherait d'agir et de commencer.Nietzsche, Généalogie de la morale
- La norme n'est pas la conservation totale, mais la capacité de vivre avec son passé.Canguilhem, Le Normal et le Pathologique
- La cure ne rend pas tous les souvenirs : elle rend le passé racontable.Freud, la cure par la parole
Si oublier peut être sain, à quelles conditions une société peut-elle, elle aussi, oublier sans injustice ?