La tradition oppose l'étendue et la pensée, faisant du corps une machine. Le sujet demande si ce partage résiste aux conduites où le corps sait avant la conscience.
Le corps est-il seulement l'instrument d'une pensée qui lui reste extérieure, ou une intelligence lui appartient-elle en propre ?
Le plan en trois parties
Le corps ne pense pas
- La pensée se définit par la conscience, dont le corps est dépourvu.Descartes, Méditations métaphysiques
- Attribuer une pensée au corps, c'est confondre le mécanisme et l'esprit.Alain, Éléments de philosophie
- Les réflexes relèvent de la physiologie, non de la signification.Canguilhem, Le Normal et le Pathologique
Mais le corps sait et veut
- Il y a plus de raison dans le corps que dans notre sagesse consciente.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
- Le vouloir-vivre s'exprime dans le corps avant toute représentation.Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation
- Le symptôme corporel dit un conflit psychique que le discours tait.Freud, Métapsychologie
Une pensée incarnée
- Le corps propre est un sujet percevant, non un objet parmi d'autres.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
- L'habitus est un savoir incorporé qui agit sans calcul.Bourdieu, Le Sens pratique
- Le corps n'aperçoit pas tout ce qu'il perçoit, et c'est ce qui rend l'habitude possible.Leibniz, Nouveaux essais
Si la pensée est incarnée, la connaissance de soi passe-t-elle davantage par l'attention au corps que par la réflexion ?