La méfiance suppose qu'un danger vienne de celui en qui l'on aurait confiance. Le sujet demande si le rapport à soi doit être celui du soupçon ou de la confiance.
La connaissance de nos déterminations ignorées impose-t-elle une défiance envers soi, ou une telle défiance ruine-t-elle la possibilité même d'agir ?
Le plan en trois parties
La méfiance est légitime
- La conscience prend ses illusions pour des évidences.Spinoza, Lettre à Schuller
- Le moi se défend contre ce qu'il ne veut pas savoir.Freud, Métapsychologie
- Nos valeurs les plus sûres ont une origine qui les rend suspectes.Nietzsche, Généalogie de la morale
Mais une méfiance sans limite paralyse
- Un soupçon universel ne peut plus être corrigé par aucune expérience.Popper, Conjectures et réfutations
- Se méfier de soi devient parfois un moyen élégant de ne rien décider.Sartre, L'Être et le Néant
- L'agent doit faire confiance à des habitudes qu'il ne contrôle pas pour agir juste.Bourdieu, Le Sens pratique
Une vigilance plutôt qu'une défiance
- Le soupçon n'a de valeur que comme moment d'un travail d'interprétation.Ricœur, De l'interprétation
- La cure vise à rendre confiance dans sa parole, non à en douter sans fin.Freud, la cure par la parole
- Le sujet en situation compose avec son opacité au lieu de la combattre.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Si la lucidité sur soi suppose un travail avec autrui, la confiance en soi est-elle jamais une affaire purement individuelle ?