La liberté se définit ordinairement par la maîtrise consciente de ses actes. Le sujet demande si l'existence de déterminations ignorées ruine cette maîtrise ou en modifie seulement la définition.
L'inconscient supprime-t-il la liberté, ou oblige-t-il à la concevoir autrement que comme transparence à soi ?
Le plan en trois parties
Une liberté sans conscience de ses causes est illusoire
- Nous nous croyons libres parce que nous ignorons ce qui nous détermine.Spinoza, Lettre à Schuller
- Le moi obéit à des forces dont il n'a pas la clé.Freud, Une difficulté de la psychanalyse
- La volonté consciente n'est que la surface d'un vouloir-vivre aveugle.Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation
Mais faire de l'inconscient un destin est un abus
- L'inconscient-chose est une construction qui supprime le sujet au lieu de l'expliquer.Politzer, Critique des fondements de la psychologie
- Invoquer une force intérieure pour ne pas choisir relève de la mauvaise foi.Sartre, L'Être et le Néant
- Le second moi que l'on se donne n'est qu'une idole commode.Alain, Éléments de philosophie
Une liberté conquise sur l'ignorance
- Connaître la cause d'un affect en diminue l'emprise et accroît la puissance d'agir.Spinoza, Éthique
- La cure ne libère pas des conflits, elle rend capable de s'y tenir autrement.Freud, la cure par la parole
- Le sujet libre est celui qui reprend ce qu'il n'a pas choisi, non celui qui part de rien.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Si la liberté se conquiert, dépend-elle alors de conditions sociales qui permettent ou non ce travail sur soi ?