Être responsable suppose ordinairement d'être l'auteur conscient de son acte. Le sujet demande si ce lien entre savoir et imputation résiste à l'idée d'un psychisme opaque à lui-même.
La responsabilité exige-t-elle la conscience de ce que l'on fait, ou peut-elle porter sur ce qui agit en nous à notre insu ?
Le plan en trois parties
On ne répond que de ce que l'on sait
- L'imputation suppose une pensée présente à elle-même au moment de l'acte.Descartes, Réponses aux quatrièmes objections
- Le droit distingue l'acte volontaire et l'acte accompli sous l'empire d'un trouble.Canguilhem, Le Normal et le Pathologique
- Sans conscience de la loi, il n'y a pas de sujet moral au sens strict.Kant, représentations obscures
Pourtant nos actes disent plus que nos intentions
- Les actes manqués réussissent un désir que l'agent ne reconnaît pas.Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne
- La conscience morale intériorisée punit pour des désirs jamais avoués.Freud, Malaise dans la civilisation
- L'ignorance de soi est souvent entretenue : elle est déjà une conduite.Sartre, L'Être et le Néant
Une responsabilité qui consiste à se rendre présent à soi
- Répondre de soi, c'est accepter de déchiffrer ce qui parle à travers nous.Lacan, Écrits
- L'interprétation de soi est une tâche éthique, non une simple curiosité.Ricœur, De l'interprétation
- Le sujet n'est pas transparent, mais il est capable de reprise : c'est là qu'il devient responsable.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Une responsabilité qui suppose un travail d'interprétation peut-elle encore fonder un jugement juridique, ou relève-t-elle seulement de l'éthique ?