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1ʳᵉ · Français · Discours de la servitude volontaire

Le Discours de la servitude volontaire condamne-t-il le pouvoir ou l’obéissance ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur l'œuvre d’Étienne de La Boétie, sur le parcours associé « Défendre » et « entretenir » la liberté et sur vos lectures personnelles.

Sujet de dissertation — Discours de la servitude volontaire, 1ère

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Analyse des termes

Le pouvoir est la capacité de commander, l’obéissance la disposition à se soumettre ; l’un peut être légitime, l’autre volontaire. Le sujet demande si l'œuvre est une critique du gouvernement en général ou de la conduite des gouvernés.

Problématique

La Boétie s’en prend-il à l’institution du commandement, à la servilité des sujets, ou à ce qui relie l’une à l’autre, la complicité ?

Le plan en trois parties

I

Le pouvoir est mis en accusation, dans toutes ses formes

  1. La typologie n’épargne aucune origine du pouvoir, pas même l’élection : tous les titres se valent quand l’usage devient tyrannique.« Il y a trois sortes de tyrans » : élection, armes, succession (deuxième mouvement)
  2. La satire du tyran attaque la personne du dominant et ridiculise la prétention à commander seul.« un seul hommeau, et le plus souvent le plus lâche et femelin de la nation » (premier mouvement)
  3. Les moyens du pouvoir sont dénoncés comme des appâts, ce qui condamne moins un homme qu’un art de gouverner.« Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs » (deuxième mouvement)
TransitionCette condamnation du pouvoir resterait banale si le texte n’opérait pas, presque aussitôt, un déplacement vers ceux qui le supportent.
II

Mais la cible véritable est l’obéissance, distinguée du gouvernement

  1. La distinction entre obéir et servir sauve la possibilité d’un gouvernement légitime : ce n’est pas l’ordre qui est visé, mais la sujétion.« non pas obéir, mais servir ; non pas être gouvernés, mais tyrannisés » (premier mouvement)
  2. Le peuple est présenté comme l’auteur de sa condition, ce qui déplace la condamnation du côté de celui qui se soumet.« c’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge » (premier mouvement)
  3. La comparaison des forces rend l’obéissance absurde, donc coupable : rien, physiquement, ne l’impose.« Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps » (premier mouvement)
TransitionOr obéissance et pouvoir ne sont pas deux camps, puisque le dernier mouvement montre le sujet installé dans l’appareil qui l’écrase.
III

La vraie condamnation porte sur la complicité, qui joint les deux

  1. Le lexique du recel fait du sujet un associé du pouvoir : ce n’est plus l’obéissance passive qui est jugée, mais la participation.« recéleurs du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue » (premier mouvement)
  2. La pyramide montre que chacun exerce à son niveau une part du pouvoir qu’il subit : obéir, c’est commander à son tour.« le tyran asservit les sujets les uns par le moyen des autres » (troisième mouvement)
  3. L’absence d’amitié parmi les serviteurs du tyran prouve que cette complicité corrompt jusqu’à ceux qu’elle avantage.« Il n’y peut avoir d’amitié là où est la cruauté, là où est la déloyauté, là où est l’injustice » (troisième mouvement)
Ouverture

Refuser d’obéir suffit-il à ne pas soutenir un pouvoir, lorsque nos conduites quotidiennes en sont les rouages ?

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