La maxime delphique fait de la connaissance de soi un devoir, mais le sujet interroge sa possibilité même. La difficulté tient à ce que le connaissant et le connu sont ici confondus.
Un sujet peut-il se prendre lui-même pour objet de connaissance, ou l'identité du sujet et de l'objet rend-elle ce savoir impossible ?
Le plan en trois parties
Le sujet dispose d'un accès privilégié à lui-même
- La conscience me livre immédiatement mes états, sans intermédiaire trompeur.Descartes, Méditations métaphysiques
- La mémoire conserve mon histoire et rend possible un récit de moi.Bergson, Matière et mémoire
- L'unité du « je pense » garantit qu'il y a bien un moi à connaître.Kant, Critique de la raison pure
Mais je suis pour moi-même opaque
- La conscience ignore les causes réelles de ses désirs.Spinoza, Lettre à Schuller
- Le refoulement interdit l'accès direct à ce qui compte le plus.Freud, Métapsychologie
- La mémoire est un vaste palais dont je ne visite jamais toutes les salles.Augustin, Confessions
Se connaître est une tâche indirecte et indéfinie
- Je me comprends en interprétant les signes que je laisse derrière moi.Ricœur, De l'interprétation
- La parole adressée à un autre ouvre un accès que l'introspection ne donne pas.Freud, la cure par la parole
- Le sujet n'est jamais transparent mais toujours en situation, donc jamais achevé.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Si la connaissance de soi n'a pas de terme, faut-il y voir un échec ou la marque de ce qui fait la dignité d'un sujet ?