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Permanences et mutations de la société française jusqu'en 1914
Société rurale, monde ouvrier, syndicalisme (CGT), Le Creusot, place des femmes, immigration, Belle Époque (programme d'histoire de 1re)
À propos de cette page
Les repères à connaître
14 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.
- 1836Adolphe et Eugène Schneider rachètent les forges du Creusot (Saône-et-Loire)Point de départ de la dynastie Schneider et de la ville-usine, exemple type du paternalisme.
- 1870Grèves du Creusot (janvier et mars)Première grande contestation du paternalisme Schneider ; la troupe est envoyée contre les grévistes.
- 1878-1879Plan FreycinetMultiplie les voies ferrées secondaires et désenclave les campagnes.
- 1889Loi du 26 juin sur la nationalitéRenforce le droit du sol : de nombreux enfants d'étrangers nés en France deviennent français.
- 1891Fusillade de Fourmies (Nord), 1er maiLa troupe tire sur des manifestants et tue neuf personnes : symbole de la répression ouvrière.
- 1892Tarif Méline et loi du 2 novembre sur le travail des enfants et des femmesProtection des paysans par la douane ; premières limites durables au travail industriel.
- 1893Massacre d'Aigues-Mortes (Gard), 16-17 aoûtViolences contre des ouvriers italiens des salins : le sommet de la xénophobie ouvrière.
- 1895Fondation de la CGT à LimogesNaissance de la confédération qui regroupe les syndicats ouvriers.
- 1898Loi du 9 avril sur les accidents du travailL'employeur indemnise l'accident sans que l'ouvrier ait à prouver une faute : le risque professionnel.
- 1899Grève du Creusot et arbitrage de Waldeck-RousseauL'État intervient comme arbitre dans un conflit du travail chez les Schneider.
- 1906Catastrophe de Courrières (10 mars) et Charte d'Amiens (octobre)1 099 mineurs tués ; la CGT affirme son indépendance envers les partis et le syndicalisme révolutionnaire.
- 1907Révolte des vignerons du Midi ; loi du 13 juillet sur le salaire des femmes mariéesCrise du monde rural ; première brèche dans l'incapacité juridique de l'épouse.
- 1910Loi du 5 avril sur les retraites ouvrières et paysannesPremière retraite obligatoire, fixée à 65 ans ; critiquée comme une « retraite pour les morts ».
- 1911Recensement : 39,6 millions d'habitants, 44 % d'urbains, 1,16 million d'étrangersLa photographie d'une France encore rurale mais en mutation, à la veille de la guerre.
Une France qui reste rurale
En 1911, le recensement compte 39,6 millions d'habitants, dont environ 56 % vivent encore dans des communes rurales (moins de 2 000 habitants agglomérés). L'agriculture occupe un peu plus de 40 % des actifs. La France de la Belle Époque reste un pays de villages : il faut attendre le recensement de 1931 pour que les urbains deviennent majoritaires.
Une paysannerie de petits propriétaires. Héritière de la vente des biens nationaux sous la Révolution et du partage égalitaire des successions prévu par le Code civil (1804), la France compte une grande majorité d'exploitations de moins de 10 hectares. À côté des propriétaires exploitants vivent des fermiers, des métayers (nombreux dans le Bourbonnais ou les Landes) et des journaliers sans terre, les plus pauvres et les premiers à partir vers la ville.
Des campagnes très diverses. Les grandes exploitations céréalières et betteravières du Bassin parisien et du Nord, qui achètent engrais et faucheuses, s'opposent à la polyculture vivrière du Massif central ou de la Bretagne. Le Languedoc s'est spécialisé dans la vigne, la Normandie dans l'élevage laitier.
Crises et protection. À partir des années 1870, le phylloxéra, un puceron identifié en 1868, ravage une large part du vignoble, reconstitué ensuite sur des porte-greffes américains. Puis le prix du blé baisse face aux importations américaines et russes. Le tarif douanier de Jules Méline (1892) relève les droits de douane sur les produits agricoles : il protège les revenus paysans mais ralentit la modernisation. En 1907, la mévente du vin soulève le Languedoc : Marcelin Albert rassemble des foules immenses, notamment à Montpellier en juin, et le 17e régiment d'infanterie se mutine à Béziers.
