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1ʳᵉ · Français · Pour un oui ou pour un non, Sarraute

Selon un critique, dans Pour un oui ou pour un non, « ce sont les non-dits, les sous-entendus, ce qui se tisse entre les mots, qui sont la source des malentendus, qui minent les relations humaines », c’est-à-dire qui les fragilisent. En quoi ces propos éclairent-ils votre lecture de la pièce ?

Sujet de dissertation · Bac 2025 · Polynésie française — Pour un oui ou pour un non, Sarraute, 1ère

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Analyse des termes

Le critique déplace la responsabilité du conflit : non pas ce qui est dit, mais ce qui circule entre les mots, et il en tire une conséquence forte, l’usure des relations. Il faut vérifier les deux temps, la source et l’effet, et se demander si la pièce se contente de miner ou si elle fait autre chose de ce tissu invisible.

Problématique

La pièce démontre-t-elle seulement que les non-dits détruisent les relations, ou fait-elle de ce tissu entre les mots la matière même d’un lien ?

Le plan en trois parties

I

La source du conflit n’est pas dans ce qui a été dit

  1. La parole incriminée est en elle-même bienveillante : ce qui blesse, c’est la manière, le rythme, la suspension.le mouvement 2, où H.2 décrit l’inflexion et le silence qui la suivait
  2. L’accusé de la querelle plaide l’innocence des mots, et ce plaidoyer prouve à lui seul que le litige est ailleurs.l’objection de H.1, mouvement 2 : il reprend l’énoncé mot à mot et en montre l’innocuité
  3. Le silence de l’ami qui s’éloigne a fait autant que la parole : ne plus venir, ne plus répondre, c’est parler encore.la première dérobade de H.2, mouvement 1 : il minimise et prétend qu’il n’y a rien
TransitionSi la source du mal est entre les mots, on comprend qu’elle ne puisse être traitée, et qu’elle travaille la relation de l’intérieur.
II

Ce tissu invisible mine effectivement la relation

  1. La dispute fait remonter des couches anciennes : l’amitié passée est relue comme une suite d’humiliations discrètes.le passé commun réexaminé, mouvements 5 et 7 : des épisodes heureux relus à la lumière du grief
  2. Le soupçon de condescendance est le véritable objet du procès, et il ne peut être ni prouvé ni démenti.les deux lectures d’un même geste, mouvement 5 : amitié attentive ou protection condescendante
  3. Le recours aux témoins, loin de réparer, aggrave : il oppose la vie conforme des voisins à une sensibilité qui devient suspecte.le couple des voisins, mouvement 6 : leur accord affiché et leur incompréhension
TransitionReste que la pièce ne se contente pas de constater cette usure : elle la met en scène, et la mise en scène change tout.
III

Mais la pièce porte ce tissu au jour, et c’est peut-être là qu’elle relie

  1. Écrire le théâtre, pour Sarraute, c’est rendre audible ce qui d’ordinaire reste sous la conversation : le malentendu devient objet de connaissance.l’effort pour dire l’infime, mouvement 7
  2. L’obstination des deux hommes à revenir sur la même seconde est une forme d’attention extrême à l’autre, donc d’attachement.le mouvement 4, où les deux amis reprennent leur passé avec les rôles distribués
  3. La réconciliation esquissée montre que le lien tient encore, avant que le dernier écart ne le rouvre : la fragilité n’est pas la rupture.l’apaisement manqué, mouvement 8 : une formulation malheureuse réactive le différend
Ouverture

Une relation qui se soutient de tout ce qu’elle ne dit pas est-elle plus fragile qu’une autre, ou simplement plus vivante ?

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