« Pouvoir » recouvre ici la possibilité psychique et la légitimité morale. Le sujet met en tension l'idéal de sincérité et l'existence d'un fond de soi qui ne se laisse pas énoncer.
Le sujet dispose-t-il d'un accès complet à lui-même qui rendrait possible un aveu total, ou la parole rencontre-t-elle une limite intérieure ?
Le plan en trois parties
La sincérité paraît exiger et permettre un dire total
- L'examen de conscience suppose que tout ce qui est en moi peut être formulé.Augustin, Confessions
- La transparence de la pensée à elle-même rend en droit l'aveu complet possible.Descartes, Réponses aux quatrièmes objections
- Refuser de dire, c'est souvent refuser de voir : la sincérité est un devoir envers soi.Sartre, L'Être et le Néant
Mais quelque chose en moi résiste à la parole
- Le refoulement maintient hors du discours ce qui menacerait l'équilibre du moi.Freud, Métapsychologie
- Une foule de perceptions me déterminent sans jamais atteindre le seuil du dicible.Leibniz, Nouveaux essais
- Le corps exprime ce que le discours ne formule pas : il a sa propre raison.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
Dire de soi, c'est moins avouer que faire advenir
- Dans la parole libre, le sujet découvre ce qu'il ne savait pas avoir à dire.Freud, la cure par la parole
- L'inconscient se manifeste dans les ratés du langage, donc dans le dire lui-même.Lacan, Écrits
- Se raconter, c'est construire un sens et non lire un texte déjà écrit.Ricœur, De l'interprétation
Si la parole fait advenir ce qu'elle dit, la vérité sur soi est-elle découverte ou inventée ?