Le monde rural ne vit pas pour autant replié : le plan Freycinet (1878-1879) multiplie les voies ferrées secondaires, le service militaire brasse les jeunes gens, la presse à bon marché pénètre les villages, et les migrations saisonnières (maçons de la Creuse à Paris) entretiennent des liens anciens avec la ville.
Industrialisation et urbanisation
La France s'industrialise plus lentement que le Royaume-Uni ou l'Allemagne, mais continûment. Après la « Grande Dépression » (1873-1896), marquée par la baisse des prix et des profits, la croissance repart de 1896 à 1913 grâce à la seconde industrialisation : électricité, chimie, aluminium, automobile.
Une géographie contrastée. Le Nord associe houillères (bassin du Nord-Pas-de-Calais) et textile (Lille, Roubaix, Tourcoing). La Lorraine restée française (Meurthe-et-Moselle) devient le premier bassin sidérurgique du pays grâce au procédé Thomas-Gilchrist (1877-1879), qui permet d'utiliser à partir des années 1880 son minerai phosphoreux, la minette. La région lyonnaise (soie, chimie), le bassin de Saint-Étienne et la région parisienne (mécanique, automobile, avec Louis Renault à Billancourt dès 1898-1899) complètent la carte ; les Alpes du Nord exploitent l'hydroélectricité, la « houille blanche », pour l'électrométallurgie.
Grande usine et petit atelier. La grande entreprise progresse : sociétés anonymes, banques de dépôt (Crédit lyonnais, 1863 ; Société générale, 1864), dynasties patronales comme les Wendel en Lorraine ou les Schneider au Creusot. Mais une part importante des ouvriers travaille encore dans de petits établissements, et le travail à domicile (confection, ganterie, horlogerie jurassienne) reste répandu.
Urbanisation. L'industrie, le commerce et l'administration attirent les ruraux : la part de la population urbaine passe d'environ 25 % en 1851 à 44 % en 1911. Paris compte environ 1,9 million d'habitants en 1872 et près de 2,9 millions en 1911 ; Lyon, Marseille, Lille et Saint-Étienne grandissent aussi. Cette croissance vient surtout de l'exode rural et de l'immigration, bien plus que de l'excédent des naissances. Les faubourgs et les banlieues ouvrières (Saint-Denis, Billancourt) accueillent les nouveaux venus, souvent dans des logements étroits et insalubres.
Point de passage : Le Creusot et la famille Schneider
En 1836, les frères Adolphe et Eugène Schneider rachètent les forges du Creusot, en Saône-et-Loire, à proximité d'un gisement de houille. Ils y fabriquent des rails, des locomotives (parmi les premières construites en France, dès 1838), des navires et des ponts métalliques ; le marteau-pilon mis au point par l'ingénieur François Bourdon (1841) permet de forger de très grosses pièces. Après la défaite de 1870, l'entreprise se tourne vers l'armement : canons et blindages font sa fortune jusqu'en 1914.
Une ville-usine. Le bourg de quelques milliers d'habitants devient une ville industrielle de plusieurs dizaines de milliers d'habitants ; vers 1870, l'usine emploie environ 10 000 personnes. Les Schneider résident au château de la Verrerie, au cœur de la ville, et cumulent pouvoir économique et pouvoir politique : Eugène Schneider (1805-1875) préside le Corps législatif de 1867 à 1870 ; son fils Henri, puis son petit-fils Eugène II dirigent l'usine et occupent la mairie ou un siège de député.
Le paternalisme. Les Schneider encadrent la vie ouvrière de la naissance à la mort : écoles qui forment les futurs ouvriers qualifiés et contremaîtres, hôpital, caisses de secours et de retraite, cités ouvrières, jardins, aide à l'accession à la propriété, églises. Le système vise à fixer une main-d'œuvre qualifiée, à la moraliser et à la détourner de la grève et du syndicat. Il crée une dépendance totale : perdre son emploi, c'est perdre aussi son logement et ses droits aux secours.
