Le verbe « croire » suggère que l'inconscient relève de l'adhésion plutôt que de la preuve. Le sujet demande quel statut donner à une hypothèse qui organise notre rapport à nous-mêmes.
L'inconscient s'impose-t-il comme un fait établi, ou nous demande-t-il une confiance qui ressemble à une croyance ?
Le plan en trois parties
L'inconscient semble relever de la croyance
- Aucune expérience ne peut le démentir, donc rien ne le prouve vraiment.Popper, Conjectures et réfutations
- On y adhère parce qu'il explique tout, ce qui est le propre des mythologies.Alain, Éléments de philosophie
- Son vocabulaire de forces emprunte à la physique une autorité qu'il n'a pas.Politzer, Critique des fondements de la psychologie
Mais des faits têtus imposent l'hypothèse
- La conscience présente des lacunes que seule une causalité psychique explique.Freud, Métapsychologie
- Les ratés de la vie quotidienne obéissent à une logique repérable.Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne
- L'esprit contient déjà, selon les classiques, des représentations non aperçues.Leibniz, Nouveaux essais
Ni croire ni prouver : interpréter
- L'hypothèse vaut par sa fécondité herméneutique, non par une preuve expérimentale.Ricœur, De l'interprétation
- Ses effets se vérifient dans la parole du sujet, seul lieu de sa validation.Freud, la cure par la parole
- Sa rigueur tient à la structure du langage dans lequel elle se déchiffre.Lacan, Écrits
Un savoir qui se vérifie dans ses effets sur celui qui l'accepte reste-t-il un savoir, ou devient-il une pratique ?