Un contrôle contesté. En janvier et mars 1870, des grèves éclatent, conduites par l'ouvrier Adolphe Assi, futur membre de la Commune de Paris ; la troupe est envoyée. En 1899, une nouvelle grève réclame la reconnaissance du syndicat : le président du Conseil, Pierre Waldeck-Rousseau, rend un arbitrage qui admet le droit syndical sans donner satisfaction à toutes les revendications, et le patronat de la région soutient ensuite des syndicats « jaunes », hostiles à la grève.
Le Creusot résume le chapitre : une modernité industrielle de premier plan, adossée à une domination de type notabiliaire qui rappelle la société d'Ancien Régime.
Le monde ouvrier : conditions, grèves, syndicats
Le monde ouvrier compte de l'ordre de 4 à 5 millions de personnes au début du XXe siècle, mais il est très hétérogène : mineurs du Nord, métallurgistes lorrains, ouvrières du textile, ouvriers du bâtiment, artisans des métiers parisiens, ouvriers-paysans qui gardent un lopin de terre. Beaucoup sont d'anciens ruraux ou des étrangers.
Des conditions dures. Journées de 10 à 12 heures, salaires bas, logement cher et insalubre, accidents fréquents, chômage en cas de crise, vieillesse sans ressources. Le 10 mars 1906, la catastrophe de Courrières (Pas-de-Calais) tue 1 099 mineurs : c'est la catastrophe minière la plus meurtrière d'Europe.
La grève. Légale depuis 1864, elle devient le principal moyen d'action. Michelle Perrot a montré qu'elle est aussi une fête et une prise de parole collective. Elle est parfois violente ou durement réprimée : à Decazeville (Aveyron), en 1886, l'ingénieur Watrin est tué par des grévistes ; à Fourmies (Nord), le 1er mai 1891, la troupe tire sur une manifestation pour la journée de huit heures et tue neuf personnes, dont des adolescents. On compte plus d'un millier de grèves en 1906 ; Georges Clemenceau, ministre de l'Intérieur puis président du Conseil, envoie l'armée contre les mineurs après Courrières, puis à Draveil et Villeneuve-Saint-Georges (1908).
Le syndicalisme. Autorisés en 1884, les syndicats se regroupent dans les Bourses du travail (la première ouvre à Paris en 1887), fédérées en 1892 et animées à partir de 1895 par Fernand Pelloutier, et dans la Confédération générale du travail (CGT), fondée à Limoges en 1895 ; les deux structures fusionnent en 1902. En octobre 1906, la Charte d'Amiens affirme l'indépendance du syndicat envers les partis et fait de la grève générale l'arme de l'émancipation : c'est le syndicalisme révolutionnaire. Les syndiqués restent pourtant minoritaires, quelques centaines de milliers avant 1914. Sur le terrain politique, les socialistes s'unissent en 1905 dans la SFIO, autour de Jean Jaurès et de Jules Guesde.
Lois sociales, bourgeoisies, classes moyennes et Belle Époque
Les premières lois sociales. Longtemps attachée au libéralisme, la République intervient peu à peu dans les rapports de travail : loi du 2 novembre 1892 (pas d'embauche dans l'industrie avant 13 ans, 11 heures par jour au plus pour les femmes, interdiction du travail de nuit pour elles), loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail, loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire, création du ministère du Travail (1906), loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes, versées à partir de 65 ans. Mal appliquées et contournées, ces lois esquissent un État social encore embryonnaire.
Les bourgeoisies. Au sommet, une grande bourgeoisie d'affaires (banquiers, industriels comme les Schneider ou les Wendel) côtoie les héritiers de la noblesse, dans les beaux quartiers de l'ouest parisien. Les bourgeoisies moyennes des professions libérales (avocats, médecins), de l'administration et du commerce fournissent une grande partie du personnel républicain : dès 1872, à Grenoble, Gambetta saluait l'arrivée en politique d'« une couche sociale nouvelle ».
Les classes moyennes. Employés de commerce et de bureau, petits fonctionnaires, commerçants et artisans indépendants se multiplient. Souvent modestes, ils valorisent l'épargne, l'instruction et la respectabilité, et incarnent l'espoir d'une ascension sociale par le mérite.
La Belle Époque. Les villes inventent de nouvelles façons de consommer et de se divertir : grands magasins (Bon Marché, Printemps, Galeries Lafayette), que Zola met en scène dans Au Bonheur des Dames (1883) ; presse populaire (Le Petit Journal dépasse le million d'exemplaires vers 1890) ; cinématographe des frères Lumière (28 décembre 1895) ; bicyclette et premier Tour de France (1903) ; Expositions universelles de 1889 et 1900 ; métro parisien (1900). Ces nouveautés profitent d'abord à la bourgeoisie et aux classes moyennes urbaines ; elles n'atteignent qu'en partie les ouvriers et les campagnes.
La place des femmes
Les femmes représentent plus d'un tiers de la population active au début du XXe siècle, mais leur travail est souvent mal reconnu : paysannes et épouses d'artisans comptées comme « aides familiales », domestiques (les « bonnes », souvent de jeunes rurales venues en ville), ouvrières du textile et de la confection, travailleuses à domicile, puis employées des grands magasins, des postes et des bureaux, institutrices. Leurs salaires sont nettement inférieurs à ceux des hommes.
Un statut d'infériorité. Le Code civil de 1804, toujours en vigueur, fait de la femme mariée une incapable juridique : elle doit « obéissance » à son mari (article 213) et ne peut ni agir en justice, ni vendre ou acheter un bien sans son autorisation. Elle ne vote pas. Le modèle bourgeois de la « femme au foyer », gardienne de la famille, domine les représentations, y compris dans une partie du mouvement ouvrier, qui voit dans l'ouvrière une concurrente faisant baisser les salaires.
Des évolutions. Le divorce est rétabli en 1884 (loi Naquet). Une loi de 1900 ouvre aux femmes la profession d'avocat ; la loi du 13 juillet 1907 donne aux femmes mariées la libre disposition de leur salaire. Des pionnières s'imposent : Madeleine Brès, première Française docteure en médecine (1875) ; Marie Curie, prix Nobel de physique (1903) puis de chimie (1911).
Les féminismes. Hubertine Auclert réclame le droit de vote dès les années 1880 et fonde le journal La Citoyenne (1881) ; Marguerite Durand lance La Fronde (1897), quotidien entièrement conçu par des femmes ; l'Union française pour le suffrage des femmes naît en 1909. Ces combats restent minoritaires : les Françaises n'obtiennent le droit de vote qu'en 1944, et l'incapacité juridique de l'épouse n'est supprimée qu'en 1938.
Immigrés et étrangers
Avant 1914, la France est le principal pays d'immigration d'Europe. Sa natalité est faible (la population ne gagne qu'environ 3,5 millions d'habitants de 1872 à 1911) et les ruraux quittent lentement la terre : mines, sidérurgie, bâtiment et grandes exploitations agricoles font donc appel à la main-d'œuvre étrangère. Le nombre d'étrangers recensés passe de 380 000 en 1851 à plus d'un million en 1881, puis à 1,16 million en 1911, soit près de 3 % de la population.
Des origines proches. Les Belges, installés surtout dans le Nord (textile, mines, travaux agricoles saisonniers), sont les plus nombreux jusqu'aux années 1890 ; les Italiens les dépassent ensuite et sont les premiers en 1911, dans le Sud-Est, à Marseille et en Lorraine. Suivent Espagnols, Allemands et Suisses. Des Juifs de l'Empire russe, fuyant les pogroms qui éclatent à partir de 1881, s'installent à Paris.
Intégrer par le droit. La loi du 26 juin 1889 sur la nationalité renforce le droit du sol : est français l'enfant né en France d'un étranger qui y est lui-même né ; l'enfant né en France de parents étrangers le devient à sa majorité s'il y réside, sauf s'il refuse cette qualité. La loi soumet ainsi ces jeunes gens au service militaire. Parallèlement, les étrangers doivent se déclarer en mairie (décret de 1888, loi de 1893).
La xénophobie. En période de crise, l'ouvrier étranger est accusé de faire baisser les salaires. Les violences culminent à Aigues-Mortes (Gard), les 16 et 17 août 1893 : des ouvriers italiens des salins sont tués par des ouvriers français et des habitants ; le bilan officiel est de 8 morts, peut-être davantage, et les accusés sont acquittés. L'antisémitisme se diffuse aussi, avec La France juive d'Édouard Drumont (1886). Sur ces questions, l'historien Gérard Noiriel (Le Creuset français, 1988) a montré que l'immigration fait partie de l'histoire nationale depuis le XIXe siècle.
Débats d'historiens et pièges
Quand les paysans deviennent-ils « français » ? Dans La Fin des terroirs (1976 ; traduction française 1983), l'historien américain Eugen Weber soutient que l'intégration nationale des campagnes se fait surtout entre 1870 et 1914, grâce au chemin de fer, à l'école, à l'armée et au marché. Maurice Agulhon (La République au village, 1970) avait montré au contraire que des campagnes, comme celles du Var, étaient politisées dès 1848-1851. Les deux lectures se complètent : l'intégration est ancienne dans certaines régions, tardive dans d'autres.
Une « Belle Époque » ? L'expression est forgée après 1918, par nostalgie de l'avant-guerre. Pour les mineurs de Courrières, les vignerons ruinés de 1907 ou les Italiens d'Aigues-Mortes, l'époque n'a rien de belle. Le terme décrit surtout l'expérience de la bourgeoisie urbaine.
Une société bloquée ou en mouvement ? On a longtemps décrit une France « équilibrée » entre ville et campagne, voire freinée par le protectionnisme et la faible natalité. On insiste aujourd'hui sur la réalité de sa croissance industrielle après 1896 et sur la capacité de la République à intégrer, par la loi et par le suffrage masculin, des groupes sociaux très différents.
Pièges à éviter. (1) Écrire que la France est urbaine en 1914 : les urbains ne sont majoritaires qu'en 1931. (2) Réduire le monde ouvrier à la grande usine : l'atelier et le travail à domicile restent massifs. (3) Confondre la CGT (syndicat, 1895) et la SFIO (parti, 1905) : la Charte d'Amiens les sépare justement. (4) Donner aux femmes le droit de vote avant 1914 : il date de 1944. (5) Présenter l'immigration comme un phénomène d'après 1945 : en 1911, on compte déjà 1,16 million d'étrangers. (6) Déborder sur les lois scolaires, la laïcité ou les colonies, qui relèvent des autres chapitres du thème.
- En 1911, la France reste rurale (environ 56 % de ruraux, plus de 40 % d'actifs agricoles) ; les urbains ne sont majoritaires qu'en 1931. Le tarif Méline (1892) protège les paysans.
- L'industrialisation (Nord, Lorraine, Lyon, région parisienne) et l'exode rural font passer la population urbaine de 25 % (1851) à 44 % (1911).
- Au Creusot, les Schneider (depuis 1836) incarnent le paternalisme, contesté par les grèves de 1870 et de 1899.
- Le monde ouvrier, divers et durement exploité (Courrières, 1906), lutte par la grève (Fourmies, 1891) et s'organise : CGT (1895), Charte d'Amiens (1906).
- La République vote les premières lois sociales : 1892, 1898, 1906, 1910.
- Les femmes (plus d'un tiers des actifs) restent juridiquement mineures dans le mariage et sans droit de vote ; loi de 1907 sur le salaire.
- 1,16 million d'étrangers en 1911 (Italiens, Belges) : intégration par le droit du sol (1889), mais xénophobie (Aigues-Mortes, 1893).
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